La radicalisation de Mickaël Dos Santos, qui vivait avec sa mère dans un immeuble de la banlieue est de Paris, avait été relevée dès 2009 par l’encadrement de son lycée. HO/AFP
La France, déjà sidérée par la découverte qu'un de ses ressortissants avait participé le week-end dernier à une décapitation massive de Syriens et d'un Américain, a appris hier qu'il y en avait un second, un jeune de 22 ans converti récemment à l'islam.
« Sa mère l'a reconnu sur la vidéo » de ces assassinats diffusée par le groupe État islamique (EI) « et elle est effondrée », a rapporté un expert français des affaires terroristes, Jean-Charles Brisard. La France a ainsi indiqué que ce deuxième jeune homme était un jeune de 22 ans d'origine portugaise, Mickaël Dos Santos, Abou Uthman selon son nom de guerre. Sur une vidéo diffusée mi-octobre, à visage découvert, il appelait en français « tous les frères qui vivent en France » à « tuer n'importe quel civil » en représailles aux raids de l'armée française contre l'EI en Irak. La radicalisation de Mickaël Dos Santos, qui vivait avec sa mère dans un immeuble de la banlieue est de Paris, avait été relevée dès 2009 par l'encadrement de son lycée. Converti à l'islam et prosélyte, il apparaît alors comme le leader d'un trio qui prie dans les couloirs et fréquente une mosquée d'une ville voisine.
« Plus d'un millier » de Français sont concernés par le phénomène jihadiste en Syrie, a d'ailleurs reconnu hier le Premier ministre socialiste Manuel Valls, alors que la chef du parti d'extrême droite Front national, Marine Le Pen, assurait qu'ils étaient plutôt 4 000. Et selon une source gouvernementale, 51 Français partis faire le jihad sont morts en Syrie et en Irak.
Hormis la France, aucun autre pays étranger n'a jusqu'à présent dit avoir identifié les 16 autres combattants qui apparaissent à visage découvert dans la vidéo du groupe État islamique. Certains ont un type occidental ou asiatique. La vidéo montre aussi un homme qui pourrait être le Britannique surnommé « Jihadi John » par les médias britanniques. Il apparaît masqué avec, à ses pieds, la tête décapitée de Peter Kassig. Cet homme est considéré comme l'assassin présumé de James Foley et Steven Sotloff, les journalistes américains décapités, ainsi que des humanitaires britanniques Alan Henning et David Haines. Les convertis représentent 20 % des jihadistes français qui sont, dans leur écrasante majorité, recrutés sur l'Internet, selon des sources du renseignement français.
Dans ce contexte, la France a annoncé hier de nouvelles frappes en Irak et un renforcement de son dispositif militaire, porté de 9 à 15 bombardiers – 6 Mirage déployés en Jordanie en décembre en plus des 9 aux Émirats arabes unis.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a de son côté reproché hier à Washington d'avoir refusé les conditions posées par Ankara à son entrée active dans la coalition antijihadiste, sur fond de tensions bilatérales à la veille de la visite du vice-président Joe Biden. Le gouvernement islamo-conservateur turc réclame, pour entrer dans la coalition, la création d'une zone-tampon doublée d'une zone d'exclusion aérienne le long de sa frontière avec la Syrie, et veut privilégier l'entraînement et l'équipement de l'Armée syrienne libre (ASL).
En Syrie, les États-Unis ont frappé le groupe jihadiste Khorassan dans le nord-ouest de la syrien, dernière attaque aérienne en date contre ce groupuscule proche d'el-Qaëda, a annoncé hier le commandement américain chargé de la région (Centcom). Le raid aérien a eu lieu au cours de ces dernières 24 heures, ont ajouté des responsables, sans donner plus de détails. Et neuf civils, dont une femme, ont été tués hier dans un raid de l'armée syrienne sur la ville de Raqqa, fief de l'EI dans le nord du pays, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Seize autres civils, dont quatre femmes et un enfant, ont été blessés dans ce bombardement.
(Source : AFP)


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