Le ministre de la Santé lors d’une conférence organisée hier par le PSP. Photo Ani
« Nous vivons dans la jungle et non dans un État ou une société civilisée. Ce qui a été révélé jusque-là sur les aliments avariés n'est que le bout de l'iceberg. Attendez voir ce que cache le dossier de l'eau, pour comprendre l'accroissement des cas de cancer, de maladie et d'avortement... », a déclaré hier le ministre de la Santé, Waël Bou Faour, lors d'une conférence organisée par le comité pédagogique du Parti socialiste progressiste.
« Nous appellerons cette semaine les ministères concernés (l'Agriculture, la Santé, l'Industrie, l'Intérieur, l'Économie et le Tourisme), à une réunion visant à mettre au point un plan d'action commun, en attendant l'approbation d'une loi sur la sécurité alimentaire. »
Il a précisé que « le PSP a choisi de mener cette campagne pour la sécurité des citoyens, quitte à faire face à un système d'intérêts qui n'a jamais été vaincu depuis l'indépendance et jusqu'à ce jour ». « Nous étions conscients des obstacles auxquels avaient fait face les précédentes tentatives de réformes, celui notamment d'atteindre les régions défavorisées, privées de médicaments et d'aliments, où règnent les monopoles couverts par un système de rapports entre la politique et l'argent, alimenté par l'argent politique, a-t-il déclaré. Les réactions à notre démarche étaient donc prévisibles. »
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« L'indécence des restaurateurs et des politiques »
Le ministre de la Santé a ainsi déploré « le coup de gueule indécent et obscène des restaurateurs, qui n'ont aucun mal à empoisonner les gens, tant que le slogan et le nom du restaurant ne sont pas ébranlés. La perte de cinq clients par jour est une grande affaire, tandis que l'hospitalisation de cent malades pour empoisonnement ne les affecte point ». Il a surtout pointé du doigt « les grands noms qui se sont toujours crus au-delà de la loi, de l'État, de la politique et de l'ensemble des citoyens », dénonçant « les innombrables prises de contact avec le PSP et son chef, contre les soi-disant atteintes que nous avons portées aux meilleurs des gens ».
« Malheur à la politique qui prend le rôle d'avocat de défense d'un restaurant, d'une boulangerie, d'un supermarché ou d'une boucherie à cause d'intérêts financiers ou électoraux », a-t-il ajouté.
Le ministre de la Santé n'a pas caché son indignation face aux discours visant à « incorporer au débat l'argument confessionnel ». Indiquant que « la première liste d'aliments avariés rendue publique a porté sur le Chouf, la Békaa-Ouest, Tripoli et l'Iqlim el-Kharoub », il a stigmatisé « la logique selon laquelle même les aliments sont catégorisés en fonction des communautés et des régions ».
Rejetant en outre l'argument de l'altération des échantillons alimentaires par les mauvaises conditions de transport jusqu'au laboratoire, Waël Bou Faour a souligné que « cet argument s'est avéré n'être qu'un prétexte, notre visite au laboratoire de Fanar, l'un des meilleurs du Moyen-Orient, ayant démontré que les échantillons altérés sont préalablement écartés de l'examen ».
Le ministre de la Santé a tenu à saluer dans ce cadre « l'intégrité des laboratoires et de leurs employés, qui ont refusé les pots-de-vin des restaurateurs concernés ».
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Waël Bou Faour a néanmoins souligné que « l'objectif de notre démarche n'est pas d'entrer en confrontation avec les restaurateurs, bien au contraire. Nous les appelons uniquement à rectifier leur situation et nous reconnaîtrons publiquement ces efforts ». Et le ministre de conclure : « Le pays a besoin d'horizons nouveaux, au-delà des divisions politiques, basés sur les intérêts des citoyens, leur sécurité et leur dignité. »
L'appui des FL
Depuis mardi, M. Bou Faour multiplie les conférences de presse pour dénoncer les atteintes à la sécurité alimentaire dans certains restaurants et supermarchés. Il a déjà livré deux listes d'établissements où des produits non conformes ont été trouvés. Il a remis vendredi au procureur général financier les dossiers des établissements contrevenant aux normes de la sécurité alimentaire. Il a demandé en outre au ministre de l'Intérieur Nouhad Machnouk d'ordonner la fermeture de la boucherie al-Natour, des restaurants Farrouj Abboud et Malak el-Batata jusqu'à ce que leur situation soit conforme aux normes sanitaires.
Cette initiative, qui s'est heurtée aux critiques de certains ministres, notamment du Tourisme et de l'Économie, a pris de court le Conseil des ministres, dont le président n'aurait pas été consulté préalablement sur la question.
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Pour leur part, les Forces libanaises ont exprimé leur soutien à Waël Bou Faour. « Il a réussi à provoquer un choc positif et nécessaire, et les FL l'invitent à achever ce qu'il a commencé », a déclaré sur ce plan le député Georges Adwan.
Au-delà de la sécurité alimentaire...
« Le dossier de la lutte contre la corruption alimentaire se poursuit », a encore assuré le ministre Bou Faour hier lors d'un entretien à Radio Monte Carlo, soulignant que « le Liban a besoin d'une étude approfondie sur les causes de la multiplication des cas de cancer dans le pays ».
Il a effectué en outre une tournée à l'hôpital Chahhar Gharbi, à Kabr Chmoun, à Aley, dont il a annoncé le rééquipement de certains départements, grâce aux donations directes du PSP et de son chef. Accompagné par le ministre de l'Agriculture, Akram Chehayeb, et le député Henry Hélou, le ministre de la Santé a affirmé que « le PSP met en œuvre progressivement un programme de développement global, qui touche à l'eau, aux routes et à la santé. Si d'aucuns nous accusent d'avoir détourné le débat politique, nous jugeons notre action louable... »
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Wallâh yâ äamméh Classe, ce ministre "Socialo"-druzizte !
08 h 57, le 18 novembre 2014