Je suis dans l'étang et au fond du jardin, je commence la nuit et finis le matin, et j'apparais deux fois dans l'année, qui suis-je ? Pour ceux qui ne connaissent pas la réponse, il s'agit de la lettre « n ». Les énigmes font partie de ces jeux d'esprit qu'on se plaisait à inventer lors des veillées d'hiver, au temps de l'esprit et des veillées d'hiver... et des énigmes. Non que celles-ci aient disparu, mais on a désormais réponse à tout tant que Google y pourvoit, métayer de notre mémoire. Il reste heureusement des questions irrésolues. Celle de l'identité, par exemple, soulevée une fois de plus à l'occasion d'une des innombrables tables rondes du Salon du livre. Oui, qui suis-je ? Qui êtes-vous ? Qui sommes-nous ? Que signifie être libanais, français, anglais, écossais, corse ou breton ?
Mon identité, a dit en substance l'écrivain Jean-Noël Pancrazi, c'est sans doute mon enfance en Algérie dont le souvenir m'habite, et mes livres puisque c'est moi qui les ai écrits. L'idée est séduisante, elle semble juste. Je viens de mon enfance. C'est là que je me suis construit, c'est cela qui me poursuivra toute ma vie, avec mes premières émotions et mes premiers émois, mes premiers amis, les premiers coups reçus, mes premières victoires, mes premières déceptions, les premières odeurs, les premières saveurs liées à un souvenir tendre ou hostile, heureux ou malheureux, les paysages, les aubes, les crépuscules, des images, des larmes et des jeux. Dans ma montagne que je vénère, je demande à ma fille : Te sens-tu d'ici ? Elle répond délicatement qu'elle l'aime, cette montagne, mais qu'elle se sent « plutôt de Beyrouth ». Je viens de là où se déroule ma vie, des rues de mon quartier, de l'odeur de craie et de linoléum de mon école, de mon université. Je viens de là où l'on parle ma langue. Ta langue, c'est l'arabe, mais tu parles plus volontiers le français et l'anglais. L'arabe, c'est la langue de mon pays. Évidemment. Tu n'es pas ton pays. Énigme.
Qui suis-je, moi qui ai passé mon adolescence dans les abris, sous les bombardements sauvages et inutiles d'une guerre qui n'est jamais finie, moi qui traîne la nuit de bar en bar pour voir des gens qui comme moi traînent et boivent et fument et s'ennuient sans grâce en se saoulant de regards et de bruit, ou encore moi qui m'épuise à assurer l'avenir de mes enfants dans un pays qui me semble sans avenir, moi qui rêve de posséder un passeport étranger sans savoir si j'aurai le courage de partir, mais juste « par sécurité » ? Suis-je vraiment de ce Liban que j'exècre à chaque lever du jour ou de cet autre Liban qui me rend si fier quand je le vois avec les yeux bienveillants de l'étranger? Suis-je de cette terre ou de cette guerre, de ce chaos ou de cette volupté, de mon désir de partir ou de ma douleur de rester ? Je suis les miens, mes liens. Un paradis inhabité est inhabitable, dit-on chez nous. J'appartiens à ceux que j'aime, à la faune de ma ville, de mon village, de mon quartier. Sans eux, à quoi bon appartenir à ce point de la terre cerné par quelques encablures de fil barbelé ?
Qui suis-je et qui je suis
OLJ / Par Fifi ABOU DIB, le 13 novembre 2014 à 01h36


Le mérite de la Libanaise Saine n'est pas d'avoir révélé une tache originelle ; Malsaine ; mais tout simplement d'avoir fait œuvre pédagogique en forçant, dans la démesure de ses idées, de ses discours et de ses Saines impressions, à considérer la récurrence de l'horreur dans cette aventure Martienne en 8. De cette préhistoire mentale hypophysaire telle qu'elle se devine dans "l'odyssée" really arriérée de cette espèce Malsaine, il existe une solution de continuité qui tendrait à prouver que le Malsain en fait, naît naturellement mauvais ; yâ wâïyléééh ; et que son 8 Martien et satané milieu le rend franchement d é g u e u. L'échappée belle est sans doute de s'étourdir d'un peu…. de culture, élégiaque ou désopilante. Même pour quelques moments de plaisir à écouter des Saines éhhh irréprochables pareilles glisser, sans forcer ni geste ni voix, sur un fil tendu de beaux discours tendres, subtils, honnêtes et intelligents. Eh oui ! D'un clin d'œil, d'une inflexion, d'une esquisse de mouvement ou de style, d'un sourire ou d’un trait d’esprit Sain et, à la dérobée, cette Libanaise Saine fait naître une connivence irrésistible et charmante. Certains justes disaient avec pertinence de cette Saine qu'elle est indispensable, mais on ne sait plus à quoi, mahééék n’est-ce pas ?! Mais, peu importe ; quoi.
16 h 09, le 13 novembre 2014