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Moyen Orient et Monde

Victoire de l’Europe spatiale : le robot Philae s’est posé sur une comète

Espace

La mission du projet est de faire des prélèvements qui donneront des informations sur les origines du système solaire.

OLJ/AFP
13/11/2014

Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, l'Europe a posé en douceur hier un petit robot, Philae, à la surface d'une comète, couronnement d'une aventure spatiale entamée il y a vingt ans. Un bémol toutefois : le module pourrait ne pas être bien arrimé sur le sol de la comète « Tchouri », selon l'Agence spatiale européenne (ESA). « Nous avons des indications que les harpons pourraient ne pas s'être activés, ce qui voudrait dire que nous nous sommes posés sur un matériau meuble et que nous ne sommes pas arrimés », a déclaré Stephan Ulamec, responsable de l'atterrisseur Philae. L'ESA n'était pas en mesure hier soir de dire si le problème d'arrimage du robot était susceptible de gêner son travail. « Nous ne savons pas exactement où et comment nous avons atterri. Dans quelques heures, nous en saurons plus », a promis M. Ulamec.
Mais cela n'a pas gâché la fête au Centre européen d'opérations spatiales (ESOC) à Darmstadt (Allemagne), où l'on sablait joyeusement le champagne après cette première historique. « Nous sommes très heureux », a commenté Andrea Accomazzo, directeur de vol de la mission Rosetta, sous des applaudissements nourris, lorsque le signal confirmant l'atterrissage est arrivé sur Terre à 16h03 GMT.

 

(Repère : La sonde spatiale déchiffreuse de comète et glaneuse de premières)


Il a fallu sept heures à Philae, largué par la sonde européenne Rosetta, pour descendre en chute libre jusqu'à sa cible. Son atterrissage, qui s'est déroulé à plus de 500 millions de km de la Terre, s'est fait « en douceur », selon l'ESA.
Le petit robot aventurier, qui avait voyagé pendant dix ans avec Rosetta, était parfaitement à l'heure à son rendez-vous avec le noyau de la comète Tchourioumov-Guerassimenko.
« C'est un grand pas pour la civilisation humaine », a estimé Jean-Jacques Dordain, directeur général de l'ESA. « Comme c'est audacieux, comme c'est excitant, comme c'est incroyable d'avoir osé atterrir sur une comète, de franchir ce pas que nous attendions tous pour la science », s'est exclamé Jim Green, un responsable de la Nasa.

 

 

Embêtant pour les forages
La mission du robot laboratoire est de faire des prélèvements qui donneront des informations sur les origines du système solaire, voire sur l'apparition de l'eau et de la vie sur Terre.
Philae, 100 kg sur Terre, ne pèse qu'un gramme dans l'espace. Il a été conçu pour à la fois être plaqué au sol par l'émission d'un gaz et s'ancrer en profondeur sur la comète grâce à deux harpons. Ayant déjà eu un problème dans la nuit sur le système d'émission de gaz, il comptait sur ses harpons pour le maintenir au sol.
Si Philae n'était pas bien arrimé au sol, « ce serait embêtant pour certains instruments parce qu'on a besoin qu'il soit bien harponné pour utiliser la foreuse qui doit permettre de récupérer les échantillons dans le sol », a déclaré à l'AFP le chef de projet Rosetta au Centre national d'études spatiales (CNES) à Toulouse, Philippe Gaudon.


Philae doit fonctionner grâce à sa pile pendant 60 heures, et c'est là qu'il doit accomplir le maximum pour la science, et notamment faire les fameux forages.
Car sa mission est de trouver sur le noyau de la comète le graal des astrophysiciens : des molécules organiques qui ont pu jouer un rôle dans l'apparition de la vie sur Terre, les comètes étant les objets les plus primitifs du système solaire.


Après, la ressource en énergie de Philae sera plus aléatoire : il devra compter sur un système secondaire de batterie, rechargeable par de petits panneaux solaires. Si tout va bien, il doit fonctionner jusqu'en mars.
Mais Rosetta, qui a déjà parcouru 6,5 milliards de km et a été la première sonde à se mettre en orbite autour d'une comète, poursuivra sa mission d'escorte au moins jusqu'au 13 août prochain, date à laquelle Tchouri passera au plus près de l'astre. Sa mission est prévue jusque fin décembre 2015.
D'un coût total de 1,3 milliard d'euros, le prix de trois Airbus 380, la mission Rosetta a mobilisé environ 2 000 personnes depuis 20 ans. Plus de 50 entreprises de 14 pays européens et des États-Unis ont participé à la réalisation de la sonde.

 

 

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

UNE PREMIÈRE POUR L'EUROPE !

Georges MELKI

Juste une précision, même si certains diront que je suis pédant: la note sur la figure disant " Poids: 100kg sur Terre, 1 gramme sur la comète" est fausse. Le gramme et le kilogramme sont des mesures de masse, et par conséquent la sonde a toujours une masse de 100 kg sur la comète, mais elle pèse 10 millinewtons au lieu de 1 kilonewton sur terre...

Georges MELKI

"...lorsque le signal confirmant l'atterrissage est arrivé sur Terre à 16h03 GMT." Cette phrase a attiré mon attention sur certaines déficiences de la langue Française...Car le nom "atterrissage" veut justement dire "toucher Terre". Alors qu'en Anglais, il n'y a pas de confusion possible: "the signal confirming the landing has reached Earth at 16h03 GMT". L'Académie française est invitée à trouver le mot adéquat pour décrire l'arrivée d'une sonde sur une comète...Pour la lune, on dit "alunissage", par exemple. Mais trêve de bavardage! Quelle belle réussite pour l'Agence spatiale européenne...

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