La Suisse est le pays qui détenait le plus d’or par habitant au monde, la proportion étant trois fois plus élevée qu’en Allemagne et quatre fois plus qu’aux États-Unis. Odd Andersen/AFP
« Sauvez l'or de la Suisse », une initiative populaire sur laquelle les Suisses vont se prononcer le 30 novembre suscite perplexité et émotion dans le monde de la finance.
Les marchés financiers surveillent étroitement les sondages autour de ce texte, soupesant tous les scénarios possibles.
Déposé par des membres de l'Union démocratique du centre (UDC, droite populiste), ce texte vise à interdire à la Banque nationale suisse (BNS) de vendre ses réserves d'or, à lui imposer d'en détenir au moins 20 % dans son portefeuille (contre 7 % aujourd'hui) ainsi qu'à rapatrier les stocks entreposés à l'étranger, en Grande-Bretagne et au Canada.
Ce texte divise dans les rangs de l'UDC. Lors d'une consultation sur les consignes de vote, le comité central de l'UDC a recommandé, par 35 voix contre 34, de le rejeter afin de « préserver l'indépendance de la banque nationale ». Le gouvernement, toutes les grandes formations politiques ainsi que les associations d'entrepreneurs ont appelé à voter contre.
Des affiches présentant un petit cochon tirelire aux couleurs de la Suisse interpellent les électeurs leur demandant de « protéger la fortune du peuple » avec un oui au vote.
Une première enquête, réalisée par l'institut gfs.bern publiée le 24 octobre, faisait état de 44 % d'avis favorables, contre 39 % d'avis négatifs et 17 % d'indécis.
« Notre scénario de base est qu'elle sera rejetée », a expliqué à l'AFP Daniel Kalt, chef économiste et directeur des placements régionaux pour la Suisse chez UBS. « Mais dans la mesure où le texte n'a pas reçu beaucoup d'attention ici en Suisse, il est possible que les gens se décident juste avec leurs tripes », a-t-il nuancé.
« Si le oui l'emportait, l'or risque de réagir fortement car le marché n'a pas anticipé ce résultat », a déclaré Nannette Hechler-Fayd'herbe, responsable de la stratégie d'investissement chez Credit suisse à l'AFP.


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