La présidente du FMI, Christine Lagarde, et la présidente de la Fed, Janet Yellen, lors de la conférence organisée par la Banque de France à Paris. Charles Platiau/Reuters
Celles qui ferment le robinet monétaire, celles qui au contraire inondent le marché, celles qui hésitent : un colloque à Paris a montré un monde de banques centrales à plusieurs vitesses, mais uni pour rappeler les gouvernements à leurs responsabilités.
Le symposium organisé par la Banque de France a été ouvert par le gouverneur de cette dernière, Christian Noyer, sur un constat partagé par tous les participants.
« Les banques centrales ont très clairement joué un rôle central (...) ces dernières années, mais elles ne peuvent résoudre seules tous les problèmes », a déclaré M. Noyer, qui est aussi un des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE).
À ses côtés, on retrouvait la fine fleur de la politique monétaire : la présidente de la Réserve fédérale américaine, Janet Yellen, son homologue japonais, Haruhiko Kuroda, le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mark Carney, le membre du directoire de la BCE, le Français Benoît Cœuré, le chef de la Bundesbank, Jens Weidmann, ou encore la patronne du FMI, Christine Lagarde, et les chefs des Banques centrales d'Inde et du Mexique.
Peu après M. Noyer, M. Kuroda, qui vient d'accroître son propre programme de rachat d'actifs, a déclaré que la Banque centrale japonaise n'était « pas seule actrice du jeu » et que le gouvernement avait lui aussi pris des engagements de réforme et de bonne conduite budgétaire.
Mme Lagarde a pour sa part distribué les bons points aux banques centrales, saluant la politique « hardie » et « parfaitement légitime » de M. Kuroda, mais qualifiant aussi de « tout à fait légitime et appropriée » la volonté de la BCE de mener une politique plus « aventureuse ».
Mais elle a adressé un avertissement aux gouvernements, notamment ceux « dotés de marge de manœuvre budgétaire » pour aider la croissance, une référence implicite à l'Allemagne.
Mme Yellen a pour sa part rappelé que, lors de la récente crise, la politique monétaire avait « pris en charge le plus gros du soutien à l'économie » et déploré le « manque de soutien budgétaire » qui, selon elle, explique en partie « la faiblesse de la reprise actuelle ».

