Les 219 lycéennes enlevées en avril ont été mariées de force aux membres de Boko Haram, mettant fin à tout espoir de voir les adolescentes libérées. Afolabi Sotunde/Reuters
À la faveur d'un nouveau raid sur une ville du nord-est du Nigeria, des membres présumés du groupe islamiste Boko Haram ont attaqué une importante cimenterie du groupe français Lafarge, dont le personnel avait pu être évacué.
Les assaillants ont d'abord cambriolé une banque et fait exploser un commissariat de police dans la ville de Nafada, dans l'État de Gombe, un peu au sud de la zone où se concentrent les attaques du groupe islamiste, et où dix personnes ont été tuées, avant de s'en prendre à la cimenterie d'Ashaka, à une vingtaine de kilomètres de là, mardi après-midi. Selon des diplomates au Nigeria, aucun ressortissant français n'a été touché dans l'attaque de l'usine d'Ashaka. Le PDG de Lafarge, Bruno Lafont, a affirmé hier que « tout était retourné à la normale ». « L'usine a été la cible d'une intrusion par des personnes qui étaient étrangères à la cimenterie. Il n'y a pas eu de blessé. Il n'y a pas de dégâts dans l'usine », a affirmé le patron du groupe. L'usine Lafarge de Gombe, qui date de 1974, est la plus grande cimenterie du nord du Nigeria. Elle emploie environ 500 personnes, parmi lesquels des expatriés, dont on ignore le nombre.
Ces deux raids n'ont pas été revendiqués par Boko Haram, qui s'est emparé la semaine dernière de Mubi, un carrefour commercial important de l'État d'Adamawa, plus à l'est, mais on sait que le groupe islamiste se finance notamment par le cambriolage de banques et a volé de nombreux véhicules blindés, des munitions et des armes à l'armée nigériane par le passé.
Selon Amadu Wunti, un employé sur place, les assaillants ont volé de la dynamite et ont demandé à être conduits vers les bâtiments où se trouvent habituellement les personnels expatriés. Les insurgés « sont partis après le raid, ils n'ont blessé ni enlevé personne », a déclaré M. Wuniti, un récit concordant avec celui d'autres témoins. « Mais ils ont pris huit véhicules et beaucoup de dynamite, habituellement utilisée dans les carrières », a-t-il précisé. « Les assaillants, parmi lesquels des jeunes femmes, ont attaqué l'entrepôt, ils ont chargé la dynamite dans les véhicules et ils sont partis. »
Ces nouvelles violences interviennent quelques jours après la publication d'une nouvelle vidéo de Boko Haram, obtenue vendredi par l'AFP, dans laquelle Abubakar Shekau, le chef du groupe islamiste, annonce le mariage forcé des 219 lycéennes enlevées dans cette région en avril, mettant fin à tout espoir de voir les adolescentes libérées. Il excluait toute négociation avec le gouvernement nigérian en vue d'un cessez-le-feu.
(Source : AFP)


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