La « grève monstre », selon les termes du quotidien « Bild », survient au moment où l’Allemagne s’apprête à célébrer le 25e anniversaire de la chute du mur de Berlin ce week-end. John MacDougal/AFP
Pour sa sixième grève depuis début septembre, le syndicat des conducteurs de train GDL (Gewerkschaft Deutscher Lokomotivführer) frappe un grand coup, avec un mouvement qui a débuté hier dans le fret, auquel s'ajoutera le trafic passagers à partir d'aujourd'hui.
La « grève monstre », selon les termes du quotidien Bild, survient au moment où l'Allemagne s'apprête à célébrer le 25e anniversaire de la chute du mur de Berlin ce week-end. Deux millions de visiteurs sont attendus dans la capitale allemande dimanche.
Deutsche Bahn veut tenter de faire rouler en moyenne un tiers des trains prévus – la moitié dans le fret, mais seulement 20 % des trains régionaux à l'Est par exemple – mais de gros retards sont à prévoir. La compagnie ferroviaire allemande revendique 5,5 millions de passagers et plus de 600 000 tonnes de marchandises par jour.
Pas d'alternative
Les fédérations patronales s'inquiètent de plus en plus des retombées pour la conjoncture, déjà fragile. Quelques jours de grève suffisent à perturber les processus de production « parce que le transport par le rail ne peut pas être remplacé au pied levé par la route ou les bateaux », a estimé Achim Dercks, de la fédération allemande des Chambres de commerce DIHK.
Le secteur de la chimie est particulièrement exposé, a détaillé dans un communiqué la fédération du commerce de gros BGA, mais aussi le secteur de la métallurgie et les équipements automobiles, pour lesquels, du simple fait des volumes à transporter, « il n'y a quasiment pas d'alternative » au rail. « Il va y avoir de gros retards dans la chaîne de valeur », prédit la BGA.
Le secteur de la logistique est le troisième plus gros de l'économie allemande, a rappelé la fédération de l'industrie BDI, dénonçant en outre « un risque énorme » qui pèse sur des processus de production « just in time », où les délais de livraison sont calculés au plus juste, dans beaucoup de secteurs-clés comme l'automobile.
Ces perturbations tombent mal pour la première économie européenne, déjà fragilisée par la conjoncture chancelante de ses voisins et la crise en Ukraine.


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