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Moyen Orient et Monde - Syrie-Irak

Les USA peinent à prendre l’avantage face aux jihadistes

Al-Nosra et des brigades rebelles lancent une vaste offensive contre la ville d'Idleb.

À Kobané, à la frontière entre la Syrie et la Turquie, les responsables américains estiment que les forces kurdes ont pour le moment réussi à repousser les assauts des jihadistes grâce aux nombreux bombardements. Yannis Behrakis/Reuters

Après plus de deux mois de bombardements, la coalition emmenée par les États-Unis a réussi à empêcher la chute de la ville syrienne de Kobané, mais peine à freiner les avancées des jihadistes de l'organisation État islamique (EI, ex-Daech) sur d'autres fronts.


Le bilan des frappes lancées depuis le 8 août par les États-Unis et leurs alliés est mitigé. L'EI continue de gagner du terrain dans l'ouest de l'Irak et renforce son contrôle ailleurs. Mais les responsables américains insistent sur le fait qu'il ne faut pas tirer de conclusions tant que les forces irakiennes et kurdes n'ont pas reconstitué leurs capacités. « Nous ne sommes que dans les premières minutes du match », explique un haut responsable du Centcom, le commandement militaire américain pour le Proche-Orient et l'Asie centrale, qui dirige l'opération, qui coûte 8 millions de dollars par jour aux États-Unis. De hauts responsables de l'administration américaine et de l'armée reconnaissent que la remise au niveau de l'armée irakienne prendra encore plusieurs mois, du moins pour qu'elle puisse reprendre au groupe EI ses bastions dans l'ouest et le nord de l'Irak. Et les tribus sunnites d'Irak ne se sont pas encore jointes à l'effort de guerre, leurs chefs attendant des ouvertures politiques du nouveau Premier ministre, Haider Abadi.

 

 (Éclairage : L'ASL cherche-t-elle réellement à aider les Kurdes ?)


À Kobané, à la frontière entre la Syrie et la Turquie, les responsables américains estiment, tout en restant prudents, que les forces kurdes ont pour le moment réussi à repousser les assauts des jihadistes grâce aux nombreux bombardements. Les Américains y ont privé l'EI d'une victoire symbolique, mais sur le terrain la situation est dans l'impasse et les appels à l'aide désespérés des Kurdes, qui accusent les Turcs de retarder l'arrivée des peshmergas irakiens dont l'arrivée à Kobané est attendue d'un jour à l'autre, ont révélé les profondes divisions au sein de la coalition anti-EI.

 

« Une bruine »
Les objectifs américains « ne peuvent pas être atteints car les intérêts des divers partenaires sont diamétralement opposés », estime Vincent Desportes, professeur de stratégie à Sciences Po et général à la retraite. Et le rôle de la Turquie est une source constante de tensions. Selon des analystes, les États-Unis ont sous-estimé la détermination d'Ankara à éviter toute action qui renforcerait les Kurdes sur le terrain. Parallèlement, la Turquie et des pays arabes s'agacent du refus de Washington de s'en prendre directement au régime du président syrien Bachar el-Assad.

 

(Voir aussi: Kobané : les images satellites avant et pendant la bataille)


Selon un responsable français, les objectifs de la guerre sont donc trop mal définis pour fédérer l'ensemble des partenaires de la coalition. « Il y a une série de problèmes politiques, qui ont des répercussions sur la stratégie militaire », reconnaît ce responsable sous le couvert de l'anonymat. Le but initial était de stopper les avancées des jihadistes en érigeant une « barrière de feu », le temps que les forces irakiennes soient capables de lancer une contre-offensive terrestre. Mais les États-Unis « ont compris que les forces irakiennes étaient encore plus faibles que ce qu'ils croyaient initialement », écrit Anthony Cordesman, du centre de réflexion Center for Strategic and International Studies, à Washington. Pour le général américain à la retraite David Deptula, les Américains ont déclenché une « bruine » quand il faudrait un « orage ».


C'est dans ce contexte que les États-Unis ont appelé hier à porter le combat contre les jihadistes sur Internet pour contrer leur propagande diffusée via les réseaux sociaux. Le coordinateur américain de la coalition internationale, le général à la retraite John Allen, a qualifié cette propagande de « guerre horrible (...) destinée à recruter et à pervertir des innocents », lors d'une réunion à Koweït dont le but était de « discuter des moyens de vaincre la communication de l'EI et de faire face à son activité (...) en ligne ». Devant des émissaires de Bahreïn, Grande-Bretagne, Égypte, France, Irak, Jordanie, Liban, Oman, Qatar, Arabie saoudite et Émirats arabes unis, John Allen a estimé que l'EI ne serait « véritablement vaincu qu'une fois que la légitimité de son message aux jeunes vulnérables sera niée ».

 

(Lire aussi : Sur les réseaux sociaux, la propagande de l'EI évolue)


En attendant des développements à ce sujet, les violences sur le terrain se poursuivent inlassablement. Ainsi, le Front al-Nosra, branche d'el-Qaëda en Syrie, et des brigades rebelles ont lancé hier une vaste offensive contre la ville d'Idleb, l'un des derniers bastions du régime dans le nord-ouest du pays, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Cette ville, qui comptait près de 165 000 habitants avant la guerre, est totalement sous le contrôle du régime de Bachar el-Assad. La province éponyme est en revanche un des principaux fiefs de la rébellion qui veut le renverser depuis plus de trois ans.


Les rebelles ont tenté dans le passé de prendre la ville mais c'est la première fois que l'attaque est menée de tous les côtés, a précisé Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH, qui dispose d'un large réseau d'informateurs à travers la Syrie. En outre, « des cellules dormantes » rebelles à l'intérieur de la ville ont attaqué des positions de l'armée, un fait très rare, selon M. Abdel Rahmane. Des hommes armés affiliés à al-Nosra à l'intérieur de la ville ont pris brièvement le contrôle de la résidence du gouverneur d'Idleb et le commandement de police, avant que les troupes du régime ne les délogent. Selon l'ONG, une mutinerie semble avoir aidé les combattants dans cette attaque. « Des policiers ont facilité l'entrée des combattants », a indiqué l'OSDH. Au moins 15 combattants rebelles et d'al-Nosra et 20 soldats et miliciens alliés ont été tués, d'après l'ONG, selon laquelle les combats se poursuivaient à la périphérie de la ville.

 

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Le bilan des frappes lancées depuis le 8 août par les États-Unis et leurs alliés est mitigé. L'EI continue de gagner du terrain dans l'ouest de l'Irak et renforce son contrôle ailleurs. Mais les responsables américains insistent sur le fait qu'il ne faut pas tirer de conclusions tant que les forces irakiennes et kurdes n'ont pas reconstitué leurs capacités. « Nous ne sommes que dans les premières minutes du match », explique un haut responsable du Centcom, le commandement militaire américain pour le Proche-Orient et l'Asie centrale, qui dirige...
commentaires (2)

SI... ON VEUT... ON PEUT !

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

14 h 05, le 28 octobre 2014

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Commentaires (2)

  • SI... ON VEUT... ON PEUT !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    14 h 05, le 28 octobre 2014

  • Je pense qu'il serait plus que temps et plus que sérieux de se demander où les us ont déjà gagné un guerre ? ils foirent partout où ils mettent la patte , et mettent le bordel comme pas possible ! c'est peut être ça les victoires chez eux , donc comment peut on encore faire confiance à ces cow boys ?

    FRIK-A-FRAK

    11 h 02, le 28 octobre 2014

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