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Moyen Orient et Monde - Brésil

Dialogue et nombreux défis au menu du second mandat de Rousseff

Réélue de peu à un second mandat présidentiel, Dilma Rousseff aura de nombreux défis à relever. Evaristo Sa/AFP

La présidente de gauche Dilma Rousseff, réélue avec un score étriqué, va devoir comme elle l'a promis dimanche soir s'atteler à réconcilier un pays divisé, donner des gages sur l'économie et la corruption.
Les Brésiliens ont réélu la candidate du Parti des travailleurs (PT) avec 51,64 % des voix contre 48,36 % pour son adversaire de centre droit Aecio Neves, du Parti social-démocrate brésilien (PSDB), faisant de cette élection « la victoire la plus étriquée de l'histoire du pays », selon le média brésilien O Estado (São Paulo). Les médias locaux soulignent par ailleurs l'abstention record de 26,1 %, soit 37,2 millions de Brésiliens, et demandent à Mme Rousseff « d'émettre les premiers signes pour tranquilliser le secteur productif et les Bourses ». Dans cette perspective, le ministre actuel de l'Économie, pressenti pour être remercié, a déjà annoncé son départ.

Victoire en demi-teinte
La victoire intervient au terme d'une campagne à couteaux tirés, émaillée d'attaques personnelles, et qui a radicalisé le clivage gauche-droite dans le géant émergent d'Amérique latine. Dilma Rousseff a perdu beaucoup de terrain par rapport à sa première élection en 2010. Elle avait alors gagné haut la main avec 56,05 % des voix contre le candidat du PSDB de l'époque, José Serra (43,95 %). Le PT, au pouvoir depuis 12 ans, avait lui-même perdu 18 sièges le 5 octobre lors des législatives.

Dialoguer avec les mécontents
Plaçant son second mandat sous le signe du « dialogue », Mme Rousseff a donné de nombreux gages aux mécontents, en promettant de sévir durement contre la corruption et de promouvoir une réforme d'un système politique de compromissions décrié et à bout de souffle, en dialoguant avec le Parlement et en consultant les Brésiliens par référendum. Elle s'est également adressée aux milieux économiques et aux marchés financiers qui l'ont prise en grippe à cause de son interventionnisme, à leurs yeux responsable de l'entrée en récession du Brésil et de la surchauffe de l'inflation. Selon l'analyste Daniel Barcelos Vargas, de la prestigieuse Fondation Getulio Vargas de Rio, Mme Rousseff « va devoir unir un Brésil aujourd'hui scindé en deux avec une grande animosité. Sa grande tâche sera de gouverner pour les 48 % qui ont voté contre elle, entendre et dialoguer ».

Relancer l'économie
Elle devra ensuite et surtout redresser une économie en récession au premier semestre 2014, loin des 7,5 % de croissance qu'elle avait hérités des années Lula. « Son premier défi sera d'annoncer ce qu'elle fera avec la politique économique et les comptes publics. La présidente doit essayer de récupérer la confiance perdue des secteurs économiques », estime José Francisco Lima Gonçalves, économiste-chef de la banque d'investissements Fator. Même si le pays continue d'attirer d'importants investissements étrangers, « la confiance des entrepreneurs est à son niveau le plus bas des cinq dernières années et les investisseurs sont mécontents. Il est urgent que la présidente tende la main à ces secteurs », affirme Richard Lapper, principal analyste de LatAm Confidential.
(Source : AFP)

La présidente de gauche Dilma Rousseff, réélue avec un score étriqué, va devoir comme elle l'a promis dimanche soir s'atteler à réconcilier un pays divisé, donner des gages sur l'économie et la corruption.Les Brésiliens ont réélu la candidate du Parti des travailleurs (PT) avec 51,64 % des voix contre 48,36 % pour son adversaire de centre droit Aecio Neves, du Parti social-démocrate brésilien (PSDB), faisant de cette élection « la victoire la plus étriquée de l'histoire du pays », selon le média brésilien O Estado (São Paulo). Les médias locaux soulignent par ailleurs l'abstention record de 26,1 %, soit 37,2 millions de Brésiliens, et demandent à Mme Rousseff « d'émettre les premiers signes pour tranquilliser le secteur productif et les Bourses ». Dans cette perspective, le ministre actuel de...
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