Le président ukrainien Petro Porochenko s’exprimant devant la presse après l’annonce des résultats des élections législatives que son parti a remporté (Valentyn Ogirenko / Reuters).
Les partis pro-occidentaux ukrainiens s'attelaient hier à surmonter leurs divergences pour former une coalition, après leur large victoire aux législatives anticipées, accueillies dans l'Est par une reprise des combats. En effet, le fief des rebelles prorusses, Donetsk, s'est réveillé au son des tirs de lance-roquettes multiples Grad, qui ont mis fin à un week-end d'accalmie dans les combats dont le bilan est de plus de 3 700 morts depuis avril, et rappelé la fragilité du dialogue engagé. Les forces ukrainiennes ont de leur côté fait état de tirs de roquettes sur leurs positions près de la ville côtière de Marioupol, qu'elles contrôlent, et ayant atteint des habitations civiles. Elles ont également annoncé la mort de deux soldats dans la région de Lougansk pendant le ravitaillement de troupes en difficulté, les premiers militaires à être tués en une semaine.
Scrutin régulier
Malgré la permanence du conflit, l'élection de dimanche a été jugée conforme aux normes démocratiques par les observateurs internationaux, avec seulement quelques « incidents isolés », notamment des intimidations et des menaces. Saluant la transparence des opérations de vote et du dépouillement, Kent Harstedt, coordonnateur spécial de l'Organisation de sécurité et de développement en Europe (OSCE), présent sur place, a déclaré que « les élections ont marqué une étape importante sur la voie des ambitions démocratiques de l'Ukraine, conformément à ses engagements internationaux ».
Côté russe, le chef de la diplomatie, Sergueï Lavrov, a dénoncé de « nombreuses violations », tout en soulignant que Moscou « reconnaîtrait » les résultats du scrutin. Cité par l'agence RIA, le ministère russe des Affaires étrangères a d'ailleurs déclaré hier que les élections législatives en Ukraine représentent une opportunité de parvenir à la paix dans l'est de ce pays même si la présence d'un grand nombre de « nationalistes » dans le nouveau Parlement pourrait menacer le processus.
Nécessité de compromis
Les résultats consacrant la victoire des partis pro-occidentaux annoncent un compromis politique. Le bloc Petro Porochenko (21,6 %) est au coude-à-coude avec le Front populaire (21,4 %) du Premier ministre Arseni Iatseniouk, qui voit ses chances d'être reconduit à la tête du gouvernement renforcées. Ces résultats signifient aussi que le chef de l'État ne pourra gouverner seul et devra accepter des compromis, notamment avec M. Iatseniouk, ferme face à Moscou mais rompu aux négociations avec les bailleurs de fonds internationaux. Des négociations se sont d'ailleurs ouvertes hier entre les deux partis, a annoncé Iouri Loutsenko, un proche de M. Porochenko. Après avoir rencontré le chef de l'État dimanche soir, M. Iatseniouk a assuré qu'une coalition serait formée « dans les délais les plus brefs pour que le gouvernement et le nouveau Parlement réalisent rapidement les réformes indispensables au pays ».
(Source : AFP)


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