Les USA ont imposé la quarantaine obligatoire aux soignants de retour de pays touchés par le virus. Bryan Thomas/Getty Images/AFP
L'ambassadrice américaine aux Nations unies a débuté hier en Guinée une tournée dans les pays d'Afrique de l'Ouest les plus touchés par le virus Ebola, appelant à porter la mobilisation internationale « à une toute autre échelle ».
Outre la Guinée, l'ambassadrice Samantha Power doit se rendre en Sierra Leone et au Liberia, ainsi qu'au Ghana, où est basée la mission des Nations unies pour coordonner la lutte contre Ebola, pour « attirer l'attention sur le besoin d'un soutien international accru », selon un communiqué de la mission des États-Unis à l'ONU.
La diplomate a en outre reproché à de nombreux pays d'applaudir les efforts des États-Unis et d'autres « sans prendre eux-mêmes la responsabilité d'envoyer des médecins, des lits, ou l'argent nécessaire ».
Mme Power se rendra ensuite à Bruxelles pour s'entretenir avec des responsables européens des moyens de lutter contre Ebola, qui a franchi le cap des 10 000 cas dans le monde avec 4 922 morts enregistrés, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) arrêté au 23 octobre.
L'ambassadrice américaine, dont la tournée s'achève le 30 octobre, a également déploré l'application de la quarantaine obligatoire aux États-Unis imposée par les gouverneurs des États de New York et du New Jersey aux soignants de retour de pays touchés par Ebola. La mesure a été décidée après un premier cas à New York chez un médecin de retour d'une mission en Guinée.
« Nous ne pouvons pas prendre des mesures ici qui vont affecter notre capacité à couvrir la zone » touchée par Ebola, a déclaré Mme Power à NBC. Nous devons trouver un moyen pour qu'à leur retour ils (les personnels de santé) soient accueillis en héros et non pas stigmatisés pour le travail formidable qu'ils ont accompli. »
Une infirmière américaine, Kaci Hickox, de retour d'une mission en Sierra Leone où elle a aidé les malades d'Ebola, a dénoncé son placement d'office en quarantaine alors qu'elle ne présentait aucun des symptômes d'une infection. « Je ne souhaite à personne une telle situation et j'ai peur pour les gens qui vont être dans mon cas à l'avenir », a-t-elle déclaré au quotidien The Dallas Morning News samedi. Le président Barack Obama a toutefois exhorté les Américains à se fonder « sur des faits, pas sur la peur ».
Urgence au Mali
Au Mali, où le premier malade identifié, une fillette de deux ans de retour de Guinée, est décédé vendredi à Kayes (Ouest), plus de 50 personnes ont été placées en quarantaine, dont une dizaine dans la capitale, Bamako, par laquelle elle a transité lors d'un long périple en car.
Les autorités se veulent toutefois rassurantes. « Le cas a été très vite circonscrit et nous espérons qu'in fine nous sortirons de cette affaire indemnes », a indiqué le président Ibrahim Boubacar Keïta dans une interview. Il a assuré que « toutes les mesures » avaient été prises pour prémunir le Mali, sans toutefois aller jusqu'à fermer la frontière avec la Guinée, l'un des pays les plus atteints.
En revanche, la Mauritanie a annoncé un renforcement des contrôles à sa frontière avec le Mali après l'annonce de ce premier cas à Kayes, véritable poumon des échanges commerciaux entre les deux pays, qui s'est traduit par une fermeture de facto de la frontière, selon des sources locales.
L'OMS avait annoncé dans un rapport « considérer la situation au Mali comme une urgence. L'état de l'enfant pendant le trajet en autocar est particulièrement inquiétant, car il a présenté de multiples occasions d'exposition, y compris à haut risque, impliquant un grand nombre de personnes ».
En Côte d'Ivoire, limitrophe de la Guinée et de la Sierra Leone, mais parvenue jusqu'à présent à échapper à la contamination, un aide-soignant guinéen potentiellement contaminé qui serait entré clandestinement dans le pays était toujours activement recherché.
(Source : AFP)


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