Vingt-cinq banques de la zone euro, dont neuf italiennes, ont échoué à l'examen sans précédent mené par la Banque centrale européenne pour restaurer la confiance dans ce secteur-clé de l'économie, mais douze d'entre elles ont déjà pris des mesures pour corriger leurs besoins en capital.
Cet examen « va doper la confiance publique dans le secteur bancaire », s'est félicité Vitor Constancio, vice-président de la BCE.
« En identifiant les problèmes et les risques, il va aider à réparer les bilans et rendre les banques plus résistantes et robustes. Cela devrait faciliter la distribution du crédit en Europe, ce qui va soutenir la croissance économique », a-t-il ajouté.
Au total, 130 établissements étaient concernés par cette opération d'envergure, qui a mobilisé plus de 6 000 personnes.
Elle comportait un examen des actifs détenus par ces établissements au 31 décembre 2013, puis des tests de résistance, c'est-à-dire des exercices de simulation destinés à éprouver leur solidité en cas par exemple de récession et de crise financière doublée d'une chute des prix de l'immobilier.
La Commission européenne a salué dimanche « un exercice d'une ampleur sans précédent », jugeant qu'il va « apporter une grande transparence en ce qui concerne le bilan des banques » et permettre « d'identifier et de corriger les faiblesses ».
« Avoir un bilan de santé complet des banques n'est pas une fin en soi, ce qui compte, c'est que nos banques aient les capacités de financer l'économie de manière durable et qu'elles soient suffisamment solides pour faire face à des difficultés qui pourraient perturber ce financement », a commenté pour sa part Michel Barnier, le commissaire européen en charge des Services financiers.
Au terme d'un an de travail mené dans le plus grand secret, la BCE a dévoilé dimanche que 9 banques italiennes (dont Banca Monte dei Paschi di Siena et Banca Popolare di Milano), 3 grecques, 3 chypriotes, mais également deux petits établissements (l'allemand Münchener Hypothekenbank et la française Caisse de refinancement de l'habitat) avaient échoué à cet examen, évaluant leur besoin en capital à quelque 25 milliards d'euros.
Mais cet audit a été mené fin 2013, et la BCE a souligné que, depuis cette date, douze de ces 25 établissements avaient déjà comblé leurs besoins de capital en levant environ 15 milliards d'euros sur les marchés.
Les autres ont désormais deux semaines pour présenter aux autorités bancaires européennes un plan de recapitalisation et entre six et neuf mois pour le mener à bien.
Pour la Commission européenne, « la priorité est que les besoins en capital soient comblés par des sources privées. Si toutefois une aide publique est nécessaire, les règles concernant les aides d'État s'appliqueront », avec pour objectif de veiller à ce que ce « soutien soit aussi limité que possible ».
En outre, un certain nombre de banques soumises à cet audit vont devoir réévaluer leurs actifs, à hauteur de 48 milliards d'euros au total, dont 37 milliards ne donnant lieu à aucun besoin de capital supplémentaire, a précisé la Banque centrale européenne.
Par ailleurs, l'institution de Francfort a identifié quelque 136 milliards d'euros d'actifs à risques (« bad loans »), portant le montant total de ces actifs détenus par les banques de la zone euro à 879 milliards d'euros.
Baptisée « Comprehensive Assessment », cette opération constituait l'ultime étape avant que la BCE n'endosse le 4 novembre le rôle de superviseur bancaire européen, dont la Française Danièle Nouy sera la responsable.
Elle s'est déroulée en deux temps. Depuis novembre 2013, la Banque centrale européenne a mené son « asset quality review » (AQR), radiographie des actifs et crédits détenus par 130 banques de la zone euro (plus la Lituanie), dont l'ampleur devrait être de nature à restaurer la confiance des investisseurs, souligne l'AFP.
En parallèle, l'Autorité bancaire européenne (EBA), basée à Londres, a procédé à de nouveaux « stress tests », exercices de simulation pour tester la solidité des banques face à deux scenarii de risques. Le plus noir prévoyait un retour en récession, sur fond de crise des marchés financiers et d'une chute des prix de l'immobilier.
Économie - Finances
Vingt-cinq banques de la zone euro ont échoué aux tests de résistance menés par la BCE
OLJ / le 27 octobre 2014 à 00h00


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