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Liban

Aux États-Unis, l’employé fédéral de l’année est une Américano-Libanaise

La bonne nouvelle du lundi

Coupures d'électricité, crise économique, malaise social, clivages politiques accrus, tensions communautaires... Face à l'ambiance générale quelque peu délétère, « L'Orient-Le Jour » se lance un défi : trouver une bonne nouvelle chaque lundi.

Nour BRAIDY | OLJ
20/10/2014

« C'est merveilleux cette reconnaissance, même si, en tant qu'employés et fonctionnaires fédéraux, nous ne nous attendons pas toujours à être récompensés. »
Il y a quelques jours, le Dr Rana Ahmad Hajjeh, une Libanaise installée aux États-Unis, a reçu la médaille de l'employé fédéral de l'année aux États-Unis. Directrice de la division des maladies bactériennes aux Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention, CDC), elle a été primée le 22 septembre dernier pour avoir mené une campagne de vaccination contre le Haemophilus influenzae de type B qui a permis de sauver la vie de millions d'enfants.
« Cette reconnaissance me motive encore plus pour continuer à améliorer la vie des enfants partout dans le monde », confie la lauréate à L'Orient-Le Jour.

Le Dr Rana Hajjeh, 50 ans, est née et a grandi à Tripoli (Liban-Nord). Après des études de biologie et de médecine à l'AUB, elle part à 24 ans à Atlanta, aux États-Unis, pour se spécialiser dans le domaine des maladies infectieuses. En 1993, elle rejoint les CDC dont elle gravit les échelons jusqu'à être nommée directrice de la division des maladies bactériennes.

Il est « plus intéressant de se concentrer sur la prévention des maladies plutôt que sur leur traitement », estime cette clinicienne de formation. « L'impact de bonnes politiques de santé publique peut être énorme, on peut sauver des centaines, des milliers, voire des millions de vies en mettant en œuvre les bonnes interventions, comme une campagne de vaccination, une bonne hygiène et un contrôle des infections, à la fois au sein d'une communauté et dans les hôpitaux », explique-t-elle.

L'un des chevaux de bataille de cette médecin et mère de famille sera la lutte contre les infections dues à la bactérie Haemophilus influenzae de type B. Une bactérie qui provoque méningites et pneumonies chez les enfants. Il existe un vaccin très efficace, mais il était cher et peu répandu dans les pays en développement. Le projet lancé par le Dr Hajjeh visait à diffuser ce vaccin dans ces pays.

 


« Jusqu'à récemment, près de 400 000 enfants dans les pays en développement mouraient chaque année de méningite bactérienne et de pneumonie », peut-on lire dans le communiqué de presse des Sammies (Samuel J. Heyman Service to America Medals), les oscars du service gouvernemental. Rana Hajjeh a réussi à convaincre 60 pays d'utiliser le vaccin contre l'Haemophilus Influenzae de type B (vaccin anti-Hib), ce qui a permis de freiner la propagation de maladies qui peuvent causer des millions de décès ou de handicaps tels que l'arriération mentale et la surdité.

Il a été difficile de convaincre les pays cibles « car ils ont de nombreuses priorités concurrentes en matière de santé et leur budget sanitaire n'est pas suffisant », explique le Dr Hajjeh. Cet engagement fut également un défi au niveau personnel pour cette femme, qui est aussi l'épouse du Dr Imad el-Kebbi et mère de deux enfants, Nour et Sami, âgés d'une vingtaine d'années. « Il a fallu faire de nombreux voyages partout dans le monde et passer beaucoup de temps loin de la maison », explique-t-elle.


Durant sa carrière, cette Américano-Libanaise a été engagée avec les CDC sur une multitude de dossiers, allant de la menace d'une attaque à l'anthrax jusqu'à l'éruption d'une épidémie de choléra en Haïti après le tremblement de terre de 2010, en passant par le coronavirus Mers en Arabie saoudite.

Aujourd'hui, Rana Hajjeh est engagée sur un autre front : Ebola. Au moment où elle répondait aux questions de L'Orient-Le Jour, elle se trouvait au Mali après un voyage au Sénégal pour « aider les pays à mieux se préparer à répondre au virus Ebola », qui a déjà fait plus de 4 555 morts dans sept pays au total, dont le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée.

« Les récents incidents liés à Ebola (de même que le coronavirus Mers, qui a sérieusement affecté les pays du Golfe) ont montré qu'aucun pays n'est complètement préparé et que tous les pays devraient avoir des plans concrets pour faire face aux épidémies de maladies infectieuses, estime Rana Hajjeh. Tous les pays devraient rester très vigilants. »


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On ne dirait pas.... d'après la photo !

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