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Il y a plus de 250 ans, la dernière exécution d'un couple homosexuel à Paris

Samedi, en présence de la maire de Paris Anne Hidalgo, une plaque commémorative a été dévoilée à l'endroit de leur arrestation.

Près de trois siècles après, la Ville de Paris a rendu hommage samedi au dernier couple homosexuel exécuté dans la capitale. AFP / Joel Saget

Une nuit d'hiver 1750, un jeune artisan et un domestique sont surpris en plein acte de sodomie : ils seront condamnés au bûcher. Près de trois siècles après, la Ville de Paris a rendu hommage samedi au dernier couple homosexuel exécuté dans la capitale.

Il est presque minuit ce 3 janvier 1750 lorsque Bruno Lenoir, un cordonnier d'une vingtaine d'années, et son partenaire d'un soir, Jean Diot, employé de maison de 40 ans, sont arrêtés, ivres, rue Montorgueil, au cœur de Paris. Selon le procès-verbal de l'époque dressé par le guet, la police chargée des rondes de nuit, les deux hommes ont été vus "en posture indécente et d'une manière répréhensible".

D'ordinaire, ce type d'affaire se soldait alors par une simple remontrance, appelée "mercuriale". Eux auront droit à un traitement plus radical. Après un séjour de six mois dans les geôles malfamées de la prison du Châtelet et un simulacre de procès, ils écopent de la peine maximale : la mort par le feu, place de Grève, l'actuelle place de l'Hôtel de Ville, qui servait aux exécutions et aux supplices publics sous l'Ancien Régime.

 

"Un crime très banal"
La sentence, pourtant conforme à ce que la loi réservait aux "sodomites" au milieu du XVIIIe siècle, "a étonné tout le monde par sa sévérité", explique Thierry Pastorello, historien et auteur d'une thèse sur l'homosexualité masculine à Paris aux XVIIIe et XIXe siècles. "S'agissant d'une simple sodomie, c'est un cas unique au XVIIIe siècle, on a voulu faire un exemple", assure-t-il. A cette période, d'autres homosexuels avaient été jetés au feu pour ce motif, mais ils s'étaient rendus coupables de pédophilie et de trafic de jeunes enfants.

Du jardin des Tuileries à celui du Luxembourg, en passant par les quais de Seine, "la vie sodomite était très développée à l'époque" poursuit M. Pastorello. "C'était un crime très banal. Les archives montrent que la police savait très bien ce qui se passait dans certains endroits chauds", notamment les guinguettes et cabarets "connus pour leur clientèle sodomite".

Outre l'acte, les deux hommes, de simple condition, ont eu le tort de ne pas être bien nés. "Ils étaient particulièrement fragiles sur le plan social, c'était plus facile de les condamner", estime M. Pastorello. "Les jeunes nobles surpris dans des parties fines dans les bosquets de Versailles étaient renvoyés dans leurs châteaux de campagne pour se faire oublier", ajoute-t-il.

 

"Un acte important"
Ce n'est qu'en 1791 que le code pénal abandonne le crime de sodomie entre adultes consentants. Et il faudra attendre 1982, sous l'impulsion de Robert Badinter, ministre de la Justice de François Mitterrand, pour que l'homosexualité soit dépénalisée.

Samedi, en présence de la maire de Paris Anne Hidalgo, une plaque commémorative a été dévoilée à l'endroit de leur arrestation, à l'angle des rues Montorgueil et Bachaumont. Un vœu avait été présenté en ce sens par le groupe communiste au Conseil de Paris qui l'avait voté à l'unanimité en mai 2011.
"C'est un lieu à la fois populaire, bobo et commerçant, donc c'est bien de le faire ici", explique-t-on dans l'entourage de Mme Hidalgo. "Se souvenir n'est jamais inutile, surtout dans un contexte de recrudescence de l'homophobie, qu'elle soit verbale ou sur Internet", ajoute-t-on à la mairie.

"C'est un acte important. Enfin, ces victimes-là vont être reconnues", se réjouit Nicolas Rividi, un porte-parole de l'Inter-LGBT (lesbiennes, gays, bi et trans). "Il ne faut pas que la mémoire se perde et que le souvenir de ces personnes serve de garde-fous face aux manifestations homophobes", dit-il.

 

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commentaires (1)

C'est une plaque à l'antialcoolisme qu'il aurait fallus ériger....!

M.V.

12 h 21, le 19 octobre 2014

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Commentaires (1)

  • C'est une plaque à l'antialcoolisme qu'il aurait fallus ériger....!

    M.V.

    12 h 21, le 19 octobre 2014

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