Le spectre d'un regain de crise en Grèce, ravivé par une conjoncture européenne morose et une situation politique interne incertaine, effraie les marchés depuis trois jours, contraignant la Commission à réaffirmer un très ferme soutien au pays et la BCE à donner un coup de pouce à ses banques.
La dégringolade de sa Bourse, mardi (-5,7 %) puis mercredi (-6,25 %), un peu moins jeudi (-2,22 %), et la remontée brutale à un peu plus de 9 % du taux de son obligation à 10 ans (qui tournait autour de 6,5 % les semaines précédentes), ont pris Athènes par surprise.
Si les raisons de la fièvre des marchés ces derniers jours sont multiples, souligne l'économiste Jesús Castillo, de Natixis, citant notamment la révision à la baisse de la croissance allemande, la survalorisation récente des actions ou la faible inflation en zone euro, il y a bien « deux facteurs » grecs à cette situation.
D'abord, le financement du pays. M. Castillo rappelle qu'en 2016, terme du dernier plan d'aide, celui du FMI, certains économistes prédisent à la Grèce un « trou » de 12 milliards d'euros, « difficiles à trouver sur les marchés ».
D'autre part, l'hypothèse d'une arrivée au pouvoir du parti de gauche radicale Syriza, en tête aux élections européennes et dans les récents sondages, « a pris de la consistance et ça effraie un peu le monde de la finance » car le parti, dont le programme est encore flou, est proeuropéen mais antiaustérité.
« Sans la moindre hésitation, l'Europe continuera à soutenir la Grèce de quelque manière que ce soit pour assurer des conditions de financement raisonnables pour l'État grec et pour faciliter le retour complet sur les marchés », a ainsi affirmé le porte-parole de la Commission en charge des Affaires économiques, Simon O'Connor.
Parallèlement, la Banque de Grèce a annoncé que la Banque centrale européenne (BCE) procurerait 12 à 15 milliards d'euros de liquidités supplémentaires aux banques grecques en pratiquant une moindre décote sur leurs collatéraux. Cette décision pourrait être entérinée le 6 novembre lors de la prochaine réunion des gouverneurs de Banque centrale à Francfort.


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