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La Dernière

Giorgio Croci et Gloria Campaner, un dialogue à quatre voix...

Entretien

Un maestro et une pianiste, Giorgio Croci et Gloria Campaner, pour faire chanter ce soir les cordes de l'Orchestre philharmonique libanais et un clavier à l'église Saint-Joseph (USJ). Rencontre à quatre voix pour parler musique, inspiration, direction d'orchestre et gammes au sommet.

17/10/2014

Deux « guest stars » de la musique, le maestro Giorgio Croci et la pianiste soliste Gloria Campaner, sous l'ombrelle conjuguée de l'Institut culturel italien, l'Université antonine et le Conservatoire national supérieur de musique. Deux musiciens italiens (lui de Vérone, elle non loin de Venise, mais vivant à Rome) pour un partenariat sous les feux de la rampe. Alliance de la belle maturité d'un chef d'orchestre au regard vif et du charme d'une jeunesse aux yeux clairs, une génération montante bourrée de talent.
Deux personnalités musicales, certes différentes, mais ayant en commun l'amour pour le violon. Mais aussi deux tempéraments pour une même cause, une même mélodie. Celles des partitions de Verdi, Schumann et Tchaïkovski que le public applaudira ce soir en concert.
Pour maestro Croci, le Liban n'est pas une rencontre nouvelle. Il y était déjà il y a une dizaine d'années pour accompagner Roberto Alagna et Angela Georghiu se produisant à Baalbeck. Avis partagé : la ville de Beyrouth séduit par sa dualité, ses dons d'ubiquité et ses multiples facettes... « Maisons détruites sur la route de l'aéroport, chic rutilant et restos de classe au cœur de la cité, comme sur les grands boulevards parisiens... » dit la jeune pianiste de 28 ans. Pour le maestro, « Beyrouth c'est comme une ville suisse, un centre-ville d'une impeccable propreté... ». On souscrit !
Pour les deux, la musique est une passion dévorante et un état de grâce. Elle relève de l'essentiel. Et chacun d'eux ne veut donner que le meilleur de lui-même. Quoiqu'il arrive.
« L'orchestre philharmonique, affirme Giorgio Croci, s'est bonifié. Il est encore mieux que celui que j'ai dirigé il y a une décade. La jeunesse de ses bons instrumentistes est sa marque distinctive. Je dois avouer, en tant qu'italien, la musique de l'opéra est non seulement dans mon sang, mais c'est aussi une tradition. Mon chef d'orchestre favori ? Bernstein mais aussi, en référence absolue, Toscanini qui a joué avec Verdi... »
Quant à Gloria Campaner, qui a un faible pour le violon depuis ses trois ans (« Et ça continue », dit-elle dans un rire délicieux !), le piano a annexé son espace (un diplôme emporté haut la main à 16 ans et une première performance, avec un prix à 5 ans !) et ses concerts, aujourd'hui innombrables (« Je ne peux faire leur calcul », lâche-t-elle comme une excuse), l'ont propulsée aux premières lignes du vedettariat.
« La musique, c'est non seulement ma vie, confie la soliste, mais l'expression de l'amour, de l'âme, d'un souffle. Surtout celui, capital, de la liberté. Parmi mes compositeurs favoris, j'aime Schumann. Non pas uniquement pour son romantisme, mais pour sa poésie, son côté visionnaire, ses harmonies nouvelles, sa folie, ses aspects imprévisibles, intimes, puissants... Mais je vibre tout autant à l'approche des œuvres de Prokofiev, Rachmaninov, Chostakovitch. »
Pour rester dans le vif du sujet, il serait bon de sonder l'opinion des artistes quant au public qui les attend. Et la réponse fuse du côté de la pianiste : « Un des musiciens de l'orchestre, devant mon angoisse à affronter l'auditoire, m'a soufflé à l'oreille : "Ne vous en faites pas, le public libanais applaudit toujours. À tout rompre. Même durant les pauses entre deux mouvements !" » Cascade de petits rires comme pour conjurer tout trac !
Pour ces deux musiciens italiens dont les talents se sont croisés sous le ciel du pays du Cèdre, un concert au menu prometteur. Et qui ravira sans doute mélomanes et pianophiles.

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Georges MELKI

"Un maestro et une pianiste, Giorgio Croci et Gloria Campaner, pour faire chanter ce soir les cordes de l'Orchestre philharmonique libanais et un clavier à l'église Saint-Joseph (USJ)."

Les cordes seulement? Et les autres instruments, ils resteront silencieux dans l'ouverture de La Forza del Destino de Verdi, le Concerto de Schumann et la symphonie "Petite Russie" de Tchaikovsky? Espérons que non, car ce concert serait d'une monotonie incroyable!

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