L'attribution du prix Nobel d'économie hier au Français Jean Tirole, passé par l'École polytechnique et l'École nationale des ponts et chaussées, illustre la réputation d'excellence de ces institutions bicentenaires.
Ces deux établissements prestigieux symbolisent la spécificité française des « grandes écoles », aux concours d'entrée très exigeants, absentes dans la plupart des autres pays, comme les États-Unis dont le système repose sur des universités de renommée internationale (Harvard, Stanford, Berkeley...).
L'« X », l'autre nom de Polytechnique, a été fondée en 1794 pour répondre à la pénurie d'ingénieurs au lendemain de la révolution. Elle forme aussi des chercheurs, de grands chefs d'entreprise ou des hommes politiques.
De nombreux élèves qui ont porté le bicorne, le fameux couvre-chef des polytechniciens, ont connu la célébrité : des maréchaux Joffre et Foch pendant la Grande Guerre aux présidents de la République Sadi Carnot ou Valéry Giscard d'Estaing, en passant par le généticien Albert Jacquart et le philosophe Auguste Comte.
Ce n'est pas la première fois qu'un économiste passé par Polytechnique reçoit le Nobel. Maurice Allais, un des deux précédents Français à recevoir ce prix, en 1988, était un ancien polytechnicien, major de sa promo en 1933.
D'autres grands noms de l'économie ont fait l'X comme Jacques Rueff, créateur du nouveau franc en 1959, ou Alfred Sauvy, inventeur du terme « tiers-monde ».
Installée depuis 1976 à Palaiseau (Essonne), Polytechnique est une école militaire sous la tutelle du ministère de la Défense et, dans une moindre mesure, du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.
Elle doit son surnom à son emblème qui représente deux canons croisés en forme d'X, selon une version, ou bien, pour d'autres, à l'enseignement des mathématiques (X est l'inconnue) qui y est prééminent.
Après Polytechnique, Jean Tirole a fait les « Ponts », diminutif de l'École nationale des ponts et chaussées.
Cette autre vieille dame de l'enseignement supérieur français, née en 1747, forme des ingénieurs de terrain impliqués dans les sciences et techniques, les travaux publics, la finance, les télécommunications, l'aménagement du territoire, les transports, la gestion des eaux, l'environnement, etc.
Parmi ses illustres élèves figurent Fulgence Bienvenüe, l'ingénieur du métro parisien, Adolphe Alphand, qui aménagea les Buttes Chaumont et le parc Monceau, Eugène Belgrand qui créa le réseau d'égouts de la capitale, mais aussi Henri Becquerel, qui partagea en 1803 son prix Nobel de physique avec Pierre et Marie Curie.
Économie
Le Nobel d’économie passé par Polytechnique et les Ponts et Chaussées, deux grandes écoles bicentenaires
OLJ / le 14 octobre 2014 à 00h00


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