La coalition internationale a effectué trois raids hier près de Kobané, où des combats de rue faisaient rage entre Kurdes et jihadistes de l’EI. Aris Messinis/AFP
Kobané était toujours le théâtre de combats acharnés entre forces kurdes et jihadistes hier soir, 24 heures après l'entrée dans cette ville du groupe État islamique (EI, ex-Daech) que les raids aériens de la coalition internationale n'ont pas pu empêcher.
Trois nouvelles frappes ont en effet été menées dans l'après-midi, toutes en dehors de Kobané (Aïn al-Arab en arabe), sur des positions de l'EI, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Chacune a déclenché un « bang » puis une épaisse fumée noire, selon des journalistes de l'AFP à la frontière, qui entendaient le vacarme assourdissant des appareils survolant la ville. Elles ont été accueillies par les applaudissements et les cris de joie des quelques dizaines de civils kurdes rassemblés du côté turc pour suivre la progression des combats, qualifiés hier de « terrifiants » par Washington. Mais pour un militant contacté par l'AFP, Moustafa Ebdi, ces frappes ont jusqu'à présent eu peu d'impact sur l'avancée des jihadistes, qui ont planté les drapeaux noirs de l'EI à une centaine de mètres à l'est et au sud-est de Kobané. Néanmoins, a-t-il dit, « même s'ils ne possèdent que des armes légères, les combattants kurdes connaissent la géographie de Kobané par cœur. Ils défendront leur ville jusqu'au dernier d'entre eux ».
À l'intérieur de la ville, les combattants kurdes ont réussi à faire reculer les jihadistes vers les quartiers de l'Est, par lesquels ils sont entrés lundi soir, selon l'OSDH. Kobané est devenu le théâtre d'« une guérilla urbaine », a résumé le directeur de l'organisation, Rami Abdel Rahmane, dont l'ONG a fait état de plus de 400 morts, en grande majorité des combattants des deux camps, depuis le début de l'offensive jihadiste le 16 septembre. « Les YPG (Unités de protection du peuple kurde) mènent une résistance acharnée », a affirmé Ozgur Amed, un journaliste kurde proche de la ligne de front. « Notre moral tient bon. Nous avons juste peur de la détérioration de la situation humanitaire. » Les informations sur le nombre de civils encore présents dans la ville sont très difficiles à recouper, certaines sources faisant état d'une fuite totale de la population, tandis que d'autres, comme M. Amed, affirment que « des milliers de civils » sont toujours dans Kobané. Des Kurdes syriens défendent même en famille cette ville, a affirmé hier le porte-parole de l'YPG. « Il y a des centaines de sœurs, de frères, de pères et de fils, des cousins, qui combattent côte à côte les forces de l'EI », a indiqué Polat Can. « Moi-même je lutte avec mes deux frères car il s'agit d'une question de vie ou de mort » pour cette ville située à quelques kilomètres seulement de la Turquie. L'offensive de l'EI, qui a réussi à s'emparer de près de 70 villages sur le chemin de Kobané, a poussé à la fuite quelque 300 000 habitants, dont plus de 180 000 ont trouvé refuge en Turquie, selon Ankara.
L'Iran dénonce
« À ce stade, il est trop tard pour sauver Kobané. Cette avancée de l'EI prouve que la campagne de frappes de la coalition n'atteint pas son objectif, à savoir détruire les capacités militaires de l'organisation », pointe Mario Abou Zeid, analyste au Centre de recherches américain Carnegie à Beyrouth. S'ils réussissaient à conquérir entièrement Kobané, les jihadistes s'assureraient le contrôle sans discontinuité d'une longue bande de territoire à la frontière syro-turque. Pour inverser réellement la tendance à Kobané, il faudrait une intervention de troupes au sol, arabes ou turques, Washington ayant exclu une présence autre qu'aérienne en Syrie, mais celle-ci reste hypothétique en raison des réticences des uns et des autres. « La Turquie est réticente parce qu'elle craint qu'à long terme les Kurdes ne se retournent contre elle et n'obtiennent leur autonomie régionale. Peut-être d'autres pays du Moyen-Orient devraient-ils prendre l'initiative », note Erin Marie Saltman, experte au centre de réflexion Quilliam à Londres. « En se concentrant uniquement sur Kobané, la communauté internationale risquerait de laisser le champ libre à l'EI dans d'autres villes-clés (..) notamment à Bagdad dont l'EI s'est déjà beaucoup rapproché et où il lorgne sur l'aéroport, juste à l'extérieur de la ville », ajoute Mme Saltman.
L'Iran a d'ailleurs dénoncé hier « la passivité de la communauté internationale », et appelé à soutenir le gouvernement syrien contre « les terroristes ». Grand allié de Damas, Téhéran estime que les frappes de la coalition ont pour objectif réel de déloger le régime de Bachar el-Assad.
Depuis Genève, l'envoyé spécial des Nations unies en Syrie, Staffan de Mistura, a pour sa part appelé à « agir immédiatement » pour sauver la ville des jihadistes, alors que les frappes orchestrées depuis plusieurs jours par la coalition américano-arabe en Syrie ne parviennent pas à les arrêter.
Enfin, en Irak, des avions F-16 néerlandais ont lancé leurs premières frappes contre le groupe EI pour venir en aide à des combattants kurdes dans le Nord. Plusieurs pays occidentaux participent à ces raids en Irak où l'armée américaine a utilisé pour la première fois des hélicoptères, ce qui marque une escalade dans la gestion du conflit et expose davantage au danger les soldats américains.
Trois nouvelles frappes ont en effet été menées dans l'après-midi, toutes en dehors de Kobané (Aïn al-Arab en arabe), sur des positions de l'EI, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Chacune a déclenché un « bang » puis une épaisse fumée noire, selon des journalistes de l'AFP à la frontière, qui entendaient le vacarme assourdissant des appareils survolant la ville. Elles ont été accueillies par les applaudissements et les cris de joie des quelques dizaines de civils kurdes rassemblés du côté turc pour suivre la progression des...


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Le piège a fonctionné ...les djidadistes sont rentré dans la nasse ...reste à la coalition de bombarder leurs positions logistiques extérieures pour que les kurdes lancent leurs contre attaque ...pour reprendre les positions extérieures ....pour au final commencer l'encerclement ....
12 h 25, le 08 octobre 2014