Le blocage du siège d’EDL à Beyrouth passera le cap des deux mois ce jeudi. Photo Bigstockphoto.com
Le blocage du siège de l'établissement public chargé de la production et de la distribution d'électricité passera le cap des deux mois avant la fin de la semaine. Si la tension est tombée d'un cran depuis dimanche dernier, la crainte des intempéries ayant réussi à stabiliser une situation qui échappe encore à tous les ministères concernés, l'affaire est loin d'être entendue.
Journaliers et direction d'EDL campent donc sur leurs positions respectives, les premiers à la corniche du Fleuve, les seconds, depuis la centrale thermique de Zouk où ils ont été forcés de se replier. Le nœud du désaccord se situe toujours au niveau du nombre de candidats au cadre qui seront engagés par EDL au terme d'un concours qui doit être organisé sous l'égide du Conseil de la fonction publique. La direction de l'office autonome table sur 897 postes vacants, les journaliers estiment que ce chiffre est loin d'être à la hauteur des besoins réels de l'établissement.
Mais la lassitude semble progressivement prendre le dessus d'un côté comme de l'autre. Une source proche d'EDL confie que « la majorité des employés espère qu'une issue sera rapidement trouvée à la crise ». Pour plusieurs d'entre eux, le problème vient de l'attitude des journaliers à qui ils reprochent de « ne pas avoir laissé de place au dialogue ». Ils rappellent que le « mémorandum publié par EDL fixant le nombre de places disponibles pour l'entrée au cadre a été publié le 8 août et que dès le lendemain, l'accès au bâtiment était condamné ». Certains avouent même ne pas comprendre la « rigidité des grévistes » et font remarquer que « les besoins définis par la direction d'EDL pour arrêter le nombre de fonctionnaires requis seront forcément amenés à évoluer ». Ils soulignent enfin que le blocage du bâtiment a également des répercussions à d'autres niveaux que celui de la production et de la distribution d'électricité, comme « les demandes de raccordement au réseau ou l'installation de nouveaux compteurs ».
Côté journaliers, c'est le manque de transparence d'EDL sur ce dossier qui est pointé du doigt. Pour Hussein Korkmaz, l'un des représentants du comité qui représente les grévistes, le fournisseur « sous-estime clairement le nombre de salariés requis ». Contacté par L'Orient-Le Jour, il table ainsi sur une moyenne de 3 000 postes vacants dont « une partie aurait été absorbée par les trois prestataires de services privés (BUS, KVA et NEUC), court-circuitant ainsi les droits de plusieurs candidats au cadre ». Pourtant, M. Korkmaz réitère la volonté de son mouvement à encourager une sortie de crise. « Nous sommes prêts à accepter que seuls les journaliers qui réussiront le concours organisé par le Conseil de la fonction publique soient intégrés au cadre du fournisseur », confirme-t-il. Un fléchissement qui annonce peut-être le début de l'essoufflement d'un mouvement qui, malgré son ampleur, ne réussit toujours pas à sortir les Libanais de leur torpeur. En attendant, le blocage frappant le bâtiment principal d'EDL reste d'actualité, jusqu'à nouvel ordre.


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