Wakil Kohsar/AFP
Dans un stade national de Kaboul quasi vide s'est tenue hier la première finale du championnat de football féminin en Afghanistan, opposant les filles de la capitale à celles de Hérat (5-1 pour les locales). Foulards noirs, maillots et shorts de football, pantalons de sport pour couvrir les jambes, les deux équipes se sont affrontées sur la pelouse synthétique du stade flambant neuf d'environ 6 000 places. Qu'importe le score et l'affluence, cette rencontre marque une lueur d'espoir dans un pays ravagé par la violence depuis plus de 30 ans et où les femmes n'avaient absolument aucune place sous le régime des talibans (1996-2001). « Kaboul ! Kaboul ! Kaboul ! » scandent un peu plus d'une centaine de supporteurs, en majorité des jeunes femmes, dans les tribunes. « Le foot ce n'est pas seulement pour les hommes », lance Waheeda Bahrami, une lycéenne de 17 ans, venue encourager l'équipe de Kaboul. Mais son amie Sheeba explique que certaines filles ont des « problèmes » avec leurs familles qui ne veulent pas les laisser jouer au football. « Je conseille aux familles de les laisser jouer. C'est bon pour le pays, pour la culture et le développement du pays. Il faut montrer que l'Afghanistan peut faire des choses que les autres pays font », affirme-t-elle. « Ma famille ne m'a jamais interdit de jouer, ils m'ont encouragée », se félicite pour sa part Madina à la fin du match, avant d'ajouter : « Ici en Afghanistan, il y a la guerre, les attentats-suicide, etc. Quand je joue au football, j'oublie tout. »


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