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Économie - Réformes

Draghi déçoit, les marchés européens en chute libre

Les Bourses européennes ont dégringolé hier, le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi ayant frustré les investisseurs en s'abstenant d'annoncer de nouvelles mesures de soutien en faveur de l'économie de la zone euro.

« Les réformes doivent clairement être accélérées dans certains pays », a déclaré le président de la BCE, Mario Draghi. AFP/Archives

L'institution monétaire, qui tenait exceptionnellement sa réunion mensuelle dans la cité napolitaine, a laissé inchangé son taux directeur au niveau très bas de 0,05 % où il avait été amené en septembre.
Elle a confirmé sa volonté d'acheter à partir de ce mois-ci des obligations sécurisés, ainsi que ces fameux ABS, ou « asset-backed securities », au cours du trimestre.
Ce dispositif, prévu pour deux ans, complétera huit prêts très bon marché et à long terme (TLTRO) proposés aux banques jusqu'à juin 2016, à la condition expresse que celles-ci prêtent plus aux entreprises et ménages en Europe.
Les rachats d'ABS et d'obligations sécurisées seront aussi « larges que possible, mais conduits avec prudence », a assuré la Banque centrale, alors que certains, en Allemagne notamment, la suspectent de se muer en « bad bank » en achetant des actifs à risques.

Les Bourses décrochent
L'Italien s'est dit confiant quant à l'efficacité de ces opérations – qui pourraient atteindre jusqu'à 1 000 milliards d'euros – pour faire rebondir l'inflation, son « ultime référence ». Les banquiers centraux sont en outre « unanimes dans leur volonté de prendre d'autres mesures non conventionnelles si nécessaire ».
Pas sûr toutefois que ces promesses aient été entendues par les quelque 4 000 manifestants – selon la police – qui ont défilé tout au long de la journée dans les rues entourant le Reggia di Capodimonte, le palais abritant le musée du même nom où la BCE s'est réunie hier.
Le cortège protestait contre les politiques d'austérité, affrontant à plusieurs reprises un imposant dispositif policier. Ces manifestations, souvent à l'initiative de mouvements marqués à l'extrême gauche, sont fréquentes en Italie.
« Il est très compréhensibles que certaines personnes soient sceptiques car les choses ne vont pas bien », a reconnu M. Draghi, soulignant que les maux de la zone euro – chômage, récession – semblaient ne jamais vouloir finir.
Mais il a refusé de laisser la BCE porter le chapeau. « Quelle était la situation (de l'Italie) il y a deux ans et demi lorsque le système financier était sur le point de s'effondrer ? »
a-t-il lancé.
Les marchés n'étaient pas mieux disposés à son égard. Les Bourses européennes ont décroché après son intervention, Francfort lâchant près de 2 %, Milan pas loin de 4 % et Paris 2,8 %.
« Manifestement, les acteurs de marché attendaient un engagement plus fort de la BCE sur l'élargissement de son bilan et sur de nouvelles possibles mesures », a commenté Marco Bagel, économiste de Postbank. Dans la tête de tout un chacun, des rachats de dette publique.

Le tour « d'autres acteurs »
Mais M. Draghi, qui estime en faire déjà beaucoup, attend maintenant le concours « d'autres acteurs », en premier lieu des gouvernements.
« Les réformes doivent clairement être accélérées dans certains pays ». Il s'agit aussi bien de réformer « les marchés du travail et de la production » que d'agir « pour améliorer l'environnement économique des entreprises ». Dans le même temps, « les pays qui ont des marges budgétaires devraient utiliser les marges qu'ils ont », a ajouté l'Italien en direction de l'Allemagne.
Ses appels aux États à agir davantage, pas nouveaux, se font plus pressants alors que les dernières tentatives de l'institution pour relancer l'inflation sont restées sans succès.
La hausse des prix en zone euro a à nouveau ralenti en septembre, à 0,3 %, et s'affiche très loin de l'objectif de moyen terme d'une inflation légèrement inférieure à 2 %.
Les liquidités des banques ont beau être abondantes, la demande de crédit, un des leviers pour faire repartir la machine économique et la dynamique des prix, n'est pas toujours au rendez-vous, dans un contexte économique morose qui n'incite pas à investir. C'est vrai notamment en Italie, troisième économie de la zone, où le gouvernement table dorénavant sur une contraction du produit intérieur brut (PIB) cette année.

L'institution monétaire, qui tenait exceptionnellement sa réunion mensuelle dans la cité napolitaine, a laissé inchangé son taux directeur au niveau très bas de 0,05 % où il avait été amené en septembre.Elle a confirmé sa volonté d'acheter à partir de ce mois-ci des obligations sécurisés, ainsi que ces fameux ABS, ou « asset-backed securities », au cours du trimestre.Ce dispositif, prévu pour deux ans, complétera huit prêts très bon marché et à long terme (TLTRO) proposés aux banques jusqu'à juin 2016, à la condition expresse que celles-ci prêtent plus aux entreprises et ménages en Europe.Les rachats d'ABS et d'obligations sécurisées seront aussi « larges que possible, mais conduits avec prudence », a assuré la Banque centrale, alors que certains, en Allemagne notamment, la suspectent de se muer en...
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