« Je n’ai aucun doute sur le fait que la partie principale et la plus dangereuse de la guerre est déjà passée, grâce à l’héroïsme des soldats » ukrainiens, s’est félicité le président Petro Porochenko. David Mdzinarishvili/Reuters
Le président ukrainien Petro Porochenko a affiché hier un optimisme tous azimuts après cinq mois de guerre dans l'est de son pays, estimant que le pire du conflit était passé.
« Je n'ai aucun doute sur le fait que la partie principale et la plus dangereuse de la guerre est déjà passée, grâce à l'héroïsme des soldats » ukrainiens, s'est félicité M. Porochenko. Il s'est également dit certain que son plan de paix allait « fonctionner », malgré le refus complet des rebelles d'accepter ses offres de paix.
Le Parlement de Kiev avait entériné la semaine dernière à l'initiative de M. Porochenko le principe d'un « statut spécial » garantissant une plus grande autonomie aux régions séparatistes prorusses et une amnistie sous conditions pour les combattants. Mais les indépendantistes ont rejeté cette offre, prévoyant d'organiser leurs propres élections présidentielle et législatives le 2 novembre, soit une semaine après les législatives prévues dans l'ensemble de l'Ukraine, le 26 octobre. M. Porochenko a dit espérer que Moscou ne reconnaîtrait pas les scrutins que comptent organiser les séparatistes.
Geste de défiance
Mais, dans un geste de défiance, il a signé hier un décret ordonnant la fermeture des frontières de l'Ukraine avec la Russie, afin, selon un haut responsable des services de sécurité ukrainiens, d'empêcher des « agents subversifs » russes de pénétrer sur le territoire ukrainien en voiture. Si cette mesure vise, explique Kiev, à endiguer le flux d'armes et d'hommes en provenance de Russie, ses effets ne peuvent être que limités, la rébellion prorusse contrôlant 260 km des 2 000 km de frontières terrestres entre ces deux pays.
À un mois des élections législatives anticipées, Petro Porochenko, milliardaire ayant fait fortune dans le chocolat qui a été élu pour orienter l'Ukraine, au bord de la faillite, vers l'Europe après la destitution du président prorusse Viktor Ianoukovitch, a également présenté un plan de réformes économiques et sociales. L'objectif est de permettre en six ans à son pays de déposer un dossier d'adhésion à l'Union européenne, une perspective que personne n'évoque sérieusement à Bruxelles, l'idée d'une entrée de la Turquie étant déjà l'objet de débats et l'UE achevant à peine de digérer l'adhésion des pays d'Europe centrale. Parmi les priorités du projet de réforme : la lutte contre la corruption, une réforme de la justice et des forces de l'ordre, l'indépendance énergétique et une politique de dérégulation et d'allègements fiscaux pour les entreprises.
Pas de plus vers les Occidentaux, M. Porochenko a demandé au gouvernement de renoncer officiellement au statut de non-aligné de l'Ukraine, mesure ouvrant la voie à son entrée à terme dans l'Otan. Cette ex-république soviétique a ratifié la semaine dernière son accord d'association avec l'Union européenne, au grand dam de la Russie, qui dit craindre pour ses relations commerciales historiques avec son voisin. Kiev a cependant repoussé à fin 2015 l'entrée en vigueur de l'accord de libre-échange avec Bruxelles, visiblement afin d'apaiser Moscou.
Guerre du gaz et guerre tout court
Dans la guerre du gaz que se livrent Moscou et Kiev, Ukrainiens, Russes et Européens doivent se retrouver aujourd'hui à Berlin. La Russie a suspendu en juin ses livraisons de gaz à l'Ukraine, cette dernière refusant le prix plus élevé – 485,5 dollars les 1 000 m3 – imposé par les Russes à la suite de la destitution de M. Ianoukovitch. Bruxelles tente de promouvoir une solution provisoire aux termes de laquelle l'Ukraine paierait un prix différent en hiver et en été.
Les autorités de Kiev et les rebelles envisagent de mener des consultations sur l'« approvisionnement » en énergie à l'approche de l'hiver, y compris sur la question épineuse du charbon, a annoncé hier l'un des dirigeants séparatistes Andreï Pourguine, sans préciser de date pour le début de ces pourparlers.
Ces consultations, qui ont vocation a être menées dans le cadre du groupe de contact sur l'Ukraine, interviendraient alors que l'hiver approche à grand pas dans l'est séparatiste du pays, mais également à Kiev, qui dépend des fournitures en charbon du Donbass, dont Donetsk est le centre, pour alimenter ses centrales thermiques.
Pendant ce temps, sur le terrain, alors qu'une trêve semble globalement respectée depuis samedi à la suite de négociations à Minsk entre Ukrainiens, Russes et rebelles, un soldat de l'armée régulière a été tué hier par un tir de roquette près de Marioupol, au bord de la mer d'Azov.
L'intensité des combats semble cependant sans commune mesure avec celle qu'ils avaient atteint la période ayant précédé le cessez-le-feu du 5 septembre. Au total, plus de 3 200 civils et militaires ont péri dans les affrontements depuis avril, selon l'Onu.
(Source : AFP)


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