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Économie

L’aviation privée au Liban, un potentiel certain freiné par la conjoncture

Liban - Transport

Le contexte politico-sécuritaire qui s'est fortement dégradé au cours des dernières années s'est négativement répercuté sur le nombre de mouvements en jet privé enregistrés à l'aéroport de Beyrouth. Celui-ci a en effet baissé de près de 50 % depuis 2010. Face à cette situation, les compagnies redoublent d'efforts et misent sur l'excellence de leurs services.

19/09/2014

Même si tout n'est pas rose dans l'univers ultracompétitif de l'aviation privée, Naël Chehab n'échangerait sa place pour rien au monde.
Depuis son plus jeune âge, le jeune homme a toujours été passionné par le monde de l'aviation. Après avoir complété des études d'ingénierie aéronautique puis cumulé 12 années d'expérience dans le domaine de l'aviation privée, il finit par s'établir à son compte et lance la compagnie PrivaSky en 2013, qui rejoint dès lors le cercle très fermé des opérateurs de jets privés au Liban.
« Ce métier est extrêmement exigeant et nous nous devons de répondre à toutes les sollicitations, y compris de dernière minute ; l'erreur n'est pas permise et la concurrence acharnée. Cela étant, c'est aussi un métier fascinant », souligne-t-il.

 

Un secteur qui nécessite des compétences pointues
L'aviation privée désigne la branche du transport aérien consacrée au transport de passagers à la demande, que ces derniers soient en déplacement d'affaires ou qu'ils désirent effectuer un voyage touristique en tout confort.
Le prix d'affrètement d'un appareil se situe autour de 4 500/5 000 dollars de l'heure, selon les professionnels interrogés. Quant au nombre de compagnies opérant des jets privés au Liban, il serait aujourd'hui de trois ou de quatre, en fonction des estimations. Leur clientèle est essentiellement composée d'hommes d'affaires, mais comprend aussi des hommes politiques, des artistes, des familles ou des groupes d'amis.
L'aviation privée génère plusieurs centaines d'emplois parfois très spécialisés. De nombreux services parallèles sont en effet requis, à commencer par l'entretien mécanique « léger », les travaux plus importants étant effectués à l'étranger, comme en Suisse ou en France, explique Naël Chehab.
« Les types d'appareils (opérés par PrivaSky dans ce cas précis) vont des avions d'affaires très légers à 4 places aux jets de type Boeing BBJ ou Airbus ACJ en configuration VIP à 15-50 places (...) Les techniciens qui s'en occupent doivent d'abord pouvoir être agréés par le fabricant et leurs connaissances régulièrement mises à jour par le biais de formations ponctuelles », poursuit-il.
Les autres prestations techniques complémentaires comprennent l'assistance au sol, le ravitaillement en carburant, l'approvisionnement en eau, le nettoyage ou encore la restauration aérienne.

 

La conjoncture, encore et toujours...
Sur le plan régional, le transport aérien privé libanais pèse relativement peu : moins de 10 % du total des mouvements (atterrissage/décollage) en 2012, selon les chiffres communiqués il y a deux ans par l'Association de l'aviation d'affaires au Moyen-Orient.
Néanmoins, étant donné que l'aviation privée est « quasiment non existante » dans plusieurs pays du Moyen-Orient, comme le Koweït, Bahreïn ou encore le sultanat d'Oman, le Liban tire son épingle du jeu et demeure le troisième ou quatrième acteur régional, affirme le directeur général d'Executive Aircraft Services, le capitaine Nicolas Meszaros. Leader au Liban, sa compagnie détient quelque 70 % de parts de marché ; elle gère en outre une grande partie des services au sol fournis à d'autres transporteurs.
« Cela étant, 12 à 15 mouvements quotidiens au Liban ne sont pas très significatifs en comparaison avec les 150 mouvements enregistrés en moyenne en Arabie saoudite, le numéro un régional de l'aviation privée », ajoute-t-il. Et de déplorer que ce nombre aurait pu être bien plus important si la situation politico-sécuritaire à l'échelle locale et régionale n'avait pas découragé nombre de voyageurs étrangers.


« Ce n'est pas tant la crise économique que les turbulences dans la région, estime le capitaine Meszaros. Notre activité, sur le plan du transport comme des services au sol, a reculé. Nos clients étrangers ne viennent plus au Liban pour s'amuser, mais uniquement s'ils y ont quelque chose à faire. Leur nombre a fondu : de 90 % pour les Saoudiens et de près de 100 % pour les clients en provenance de Dubaï. »
« Le marché de l'aviation privée libanais connaît une croissance positive qui varie selon les périodes d'instabilité politique – comme tout autre marché », juge de son côté M. Chehab, même s'il concède que l'activité de l'aviation privée est effectivement en baisse à l'échelle du pays. « Avant l'instabilité politique régionale, l'aéroport de Beyrouth desservait environ 4 000 mouvements de jets privés par an. Les chiffres n'ont pas arrêté de baisser depuis : 3 000 en 2011, 2 700 en 2012, 2 200 en 2013 », indique-t-il.


Concrètement, que peuvent aujourd'hui faire les opérateurs de jets privés libanais pour se maintenir à flot, face à une situation politico-sécuritaire difficile dans bon nombre de pays de la région ?
Les professionnels interrogés misent unanimement sur l'investissement (matériel, en ressources humaines ...), la consolidation de la bonne réputation de leur compagnie ou encore la qualité de leurs services. « Je ne travaille qu'avec les entreprises les plus fiables et les plus réputées car un service de second ordre n'est pas une option », affirme en conclusion Naël Chehab, qui révèle avec fierté connaître « tous les goûts et toutes les habitudes de mes clients ».

 

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