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Moyen Orient et Monde

Un pari économique risqué pour les Écossais ?

Au moment de choisir leur bulletin de vote jeudi, les Écossais se demanderont si leur région deviendra plus prospère en cas d'indépendance ou si couper le cordon avec Londres comporte trop de risques économiques. Les partisans et les opposants de la sécession de la région septentrionale de la Grande-Bretagne, dont le poids économique équivaut à celui de la Finlande ou de l'Irlande, se sont écharpés pendant des mois pour convaincre.
D'après les nationalistes, rassemblés derrière le chef du gouvernement régional Alex Salmond, une Écosse indépendante serait plus à même de fixer ses impôts, d'orienter son économie et de gérer ses revenus pétroliers une fois débarrassée de la tutelle londonienne. Elle pourrait de surcroît, disent-ils, mener une politique redistributive plus en phase avec l'âme sociale écossaise, traditionnellement plus à gauche que la moyenne britannique, et sauvegarder la sécurité sociale (NHS) qui serait menacée de « privatisation rampante » par Londres. Bref, pour eux, les 5 millions d'Écossais sont les mieux à même de conduire leurs propres affaires.
Mais les unionistes, soutenus par les trois principaux partis de Westminster (conservateur, libéral-démocrate et travailliste), mettent en avant les dommages considérables que subirait une économie écossaise privée du soutien londonien. Ils vantent les vertus d'une union douanière, fiscale et monétaire de plus de 300 ans entre l'Écosse et ses voisins du Sud, qui a permis à la région de valoriser ses atouts sur le marché mondial. Et mettent en garde contre les inconnues d'une aventure indépendante, y compris pour les 270 000 emplois écossais directement liés au commerce avec le reste du Royaume-Uni.
Partisans et opposants de la sécession s'accordent au moins sur un point : en cas de victoire du oui le 18 septembre, s'ouvrira un grand marchandage entre Londres et Édimbourg pour fixer les conditions de leur divorce, avec une déclaration formelle d'indépendance prévue seulement le 24 mars 2016. « Cela donnerait 18 mois aux politiciens et aux juristes pour établir un plan de partage des biens et des dettes », résume James Knightley, du cabinet de recherche ING. Selon cet économiste, « les principaux sujets de négociation porteraient sur l'usage de la livre sterling, la répartition de la dette publique et celle des gisements pétrolifères ». Car l'Écosse obtiendrait sans nul doute la plus grosse part de la rente pétrolière britannique, les gisements de la mer du Nord étant très majoritairement au large de son territoire.


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