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Économie - Crise

La France repousse pour la troisième fois sa promesse de retour du déficit public à 3 % du PIB

Le déficit public, des collectivités territoriales et de la Sécurité sociale va même augmenter en pourcentage du PIB cette année, à 4,4 % du PIB, a admis le ministre français des Finances, M. Sapin. Archives/AFP

La France a annoncé hier qu'elle allait une nouvelle fois repousser, à 2017 au lieu de 2015, son objectif de réduction du déficit public sous la limite européenne de 3 % du produit intérieur brut, invoquant « une situation exceptionnelle » en Europe.
Le déficit public, différence entre les recettes et les dépenses de l'État, des collectivités territoriales et de la Sécurité sociale va même augmenter en pourcentage du produit intérieur brut (PIB) cette année, à 4,4 % du PIB contre 4,2 % l'an dernier, a admis le ministre français des Finances, M. Sapin.
Il devrait progressivement décroître à 4,3 % en 2015 et passer sous le seuil de 3 % en 2017, a-t-il dit.
La France avait déjà demandé par deux fois de remettre à plus tard cet engagement, sous la présidence de Nicolas Sarkozy puis sous celle de François Hollande.
La Commission européenne n'a pas tardé à réagir hier, appelant Paris à présenter « des mesures crédibles » pour son plan de réduction de dépenses dès 2015.
Le gouvernement tablait initialement sur un déficit public ramené à 3,8 % du PIB cette année et chutant à 3 % l'an prochain.
Mais ce scénario est perturbé par ce que M. Sapin a qualifié de « situation exceptionnelle » de l'économie en zone euro, « marquée par une croissance très faible cumulée avec un ralentissement de l'inflation ».
En employant l'expression « situation exceptionnelle », terminologie qui selon les traités européens permet de déroger aux objectifs budgétaires, M. Sapin a adressé un message implicite à la Commission, gardienne de la discipline budgétaire.
« Nous ne demandons pas la modification des règles européennes, nous ne demandons pas leur suspension, ni aucune exception », a-t-il toutefois précisé.
Le ministre a également corrigé hier ses prévisions de croissance pour la France : à 0,4 % cette année puis 1 % l'an prochain.
Il a précisé par ailleurs que la faible inflation, qui pèse sur les comptes publics en réduisant les recettes et en neutralisant certains efforts d'économies, devrait perdurer en France, avec un taux prévu à 0,5 % en 2014 puis 0,9 % en 2015.

Engagement sur les économies
Mais malgré cette croissance atone, l'économie française a recommencé timidement à créer des emplois au deuxième trimestre, avec 8 300 nouveaux postes (+0,1 %) dans le secteur marchand, a annoncé mercredi l'Insee.
Le ministre du Travail François Rebsamen a appelé les patrons à aller « plus vite » dans la création d'emplois dans le cadre du Pacte de responsabilité qui prévoit 40 milliards de réduction du coût du travail et d'impôts sur trois ans. Sur 50 branches professionnelles réunies jeudi par le ministre, 17 n'ont engagé aucune négociation.
Soucieux de compenser le mauvais effet, auprès de ses partenaires européens, de cette révision de la trajectoire de déficit, M. Sapin a donné un gage concernant la dépense publique. Faisant volte-face, il a annoncé que les économies sur la progression naturelle de la dépense publique de 21 milliards d'euros prévues l'an prochain seraient bien maintenues.
« La maîtrise des dépenses est une nécessité et nous irons jusqu'au bout de l'objectif de 50 milliards d'économies prévues jusqu'en 2017, à commencer par les 21 milliards d'économies prévues pour la seule année 2015 », a-t-il déclaré.
Il y a seulement une semaine, M. Sapin avait annoncé à l'AFP que cette première tranche des 50 milliards ne serait pas atteinte en raison du recul de l'inflation qui anéantit les économies calculées en n'indexant plus des dépenses ou prestations sur la hausse des prix.
« Les deux milliards d'économies qui ne seront pas réalisés à cause de la faiblesse de l'inflation seront donc compensés », a déclaré hier M. Sapin, annonçant ainsi des mesures d'économies, qui seront détaillées lors de la présentation du budget le 1er octobre. « Nous ne financerons plus rien par des augmentations d'impôts, uniquement par des économies », a-t-il déclaré plus tard à l'Assemblée nationale.
« Nous ne changeons pas de trajectoire. Le sérieux budgétaire reste l'engagement qui a été pris depuis le début (en 2012, NDLR) », a assuré le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.
Se disant « fière » du budget allemand prévu en équilibre pour 2015, la chancelière Angela Merkel a appelé à « une stricte discipline » estimant que « ce qui vaut pour l'Allemagne vaut aussi pour l'Europe ».

La France a annoncé hier qu'elle allait une nouvelle fois repousser, à 2017 au lieu de 2015, son objectif de réduction du déficit public sous la limite européenne de 3 % du produit intérieur brut, invoquant « une situation exceptionnelle » en Europe.Le déficit public, différence entre les recettes et les dépenses de l'État, des collectivités territoriales et de la Sécurité sociale va même augmenter en pourcentage du produit intérieur brut (PIB) cette année, à 4,4 % du PIB contre 4,2 % l'an dernier, a admis le ministre français des Finances, M. Sapin.Il devrait progressivement décroître à 4,3 % en 2015 et passer sous le seuil de 3 % en 2017, a-t-il dit.La France avait déjà demandé par deux fois de remettre à plus tard cet engagement, sous la présidence de Nicolas Sarkozy puis sous celle de François...
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