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Cinema- - Rencontre

Hymne à la femme orientale

« Rock the Casbah », réalisé par Laïla Marrakchi, brosse le portrait de la femme orientale. Unique et multiple. Entretien avec la réalisatrice marocaine ainsi qu'avec une des protagonistes du film, Nadine Labaki.

Extrait du film « Rock the Casbah » : lorsque les femmes se dévoilent.

C'est ainsi que Laïla Marrakchi décrit son film Rock the Casbah qu'elle est venue présenter au Liban : « Un hymne à la femme et non une révolte de femmes » (bien que le titre très rock and roll évoque fortement la révolution musicale). « Je fais un portrait de la femme orientale, ajoute-t-elle, avec ses contradictions, disparités, frustrations, mais aussi ses envies et ses désirs. » C'est donc à partir de la mort du patriarche incarné par le beau Omar (Sharif) que les masques vont tomber que la vérité va être dévoilée. « Je n'ai pas voulu mettre l'accent sur les rapports entre hommes et femmes (d'où le peu d'importance accordée au rôle masculin), mais rentrer dans l'intimité de ces dernières. »

 

Qui est Laïla Marrackchi ?
Entre Marock, le premier film de Marrakchi en 2005, et Rock the Casbah, presque dix ans d'intervalle où la réalisatrice marocaine a mûri et affûté son regard. « J'ai voulu être réalisatrice, dit-elle, parce que je veux dire et montrer. À l'époque de Marock, j'étais alors une gamine. En dix ans, j'ai eu le temps de devenir une maman et de comprendre un tas de choses qui m'ont armée dans la vie. » « Aujourd'hui, je suis la même partout. Je ne m'autocensure pas et ne juge personne non plus, continue-t-elle. Le regard que je porte à ces femmes est chargé de tendresse. » Un très bon casting parmi les meilleures actrices du monde arabe – notamment Hyam Abbas, Nadine Labaki, Morjane Alaoui – font rocker cette Casbah pour Laïla Marrakchi qui se définit comme « une porteuse de vérité... la mienne ».

 

Nadine Labaki, une femme multiple
Nadine Labaki, qui joue le rôle de Myriam dans ce film, est une femme accro au bistouri, car l'apparence physique est essentielle pour elle. Elle avoue avoir accepté ce rôle parce qu'elle aime varier les registres en premier lieu, et ensuite parce qu'elle a voulu donner un peu d'étoffe à ce caractère féminin quoique superficiel d'apparence, qui cache pourtant en profondeur des blessures secrètes.
« Lorsque Laïla m'a proposé le rôle, je l'ai tout de suite accepté car j'ai aimé le regard qu'elle portait sur le monde oriental. Un regard juste et sensible. Moi non plus je n'ai pas envie de juger mon caractère. Je comprends ces femmes qui ont toujours envie de séduire et qui ont peur des rides. Qu'est-ce qui réunit toutes ces femmes venues de l'Orient ? Des codes sociaux et familiaux qui les ont cloisonnées et ne leur ont pas permis de se libérer. »
Nadine Labaki est réalisatrice et actrice à la fois. A-t-elle intervenu dans le processus de réalisation ? « Chaque metteur en scène a sa vision intime de son film. L'acteur se doit de respecter cela. Certes je faisais quelques propositions à Laïla sans pour autant imposer quoi que ce soit. C'est important de se soumettre à la vision de l'autre. Pour ma part, je recherche cette confiance, ce laisser-aller (au metteur en scène) qui pourrait me révéler à moi-même. »


Multiple Nadine Labaki, aimant la mise en scène d'un film ou de la vie, l'actrice s'amuse à faire de son quotidien une éternelle découverte. « J'ai envie de jouer plusieurs rôles et d'avoir plusieurs visages. On est multiple, mais le fait d'être cloîtré dans une personnalité ne nous permet pas d'explorer cette multinature. C'est donc légitime qu'on puisse le faire au cinéma », dit-elle, amusée.
Le cinéma est-il donc un jeu pour elle ou un sujet grave? « Au fur et à mesure que j'avance dans ma carrière, je réalise pourquoi je tourne des films, répond Labaki.C'est l'arme la moins violente et la plus efficace. Un film n'est pas simplement raconter une histoire. Il peut changer des situations. C'est s'exprimer et crier à voix haute. Comme un cri au secours. C'est aussi cette capacité de figer plein d'émotions dans un instant ou de magnifier un moment. Si tu éclaires une fleur dans un vase ou tu la captes dans un angle différent, tu la magnifies. »
« Enfin, dit Nadine Labaki, porter un rôle est une expérience magnifique. Quel que soit le résultat du film, c'est le processus qui m'intéresse et qui me fait connaître de nouvelles familles de cinéma, de nouvelles personnes. Tout cela me nourrit et m'enrichit. »

 

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C'est ainsi que Laïla Marrakchi décrit son film Rock the Casbah qu'elle est venue présenter au Liban : « Un hymne à la femme et non une révolte de femmes » (bien que le titre très rock and roll évoque fortement la révolution musicale). « Je fais un portrait de la femme orientale, ajoute-t-elle, avec ses contradictions, disparités, frustrations, mais aussi ses envies et ses désirs. » C'est donc à partir de la mort du patriarche incarné par le beau Omar (Sharif) que les masques vont tomber que la vérité va être dévoilée. « Je n'ai pas voulu mettre l'accent sur les rapports entre hommes et femmes (d'où le peu d'importance accordée au rôle masculin), mais rentrer dans l'intimité de ces dernières. »
 
Qui est Laïla Marrackchi ?Entre Marock, le premier film de Marrakchi en 2005, et Rock the Casbah,...
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