Washington et des monarchies du Golfe, qui se réunissent aujourd'hui en Arabie saoudite, sont accusés de porter une part de responsabilité dans l'émergence de l'État islamique (EI), mais ont décidé d'agir, redoutant l'effet boomerang de politiques qui ont échoué, selon des experts. « C'est bien qu'ils essaient maintenant d'étouffer le monstre qu'ils ont alimenté, à défaut de l'avoir créé », affirme François Heisbourg de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). Frederic Wehrey, expert du Golfe et de la politique américaine au Moyen-Orient à l'institut Carnegie Endowment for International Peace, souligne les risques pris par les États-Unis « à chaque fois qu'ils jouent un jeu par procuration ». Les bénéficiaires de leur soutien peuvent finalement agir à l'encontre des « intérêts américains », notamment « en transférant des armes américaines à des acteurs hostiles », juge-t-il.
Et pendant trois ans, des hommes d'affaires, des religieux et des organisations caritatives d'Arabie saoudite, du Qatar et du Koweït ont financé des groupes armés sunnites rivaux en Syrie. Ils avaient l'accord tacite de leurs gouvernements qui, de concert avec Washington, Londres, Paris ou Ankara, se mobilisaient pour faire tomber le régime impopulaire de Bachar el-Assad, rappellent des experts. Il a été surtout question de l'Arabie saoudite et du Qatar, dont la rivalité a contribué à « la paralysie d'une opposition syrienne fragmentée », explique Frederic Wehrey. Mais le Koweït a aussi été une importante « source de financement pour des factions d'el-Qaëda au sein de l'opposition syrienne comme le Front al-Nosra », précise-t-il.
Les monarchies du Golfe sont conscientes de la menace que représente l'EI pour leur propre stabilité. Comme pour l'Afghanistan dans les années 1990, elles redoutent le retour de volontaires fanatisés ayant combattu en Syrie et en Irak. Le roi saoudien Abdallah a averti l'Occident qu'il serait la prochaine cible des jihadistes en l'absence de réaction rapide. « Si on les néglige, je suis sûr qu'ils parviendront au bout d'un mois en Europe et un mois plus tard en Amérique. »
Moyen Orient et Monde
Jihadistes : Washington et le Golfe redoutent l’effet boomerang de leurs échecs
OLJ / le 11 septembre 2014 à 00h00


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
QUELS "ÉCHECS" ? BIEN AU CONTRAIRE, ILS ONT EU CE QU'ILS RECHERCHAIENT, LA PARTITION DE CE "LEVANT" SYRO-IRAKIEN !
05 h 45, le 12 septembre 2014