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Nouvelle manche avec intrus

La ville s'anime, ça sent la rentrée. Toute l'activité est là, concentrée dans ce « Grand Beyrouth » pas bien grand et qui se surpeuple à vue d'œil dès la fin de l'été. Les rentrées sont rarement excitantes, mais celle-ci semble un peu plus poussive que les autres. L'environnement est glauque. Guerre à l'Est, guerre au Nord, tension au Sud et une première décapitation ne présagent pas une année florissante, mais cela, nous savons faire avec. Nous allons encore sortir notre panoplie de résilients, afficher ce sourire accablé qui nous sert d'armure et nous jeter dans le combat quotidien, comme si de rien n'était.
Les dinosaures que nous appelons par défaut notre « classe politique » vont encore nous servir ces discours creux avec lesquels ils croient justifier leurs salaires. Pour bien s'assurer qu'on les écoute, ou du moins qu'on est au courant qu'ils émettent des sons, la claque nourrie par leurs soins aux mamelles du Trésor public va encore affoler les braves habitants à l'heure où les enfants s'endorment. Allez savoir où ces veules fidèles vont puiser les munitions qu'ils gaspillent si bruyamment, entre balles de mitraillette et obus de mortier. C'est qu'ils ont la joie dangereuse. D'autres oisifs tiendront cette féria pour une provocation et attendront l'heure d'y répondre.
Le Liban a cru inventer la poudre en s'établissant comme le seul pays basé sur une démocratie confessionnelle. Il a en effet inventé la poudre, d'ailleurs, et s'est mué en poudrière. Si le modèle fonctionnait, il se serait exporté. Mais non. Nous en gardons jalousement l'exclusivité. Telle est notre exception : ce monstre à trois têtes, cet attelage ailé, dépareillé, sans cocher, qui part dans tous les sens et prend tous les trous d'air. Depuis le temps, nous vivons avec, tant bien que mal, sans trop savoir où il nous mène. Habitués aux tiraillements entre les divers pôles du pouvoir, nous avons, de guerre lasse, renoncé à nous y intéresser tout en en subissant, impuissants, les avatars.
Mais à peine nous sommes-nous fait une raison des diverses officines communautaires qui prétendent assurer notre sécurité, notre prospérité et l'avenir de nos enfants, que voilà un nouveau chien dans notre jeu de quilles. Le jihad est à nos frontières avec un tout nouveau modèle de gouvernance. Si le schéma de 1943 est dysfonctionnel, voici le néomédiéval prêt à l'emploi. Économique, il ne gaspille pas de munitions, privilégiant l'arme blanche au besoin, et même sans besoin. Créatif, il réinvente le minimalisme en imposant le noir en monochrome. Plus de souci avec les femmes : il les efface, voilà, elles n'existent plus, c'est plus simple que de les savoir en liberté. Le reste à l'avenant : programme scolaire unifié, l'islamisme (et non pas l'islam) pour tous, écologie comme au premier matin avec cueillette et élevage de chèvres dans le jurd.
De quoi nous aimer les uns les autres comme jamais nous nous sommes aimés. Bénies soient notre diversité, nos adversités, nos aversions. Elles nous immunisent contre la pensée unique, et c'est bien le seul cas de figure où notre système bancal peut présenter quelque vertu.

La ville s'anime, ça sent la rentrée. Toute l'activité est là, concentrée dans ce « Grand Beyrouth » pas bien grand et qui se surpeuple à vue d'œil dès la fin de l'été. Les rentrées sont rarement excitantes, mais celle-ci semble un peu plus poussive que les autres. L'environnement est glauque. Guerre à l'Est, guerre au Nord, tension au Sud et une première décapitation ne présagent pas une année florissante, mais cela, nous savons faire avec. Nous allons encore sortir notre panoplie de résilients, afficher ce sourire accablé qui nous sert d'armure et nous jeter dans le combat quotidien, comme si de rien n'était.Les dinosaures que nous appelons par défaut notre « classe politique » vont encore nous servir ces discours creux avec lesquels ils croient justifier leurs salaires. Pour bien s'assurer qu'on les...
commentaires (3)

Jihad ou Ijtihad les élèves sont sérieux mais les syndicats malchanceux , religion tabboulé tout est possible dans ce pays de contradictions .

Sabbagha Antoine

17 h 11, le 04 septembre 2014

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Commentaires (3)

  • Jihad ou Ijtihad les élèves sont sérieux mais les syndicats malchanceux , religion tabboulé tout est possible dans ce pays de contradictions .

    Sabbagha Antoine

    17 h 11, le 04 septembre 2014

  • Je vous avoue ne pas comprendre le lien entre le système confessionnel libanais et l'islamisme (dont la distinction avec l'islam relève du politiquement correct). L'exclusivité dont vous faites référence semble être une critique alors que la comparaison en politique est un art compliqué. Invitons par conséquent tous les amateurs de science politique à réfléchir à un système alternatif qui serait pérenne et efficace

    Olivier Georges

    12 h 55, le 04 septembre 2014

  • Combien est faux le point de vue Malsain qui fait comparaître le Grand-Liban devant le forum sectaire. C’est certainement lui faire une sorte d’injure que de le contraindre ; lui dont on devrait reconnaître la dignité souveraine ; à se défendre pour les Saines conséquences qu’il entraîne, à se justifier auprès de tous sectarismes qui se scandalisent de son existence millénaire. Il vient alors à l’esprit l’histoire de ce roi accusé de haute trahison envers ses propres sujets ! Aussi longtemps qu’une goutte de sang battra dans le cœur du Grand-Liban, cœur libre qui englobe l’infini, il s’écriera à l’adresse de ses multiples ennemis : "Impie n’est pas celui qui fait place nette des dieux du vulgaire, mais celui qui prête aux dieux les idées du vulgaire.". Le Grand ne se dissimule pas, il hait tous les dieux ; qui sont ses obligés ; et qu’il subit par eux un traitement inique est sa profession de foi, sa maxime contre ces dieux qui ne reconnaissent pas pour divinité suprême la conscience Saine qu’il a de lui-même. Quant aux couards qui se réjouissent de voir se dégrader en apparence sa haute position, il leur rétorque que contre une servitude pareille à la leur, qu’ils le sachent, il n’échangerait pas son malheur. Qu’il aime mieux être asservie à ce Mont Libanais, que de se voir fidèle messager d’un allâh ou d’un dieu. Le Grand-Liban étant le + noble des saints du calendrier Sain libanais, c’est ainsi qu’à des vaniteux, il lui sied de montrer sèchement leur fatuité !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    10 h 43, le 04 septembre 2014

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