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Liban - Liban

La décapitation du soldat Sayyed confirmée, l’EI menace un autre soldat du même sort

A Fnaydek, au Liban-Nord, la détresse des proches du soldat libanais Ali al-Sayyed, exécuté par les jihadistes de l'Etat islamique. REUTERS/Stringer

Les milieux du Comité des ulémas sunnites sont catégoriques : le soldat Ali Sayyed remis à l'armée a été bel et bien décapité.
De fait, des sources concordantes devaient par la suite révéler que l'examen ADN a permis de confirmer que le corps était bien celui du soldat Ali Sayyed.


La question qui reste posée est désormais de savoir pourquoi les jihadistes ont choisi de décapiter un sunnite en premier. Un choix qu'une source proche des ulémas explique par le fait que les groupes islamistes ont voulu donner d'emblée un message clair et fort, à savoir que « nous n'avons aucune ligne rouge et sommes prêts à commencer par les sunnites avant même les chiites ou les chrétiens ».
En attendant, l'État islamique (ex-Daech) ne perd pas du temps et reste fidèle à ses promesses macabres : un second soldat pourrait être assassiné d'un moment à l'autre. L'annonce a été faite par un certain Abou Massaab Hafid al-Baghdadi, qui se présente sur son compte Twitter comme lié à l'EI, quatre jours après la diffusion par l'EI d'une vidéo montrant la décapitation de Ali Sayyed.
« Je pense que l'État libanais se passerait de l'un d'eux », peut-on lire dans le tweet accompagné d'une photo présentée comme celle de neuf soldats libanais assis devant un drapeau de l'EI.
« L'État islamique aiguise son couteau pour éliminer l'un d'eux... Allez-vous négocier ? » est-il également écrit. (Note : le 3 septembre, le compte Twitter de Massaab Hafid al-Baghdadi était suspendu)

 

 

Selon une source proche des ulémas, Abou Massaab Hafid al-Baghdadi est un jihadiste libanais de Tripoli engagé dans les combats au Qalamoun depuis un certain temps.


Depuis l'épisode de Ersal et ses tragiques conséquences, le Liban vit un climat de paranoïa et s'attend au pire. Les menaces régulières du Front al-Nosra et de l'État islamique continuent de ponctuer la scène locale et le sort des otages reste lié aux conditions ascendantes et de plus en plus humiliantes à l'État que posent les jihadistes.

 

(Pour mémoire : Rifi dénonce la profanation des inscriptions religieuses sur un drapeau de Daech et fait polémique)


Hier, al-Nosra est revenu à la charge pour réclamer des excuses du patriarche maronite Béchara Raï après que de jeunes Libanais eurent brûlé un drapeau de l'EI à Achrafieh, rapporte le quotidien al-Hayat citant une source proche du Comité des ulémas musulmans.
« Le Front al-Nosra ne libérera pas les soldats et les gendarmes sans rien en retour », a affirmé cette source sous le couvert de l'anonymat. Le groupe réclame parallèlement la libération de plusieurs prisonniers islamistes détenus à la prison de Roumieh. Une question que l'État a choisi de garder confidentielle pour mieux garantir le succès de l'échange, comme l'affirment certains officiels, et ce quelles que soient sa forme et son ampleur.


En attendant, la décapitation du soldat libanais Ali Sayyed continue de secouer les esprits, et la révolte est de mise. Dans un communiqué, l'ONG Human Rights Watch (HRW) a qualifié cette décapitation de « crime de guerre ».


Quelque 30 militaires libanais, soldats et agents des Forces de sécurité intérieure sont toujours aux mains de deux groupes jihadistes, l'EI et le Front al-Nosra. Une dizaine de militaires ont été libérés à ce jour, dont cinq sunnites par le Front al-Nosra. Mais l'impatience a gagné les parents des otages qui ont continué d'exprimer leur colère en recourant à plusieurs moyens. Hier, dix-huit Syriens, qui étaient encore retenus en guise de rétorsion dans un hangar à Chmestar après l'enlèvement de militaires, ont finalement réussi à fuir en forçant la porte du hangar où ils étaient retenus.


Par ailleurs, les parents des otages ont poursuivi leur mouvement de protestation en coupant les routes en plusieurs endroits du pays. Dans la Békaa-Nord, la famille Hajj Hassan a ainsi coupé la route dans la localité de Harabta, protestant contre les menaces d'égorger leur fils Ali, qu'elle a reçues sur les médias sociaux.
D'autres familles ont recouru au même moyen, bloquant la route de Baalbeck-Homs, à l'entrée sud de la ville de Baalbeck, celle de Rayak-Baalbeck ainsi que Aabdeh-Tripoli, réclamant que soit accélérée la libération des militaires kidnappés.
À Chaat, dans la Békaa-Est, c'est une manifestation d'un autre type qui a été organisée par des hommes armés cette fois-ci, dont certains étaient encagoulés : les protestataires, qui s'insurgeaient à l'idée que l'État pourrait libérer des islamistes en échange des soldats otages, ont réclamé que justice soit faite en matière de libération des détenus. Ils ont ainsi demandé que soient libérés l'ensemble des prisonniers, notamment ceux qui ont commis des crimes de droit commun « dans le seul but de nourrir leurs familles ».
Un spectacle qui témoigne indiscutablement de la dégénérescence accélérée de l'État, préludant à l'incertitude la plus totale qui plane au-dessus des citoyens.

 

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Les milieux du Comité des ulémas sunnites sont catégoriques : le soldat Ali Sayyed remis à l'armée a été bel et bien décapité.De fait, des sources concordantes devaient par la suite révéler que l'examen ADN a permis de confirmer que le corps était bien celui du soldat Ali Sayyed.
La question qui reste posée est désormais de savoir pourquoi les jihadistes ont choisi de décapiter...

commentaires (1)

Que dire devant tant de barbarie moyenâgeuse..? si ce n'est humblement ,de présenter ses condoléances a la famille et aux proche de ce soldat.

M.V.

10 h 07, le 03 septembre 2014

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Commentaires (1)

  • Que dire devant tant de barbarie moyenâgeuse..? si ce n'est humblement ,de présenter ses condoléances a la famille et aux proche de ce soldat.

    M.V.

    10 h 07, le 03 septembre 2014

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