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Économie

Paris-Riyad : lune de miel prolongée ?

Le 1er septembre, François Hollande et les grands industriels français de l'armement accueilleront Salmane ben Abdel Aziz al-Saoud, prince héritier et ministre de la Défense d'Arabie saoudite. Cette visite s'inscrit dans le cadre d'une activité diplomatique accrue ces derniers mois entre les deux pays, et où les enjeux commerciaux tiennent une place majeure.

L'Arabie saoudite : un marché porteur pour la France
Le 17 juin dernier, la Chambre de commerce franco-arabe a organisé au Pavillon Dauphine un séminaire sur l'Arabie saoudite sous l'intitulé : « Les relations franco-saoudiennes : une nouvelle donne porteuse de perspectives économiques ». Le séminaire, ouvert par l'avocat d'affaires Mohammad ben Laden, président du conseil d'affaires franco-saoudien (et conseil dans le royaume de Thales, Bouygues et Aéroport de Paris, entre autres), a été l'occasion de présenter aux entreprises françaises les opportunités d'investissement en Arabie saoudite. La Chambre, présidée par l'ex-ministre des Affaires étrangères, Hervé de Charette, avait en effet programmé toute une série d'événements pour cette année afin de promouvoir les échanges entre les deux communautés d'affaires. En 2013, les échanges commerciaux entre les deux pays ont progressé de 9 % par rapport à 2012, pour atteindre près de 9,5 Mds de dollars.
En effet, le marché saoudien présente d'excellentes opportunités pour les PME-ETI françaises, pas assez présentes de l'avis général, mais dont certaines occupent déjà de bonnes positions dans des secteurs tels que le luxe et les cosmétiques, l'agroalimentaire ou les services financiers. Mais ce qui intéresse le plus les autorités françaises, ce sont les grands contrats des secteurs de l'armement, des infrastructures et de l'énergie.

Équipements français pour l'armée saoudienne
En mars dernier c'est l'émir Salmane ben Sultan, vice-ministre de la Défense du royaume, qui s'était déplacé à Paris. À l'occasion de cette visite, la presse s'est fait le relais de discussions autour du mégacontrat Sawari 3 qui concerne 6 frégates multimissions et 5 sous-marins pour DCNS pour un montant d'au moins 10 Mds d'euros. A également été évoqué le contrat Mark3, convoité par Thales, qui concerne des missiles de défense aérienne de courte portée, estimé à 4 Mds d'euros. Ces deux contrats ont déjà fait l'objet d'un intense lobbying lors de la visite de François Hollande en Arabie saoudite fin 2013, mais sans réels résultats.
Par ailleurs, Riyad s'est engagé à octroyer 3 Mds de dollars à l'armée libanaise afin que celle-ci, faiblement équipée, puisse se procurer des armes françaises, sans préciser le type d'équipement et calendrier de livraison. Un milliard additionnel a été annoncé récemment, durant les combats opposant les militaires libanais aux jihadistes de l'État islamique à Ersal.
Il faut savoir que l'Arabie saoudite est le 1er client de la France dans le secteur de l'armement. La majorité de sa flotte provient des chantiers navals français, la totalité des systèmes de missiles sol-air mobiles de la défense aérienne et les nouveaux canons de la Garde nationale sont également français. L'État et les grands groupes de défense français ont même créé en 2008 une société, Odas, pour représenter dans le royaume les intérêts des industriels de l'armement.

Des perspectives dans le nucléaire civil
L'Arabie saoudite, dans le cadre d'un programme de diversification énergétique, envisage de se doter de 16 réacteurs nucléaires d'ici à 2030, pour un budget estimé à plus de 100 Mds de dollars. Là encore, la France a mis, avec sa technologie EPR, toutes les chances de son côté. En effet, un accord bilatéral pour le développement des utilisations pacifiques de l'énergie nucléaire a été signé le 22 février 2011 (il a été ratifié le 3 février 2013 par le Conseil des ministres saoudien). Il vise à développer la coopération entre les deux pays dans les domaines institutionnel, industriel, de la formation et de la recherche. Le groupe EDF (Électricité de France), premier producteur d'électricité nucléaire au monde, en partenariat avec un autre groupe français Areva, compte avoir la part du lion.
Sous la houlette de Henri Proglio, qui jouit d'un excellent réseau dans la région (c'est notamment sous son mandat que Veolia a décroché le contrat de gestion des services de l'eau de la ville de Riyad), le groupement français a signé, lors de la visite de François Hollande, des mémorandums d'entente avec 5 groupes industriels saoudiens. EDF a même acté la création d'une coentreprise avec le groupe saoudien GEHC (Global Energy Holding Company). Elle aura pour mission de réaliser des études de faisabilité de projets nucléaires basés sur la technologie EPR.
Autre bon signe, en juin dernier EDF a accueilli une quarantaine d'étudiants saoudiens, venus pour des stages de longue durée, afin de les former à la technologie nucléaire française.
Par ailleurs, le groupe français, via sa filiale Énergies nouvelles, a pris un autre intermédiaire pour participer au programme local de développement de l'énergie solaire. En effet, le royaume qui souhaite diversifier son mix énergétique compte investir 109 Mds de dollars afin de produire 41GW par énergie solaire d'ici à 2032.
Au regard du contexte politique et sécuritaire au Moyen-Orient, et les positions françaises sur les dossiers syrien et iranien, la lune de miel entre l'Arabie saoudite et la France semble partie pour durer encore quelques années. Une revanche pour le royaume, qui était délaissé pendant tout le quinquennat de Nicolas Sarkozy, au profit de son concurrent dans la région, le Qatar.

Le 1er septembre, François Hollande et les grands industriels français de l'armement accueilleront Salmane ben Abdel Aziz al-Saoud, prince héritier et ministre de la Défense d'Arabie saoudite. Cette visite s'inscrit dans le cadre d'une activité diplomatique accrue ces derniers mois entre les deux pays, et où les enjeux commerciaux tiennent une place majeure.
L'Arabie saoudite : un marché porteur pour la FranceLe 17 juin dernier, la Chambre de commerce franco-arabe a organisé au Pavillon Dauphine un séminaire sur l'Arabie saoudite sous l'intitulé : « Les relations franco-saoudiennes : une nouvelle donne porteuse de perspectives économiques ». Le séminaire, ouvert par l'avocat d'affaires Mohammad ben Laden, président du conseil d'affaires franco-saoudien (et conseil dans le royaume de Thales, Bouygues et Aéroport de...
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