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Liban

Le coup de neuf du musée Nicolas Sursock : symbiose de l’ancien et du moderne

Beyrouth

L'aménagement d'espaces de 7 000 m² creusés sous le jardin, la mise aux normes et la restauration du bâtiment existant de 1 500 m², ainsi qu'une muséographie moderne façonnent la nouvelle image du musée Nicolas Sursock. Son inauguration est prévue en 2015, avec l'exposition « Regards sur Beyrouth 1800-1960 », 160 ans de peintures, de dessins et de photographies, annonce la conservatrice du musée, Sylvia Ajémian.

23/08/2014

Le musée Nicolas Sursock bénéficie d'un nouvel écrin réalisé par les deux architectes Jacques Abou Khaled et Jean-Michel Wilmott. Les travaux de rénovation, d'extension et d'aménagement muséographique lancés en 2001 sont enfin achevés. Les problèmes liés au permis de construire, à la guerre de 2006 et « autres complications », selon l'architecte Jacques Abou Khaled, ont bousculé les échéances modifiant le calendrier établi à l'origine. Aujourd'hui, le bâtiment est prêt. Il s'étend sur 8 500 m²,
ce qui représente six fois sa superficie d'origine. Cette ambitieuse extension va permettre à l'institution de prendre un nouveau départ, associant avenir, présent et passé.


Tout d'abord, le vieux bâtiment. Ce magnifique modèle d'architecture inspiré du style mauresque, édifié en 1912 et légué à la ville de Beyrouth en 1951 par Nicolas Ibrahim Sursock pour en faire un musée d'art, a été remis aux normes et réhabilité dans le respect de la tradition. Les travaux entrepris ont débouché sur deux surprises : en démontant les boiseries du salon arabe et du bureau du donateur pour être nettoyées et restaurées par la maison Michel et Camille Tarazi, des peintures murales et des plafonds peints ont été mis au jour. Aujourd'hui, ils restent protégés par les lambris qui leur ont permis de traverser tout un siècle, et un ouvrant a été pratiqué dans un panneau au-dessus d'une fenêtre pour les rendre visibles à la demande. De même, le sol du bureau débarrassé de sa moquette a révélé son revêtement ancien. « Et contrairement à ce que nous pensions, le perron et les escaliers à double volée menant au bâtiment n'étaient pas en pierre, mais en mix de béton et de brique, fait observer M. Abou Khaled. Nous les avons entièrement reconstruits à l'identique, après moulage des éléments d'origine. »

 

Le vieux bâtiment réhabilité.


Située au deuxième étage, la grande salle d'exposition de 300 m² a été « totalement remodelée » et équipée d'un nouveau système d'éclairage. Elle présente maintenant une configuration variable : des cloisons mobiles pivotent, coulissent, se rangent complètement pour créer des zones fermées ou ouvertes, s'adaptant en termes d'espace aux exigences spécifiques d'un accrochage. Quant au troisième étage, aux lignes épurées et résolument contemporaines, il accueille les bureaux de l'administration.

 

Un ensemble architectural dédié à l'art
L'accès principal au musée s'effectuera désormais via une entrée sous le perron, débouchant sur un rez-de-chaussée destiné à l'accueil et à différents services (information, billetterie, vestiaires et deux surfaces d'exposition). Le lieu, desservi par des escaliers et ascenseurs reliant les étages aux niveaux inférieurs, détermine les grands axes de circulation du musée. « Cela permet d'une part de contrôler toutes les entrées et, de l'autre, d'orienter les visiteurs vers le musée ou vers les espaces dévolus aux expositions temporaires, en fonction de ce qu'ils viennent voir », explique l'architecte Jacques Abou Khaled.
Tour d'horizon de cet ensemble architectural de grande qualité et où, des sols aux murs, en passant par les plafonds, la tonalité des matériaux utilisés (peinture, pierre et bois de chêne) reste neutre « pour permettre la mise en valeur des œuvres ». Et afin qu'elle puisse vieillir harmonieusement, cette extension que les deux architectes Jacques Abou Khaled et Jean Michel Wilmott ont voulue sobre et élégante, sans trop de détails apparents, a été conçue selon des critères rigoureux.

 

Le master plan signé J.-M. Wilmott et Jacques Abou Khaled

 

Au premier sous-sol, le hall central à double volume est relié directement par une passerelle en verre à la bibliothèque-médiathèque, qui propose la consultation de documents imprimés, audiovisuels et électroniques. Pour mener une recherche à titre universitaire ou personnel, ou pour préparer une visite du musée, 40 ordinateurs donnent accès à la documentation et des liens vers des sites Internet.
Le niveau -2 dispose d'un auditorium multifonctionnel destiné à accueillir une variété d'événements : théâtre, concerts, conférences ou projection de films. « Il est pourvu d'une petite arrière-scène, de deux passerelles techniques, d'un équipement d'interprétation simultanée, d'un écran de neuf mètres de large, et offre même une bonne acoustique », précise M. Abou Khaled. Le lieu, qui peut recevoir 148 personnes, est doté d'un balcon d'une capacité de 20 sièges.
Au 2e sous-sol, toujours, une salle d'exposition à double volume déroule d'un seul tenant 650 m². Six lanterneaux diffusent une lumière zénithale. Une grande pièce attenante dite « salle de préparation » sert à déballer les œuvres acheminées par un ascenseur monte-charge (qui est aussi monte-voiture). Se fondant totalement avec les murs, les portes gigantesques sont conçues comme des coffres-forts pour offrir une résistance maximale en cas d'agression. Une salle complémentaire est consacrée à la présentation des installations d'artistes.

 

Le restaurant et la boutique dans leur enveloppe de verre.

 

Bookshop et resto
Par contre, les 3e et 4e sous-sols ne sont pas accessibles au public. Et pour cause, le premier est dévolu à l'atelier de restauration, au dépôt des réserves du musée où « les murs sont en double volume », ainsi qu'à la salle de vidéosurveillance et aux vestiaires du personnel. Le parking d'une capacité de 30 voitures, les groupes électrogènes et les salles de transformateurs occupent le dernier niveau.
Quant à la cafétéria (qui sera gérée par Joanna Kassem Debbas, alias Kitch) et la librairie-boutique, elles s'installent au jardin. Leur enveloppe d'un « verre spécial », selon l'architecte, les protège de la chaleur et de la lumière excessive, et leur assure une transparence sur le jardin et le musée. Incitant même ainsi les passants à s'aventurer dans le nouvel ensemble muséographique pour s'offrir une véritable promenade culturelle et architecturale.

 

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M.V.

Heureusement que ce trésor de l'architecture du patrimoine Beyrouthin fut réhabilité...

Skamangas Stelios

L'attente valait la peine. Felicitation aux architectes: c'est une réussite. J'ai hâte de revenir à Beyrouth pour redécouvrir le Musée Sursock
et me rappeler la décade heureuse de notre jeunesse, et le bouillonement culturel des années soixante.
Bonjour à Sylvia Ajemian et à bientôt. Stelio

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