Face à la progression de l’armée ukrainienne et des combats de plus en plus meurtriers, le « ministre de la Défense » séparatiste, le Russe Igor Strelkov, a présenté hier sa démission. Maxim Zmeyev/Reuters/Files
L'armée ukrainienne a repris hier le contrôle le village de Novosvitlivka, sur la route entre le bastion insurgé de Lougansk et la frontière russe, coupant ainsi l'itinéraire qu'est censé emprunter le convoi humanitaire envoyé par Moscou à destination de la ville de l'est de l'Ukraine.
Pendant ce temps, à Donetsk, bastion des rebelles qui comptait un million d'habitants avant les hostilités, d'intenses tirs à l'arme lourde ont touché plusieurs bâtiments dont le siège du parquet occupé par les insurgés et une université, provoquant la mort d'au moins quatre personnes. Le quartier a été quadrillé par des rebelles armés, qui ont indiqué que deux obus étaient tombés sur le siège de la police, également occupé par les insurgés, tandis que de fortes explosions retentissaient à intervalles réguliers. Dans la région de Donetsk où l'armée ukrainienne mène son offensive resserrant l'étau autour de la ville, 74 civils ont été tués en trois jours, selon l'administration régionale. À Lougansk, autre bastion prorusse dans l'est du pays, 22 civils ont été tués après que des obus eurent touché un autobus, un magasin et plusieurs immeubles d'habitation. Dans ce contexte, Washington a exhorté hier l'Ukraine à la « retenue » afin de réduire le nombre de victimes civiles lors des combats avec les rebelles prorusses.
Face à la progression de l'armée ukrainienne et des combats de plus en plus meurtriers, deux chefs rebelles, dont le « ministre de la Défense » séparatiste, le Russe Igor Strelkov, ont présenté hier leur démission. Un peu plus tôt hier, le chef séparatiste de Lougansk, Valery Bolotov, avait également déclaré à la télévision russe qu'il quittait ses fonctions « provisoirement » en raison « de blessures » datant du mois de mai. La semaine dernière, c'était le « Premier ministre » de Donetsk, le Russie Alexandre Borodaï, qui avait donné sa démission.
De son côté, en visite en Crimée, péninsule ukrainienne rattachée en mars à la Russie, le président Vladimir Poutine a estimé hier que la Russie ne devait pas « se couper du reste du monde », alors que ses relations avec l'Occident sont au plus bas en raison de la crise. Il a qualifié de « chaos sanglant » et de « conflit fratricide » les événements en Ukraine et a appelé à un cessez-le-feu urgent. Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a réagi avec prudence hier à ces déclarations apaisantes de M. Poutine sur la crise ukrainienne et appelé le président russe à traduire ses propos en actes.


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