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O Captain ! My Captain !

Ce n'est pas vraiment la saison pour parler écoles, quoique. L'actualité nous rattrape et le soulèvement du corps enseignant en ce mois d'août ne nous laisse pas indifférents. Les résultats du bac sont suspendus, ce qui entrave les perspectives universitaires de toute une promotion. Les enseignants revendiquent des droits salariaux et les élèves se sentent pris en otage, leurs copies, leurs longues semaines de révisions, leurs angoisses à la veille des épreuves ayant été transformées en monnaie d'échange pour faire pression sur le gouvernement. Certes, la cause est légitime, mais le procédé manque de panache, surtout venant des « maîtres », ces personnes exemplaires s'il en est, puisque leurs moindres faits et gestes sont observés au quotidien par des milliers de cervelles vierges. Chacun de nous a charge d'âmes ; les enseignants ont charge d'esprits. Le boycott des corrections, en l'occurrence, est une idée bon marché, un chantage qui correspond mal à une classe professionnelle de toutes ses capacités, orientée vers la transmission des richesses culturelles et des valeurs morales.
Cela dit, au même titre que les militaires et même davantage, les enseignants ont droit à la considération et à la reconnaissance de la patrie. Ils méritent de percevoir des salaires à la hauteur de leur dévouement. Leur métier, dans le monde entier, devient des plus ingrats. Au Liban, les guerres et les crises successives, les déplacements de populations, l'appauvrissement galopant de la classe moyenne ont engendré une société à la fois coupée de ses racines, et donc de son passé, et terrifiée par l'avenir pour lequel elle ne prévoit rien. Pas d'héritage, pas de transmission, pas de projection. Ainsi sont la plupart des jeunes dont l'instruction (et souvent l'éducation) est confiée à ces maîtres : des êtres privés d'exemples et dépourvus d'ambition. Il est loin le temps où nos pères sacrifiaient un repas pour acheter un livre. Aujourd'hui, les instituteurs héritent de ces consciences désertes, à charge pour eux d'y installer quelques commodités.
Ce peu qu'ils arrivent à inculquer à leurs ouailles, il faut imaginer l'énergie qu'il leur faut déployer pour y parvenir, les marécages qu'il leur faut assainir pour y introduire quelque culture utile et viable. Enseignant, ce n'est pas un métier, c'est un sacerdoce. À la passion de la transmission s'ajoute, à force, un talent de comédien, de dompteur. Le charisme du maître, quand on a eu la chance de le connaître, vous marque à jamais. Plus que les victoires militaires, plus que la prospérité économique, l'avenir d'un pays est tributaire des « sirènes qui chantent au fond d'une voix cassée qui tout à coup vous dévoile un chef-d'œuvre », dont parle l'Hadrien de Yourcenar. C'est une des raisons du succès planétaire du « Cercle des poètes disparus » dont le héros campé par Robin Williams laisse toute une génération d'étudiants orphelins d'un rêve, celui du maître idéal. Soutenons nos maîtres dans leurs revendications, il y va de notre postérité. Ne les laissons pas recourir à des attitudes mesquines, il y va de la dignité de nos enfants.

Ce n'est pas vraiment la saison pour parler écoles, quoique. L'actualité nous rattrape et le soulèvement du corps enseignant en ce mois d'août ne nous laisse pas indifférents. Les résultats du bac sont suspendus, ce qui entrave les perspectives universitaires de toute une promotion. Les enseignants revendiquent des droits salariaux et les élèves se sentent pris en otage, leurs copies, leurs longues semaines de révisions, leurs angoisses à la veille des épreuves ayant été transformées en monnaie d'échange pour faire pression sur le gouvernement. Certes, la cause est légitime, mais le procédé manque de panache, surtout venant des « maîtres », ces personnes exemplaires s'il en est, puisque leurs moindres faits et gestes sont observés au quotidien par des milliers de cervelles vierges. Chacun de nous a charge d'âmes...
commentaires (3)

LE MARATHON DE L'ABRUTISSEMENT SUR LA VOIE DE LA GRÈCE... CONTINUE !!!

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

17 h 56, le 14 août 2014

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Commentaires (3)

  • LE MARATHON DE L'ABRUTISSEMENT SUR LA VOIE DE LA GRÈCE... CONTINUE !!!

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    17 h 56, le 14 août 2014

  • On devra sauver cette génération d'étudiants orphelins , enseignants pour une fois soulagez votre conscience si vous en avez encore.

    Sabbagha Antoine

    16 h 18, le 14 août 2014

  • les enseignants ont raison de vouloir un ajustement de leur salaire MAIS ILS ONT TORD DE FAIRE PAYER LE PRIX AUX ELEVES DONT ILS ONT LA CHARGE D'EDUQUER c'est une honte de faire perdre un an a des eleves qui ne sont pas responsables de ce qui arrive aux proffesseurs Une fois de plus c'est nos dirigeants qui sont responsables mais il est evident qu'ils s'en moquent comme de l'an quarante, ce qui compte c'est que eux recoivent leurs salaires et de proroger leur fonctions pour encore et encore des annees alors qu'ils boycottent ( certains ) meme les sceances

    LA VERITE

    13 h 28, le 14 août 2014

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