La Réserve fédérale américaine à Washington. Karen Bleier/AFP/Archives
La reprise économique dans le monde et aux États-Unis a été « décevante » et une faible croissance de la productivité pourrait se prolonger, a estimé le numéro deux de la banque centrale américaine (Fed), Stanley Fischer, hier.
Dans un discours diffusé à Washington qu'il devait prononcer à Stockholm, le vice-président de la Fed a relevé que depuis la fin de la récession en juin 2009, la croissance espérée n'a pas été au rendez-vous, montrant « une série de déceptions ».
« Cela prend du temps à la production de revenir à son niveau d'avant la crise, après une crise financière et bancaire », a affirmé M. Fischer, dans sa seconde intervention depuis qu'il a rejoint la Fed en mai.
Mettant en avant les capacités inutilisées de l'économie, au niveau de l'emploi comme de l'investissement, « il se peut que nous entrions dans une période de croissance de productivité plus lente », a-t-il ajouté.
M. Fischer a souligné que « la faiblesse inhabituelle » du secteur immobilier continuait de « peser sur la reprise », citant les difficiles conditions d'accès au crédit et le nombre de maisons qui restent à un prix inférieur à l'encours du prêt hypothécaire.
Du côté du marché du travail, M. Fischer s'est inquiété de la chute du taux de participation au marché de l'emploi, qui s'explique, selon lui, non seulement par « le vieillissement de la population » mais aussi « par les chômeurs découragés qui abandonnent » la recherche d'un emploi.
« Un renforcement de l'activité devrait attirer le retour de ces travailleurs sur le marché, même si leurs qualifications se sont émoussées au cours des dernières années », a-t-il assuré.
Dans ces conditions, le numéro deux de la Fed considère que l'assouplissement monétaire exceptionnel mené par l'institution avec les achats d'actifs « a été en grande partie un succès ». M. Fischer n'évoque pas de calendrier pour un retour à une politique monétaire normalisée et une première hausse des taux.
Il estime que la banque centrale dispose d'autres outils techniques pour agir sur les taux comme la hausse des intérêts sur les réserves excédentaires des banques ou des opérations de pension.
Évoquant la régulation des banques, il a indiqué qu'il serait demandé aux grands établissements bancaires, dans le cadre de leurs scénarios de démantèlement (« living will »), d'émettre des dettes à long terme convertibles en capital en cas de faillite (bail-inable debt).


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine