Yuri Lashov/AFP
Donetsk, fief des séparatistes prorusses, a subi hier un pilonnage d'artillerie, alors que Moscou a jugé hier qu'un cessez-le-feu est « indispensable ». Dans une maternité du centre-ville, une explosion a ainsi soufflé les vitres hier. Les mères et les nouveau-nés s'abrtaient dans une cave jusqu'ici utilisée pour conserver du matériel médical stérilisé, selon une journaliste de l'AFP. « Nous avons déjà eu trois naissances dans la cave, dont une ce matin même », raconte Marina Ovsianik, responsable de l'établissement. L'armée ukrainienne a en outre annoncé hier avoir « resserré au maximum l'étau » autour de Donetsk et avoir tiré contre les bases rebelles en leur infligeant « de lourdes pertes », après les avoir appelées à déposer les armes. Trois soldats ont été tués et 27 blessés en 24 heures, a annoncé le porte-parole militaire Andriï Lyssenko. Il a également fait état de « combats acharnés » à Krasny Loutch, ville de 120 000 habitants à 65 km au nord-ouest de Lougansk, dont le contrôle permettrait selon Kiev de bloquer l'acheminement d'aide aux séparatistes de Donetsk depuis la Russie. Face à cette situation qui se dégrade pour les civils dont 300 000 ont déjà fui vers la Russie et les autres régions de l'Ukraine, Moscou a proposé de mener une mission humanitaire dans l'est de l'Ukraine. Une idée fermement rejetée par les Occidentaux qui craignent une intervention russe sous prétexte d'une mission humanitaire. Le président ukrainien Petro Porochenko, après des discussions avec des dirigeants du CICR, s'est quant à lui dit prêt à accepter une mission humanitaire à Lougansk, une autre capitale régionale, à condition qu'elle soit internationale, non armée et passe par des postes-frontières contrôlés par Kiev. Par ailleurs, la Russie a libéré et remis aux autorités de Kiev cinq soldats ukrainiens qu'elle détenait depuis vendredi sur des accusations de « crimes de guerre », les enquêteurs russes ayant reconnu leur innocence, a annoncé hier M. Lyssenko. C'est dans ce contexte que le musicien et acteur américain de films d'action Steven Seagal a donné un concert le week-end dernier en Crimée sur une scène décorée avec le drapeau des séparatistes prorusses en Ukraine, à l'occasion d'un rassemblement de motards dans la ville de Sébastopol. L'acteur américain et Vladimir Poutine, qui entretient une image d'homme fort, sont amis depuis longtemps et se voient régulièrement, avait déclaré Dmitri Peskov, le porte-parole du président russe l'année dernière, à l'occasion d'une visite de Seagal à Moscou pour promouvoir les arts martiaux.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
De quoi se mêle-t-il, celui-là? L'art et la politique ne font pas bon ménage.
07 h 57, le 11 août 2014