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Moyen Orient et Monde

Aidés par les frappes US, les peshmergas tiennent tête à l’EI

Des peshmergas participent à un déploiement sécuritaire de grande envergure pour contrer l’avancée de l’État islamique. Ari Jalal/Reuters

Alors que les forces kurdes ont subi ces derniers jours plusieurs revers face aux insurgés sunnites, menés par les jihadistes de l'État islamique (EI), elles ont repris la main hier, au troisième jour des frappes aériennes menées par les États-Unis.
« Les peshmergas ont libéré Makhmour et Gwer (...) Le soutien aérien américain a aidé », a affirmé un porte-parole des forces kurdes, Halgord Hekmat. Un responsable régional a confirmé cette information, en faisant état de combats meurtriers. Makhmour et Gwer, prises il y a quelques jours par des insurgés sunnites, sont situées au sud-ouest de la capitale du Kurdistan irakien, Erbil, vers laquelle ils avancent depuis début août. Les États-Unis, qui se sont retirés d'Irak il y a près de trois ans, ont commencé vendredi à mener des frappes contre les positions des insurgés. Hier, les forces américaines ont poursuivi leurs attaques, affirmant avoir mené « avec succès de multiples frappes aériennes, tant avec des avions qu'avec des drones, pour défendre les forces kurdes près d'Erbil, où des personnels et des citoyens américains sont stationnés ».

 

500 yazidis...
L'avancée de l'EI a poussé plus de 200 000 personnes sur les routes avec notamment la prise de Qaraqosh, plus grande ville chrétienne d'Irak située entre Mossoul et Erbil, et de Sinjar, bastion des yazidis, une minorité kurdophone non musulmane, à l'ouest de Mossoul. Nombre de yazidis sont piégés dans les arides montagnes environnantes, menacés autant par la faim et la soif que par les jihadistes.
Selon des responsables yazidis et des témoins, des dizaines d'hommes de la communauté ont été exécutés par les jihadistes quand ils ont attaqué Sinjar et des dizaines d'autres personnes sont mortes de déshydratation ou par manque de médicaments dans les montagnes où elles se sont réfugiées. Au moins 500 yazidis ont ainsi trouvé la mort, certains enterrés vivants, a déclaré hier le ministre irakien des Droits de l'homme, Mohammad Chia al-Soudani.
Il y a également des craintes sur le sort de femmes yazidies qui auraient été enlevées et réduites à l'état d'esclaves par des insurgés, mais ces informations n'ont pas pu être vérifiées par l'AFP. Une députée yazidie, Vian Dakhil, avait assuré samedi qu'il ne restait plus qu'« un ou deux jours pour aider (les déplacés dans les monts Sinjar). Après, ils vont commencer à mourir en masse ». Hier, cette parlementaire et d'autres responsables ont indiqué qu'entre 15 000 et 30 000 d'entre eux étaient parvenus à fuir les monts Sinjar, avec l'aide des forces kurdes, et avaient trouvé refuge au Kurdistan irakien, après être passés par la Syrie. Mais selon Mme Dakhil, il en reste « des milliers dans la montagne » et « le passage n'est pas sûr à 100 % ».

 

« Effaré et incrédule... »
Dans ce contexte, les États-Unis, qui ont retiré une partie de leur personnel de leur consulat à Erbil, ont aussi largué de nouvelles cargaisons de vivres, 52 000 repas au total depuis jeudi soir, et des conteneurs d'eau à destination des « milliers de citoyens » menacés sur les monts Sinjar, selon le Pentagone. Le Royaume-Uni a également commencé hier à larguer de l'aide. Et lors d'un déplacement en Irak visant à superviser la livraison de 18 tonnes d'aide, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a appelé les Irakiens à l'unité pour « mener la bataille contre le terrorisme », promettant le soutien humanitaire mais pas militaire de Paris. Pourtant, en soirée, le ministre a déclaré que la France, en liaison avec les autres pays européens, va examiner la possibilité de livrer « de manière sûre » des armes aux Kurdes et aux Irakiens. Il répondait ainsi à l'appel du président du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, d'armer les Irakiens face aux jihadistes.
Pendant ce temps, au Vatican, le pape s'est dit « effaré et incrédule » face aux informations relatant les « violences de tout type » en Irak, et a appelé à « une solution politique efficace au niveau international et local » pour les stopper. L'Union européenne a dénoncé pour sa part des « crimes contre l'humanité » dans les zones où progressent les jihadistes, évoquant des « persécutions et des violations des droits humains fondamentaux ». Et à Erbil, Mgr Dominique Lebrun, évêque de Saint-Étienne en France, a dénoncé une « extermination des minorités » dans la région et serait pour une action armée contre les jihadistes. Le patriarche de l'Église chaldéenne en Irak, Mgr Louis Sako, lui, s'est dit déçu hier de la portée de l'intervention américaine qui ne vise selon lui qu'à protéger la capitale du Kurdistan irakien et offre peu d'espoir d'une défaite des jihadistes et d'un retour des déplacés.
Malgré cette pression internationale qui pèse sur lui ces derniers jours, le Parlement irakien a reporté hier au 19 août une session faute de consensus entre les députés sur le choix du Premier ministre, selon plusieurs députés. « Il ne peut y avoir aucune explication à ce report, a indiqué Ammar Toma, un député chiite. Il y a des questions importantes sur la table : le sort des déplacés, la situation sur le plan de la sécurité. »

 


Alors que les forces kurdes ont subi ces derniers jours plusieurs revers face aux insurgés sunnites, menés par les jihadistes de l'État islamique (EI), elles ont repris la main hier, au troisième jour des frappes aériennes menées par les États-Unis.« Les peshmergas ont libéré Makhmour et Gwer (...) Le soutien aérien américain a aidé », a affirmé un porte-parole des forces...

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