Les taux d'emprunt de l'Allemagne et de la France ont évolué dans de faibles marges vendredi, après avoir atteint de nouveaux plus bas en début de séance, dans un contexte géopolitique toujours très lourd.
Hier en fin d'après-midi, le taux à 10 ans de l'Allemagne, qui évolue en sens inverse de la demande, s'est établi à 1,053 %, contre 1,062 % jeudi à la clôture sur le marché secondaire, où s'échange la dette déjà émise.
Il est descendu jusqu'à 1,023 % en séance, marquant un nouveau plus bas historique.
De même, le taux de la France a terminé à 1,458 % (contre 1,488 %), touchant dans la journée le record de 1,441 %.
Les rendements des deux pays ont ainsi battu leurs précédents plus bas historiques qu'ils avaient établis la veille.
« La géopolitique, avec l'Ukraine et l'Irak, est ce qui détermine le comportement des marchés », souligne René Defossez, stratégiste obligataire chez Natixis.
Il a observé hier « un peu de consolidation, avec le taux allemand qui se stabilise et les périphériques qui se comportent mieux », jugeant ce mouvement « technique après les excès de ces derniers jours ».
Les dettes des pays du sud de la zone euro, jugés plus fragiles, se sont de leur côté détendus, après avoir fait les frais de la prudence des investisseurs jeudi.
Le taux de l'Espagne a reculé 2,560 % (contre 2,626 %), tout comme celui de l'Italie à 2,815 % (contre 2,872 %).
Rendus très prudents par les risques géopolitiques, les investisseurs restaient très méfiants.
« Le contexte géopolitique se dégrade avec une crise ukrainienne dont il est impossible d'évaluer l'impact. Cela se rajoute à une reprise en zone euro encore assez faible », explique M. Defossez.
« Jusqu'à présent, les marchés avaient tendance à ne pas intégrer vraiment les risques géopolitiques. Ils en tiennent désormais davantage compte », selon lui.
Les marchés redoutent une escalade de la situation en Ukraine, qui reste très tendue sur le terrain, sans compter l'embargo russe sur les produits alimentaires occidentaux décidé en réponse aux sanctions économiques prises par l'Europe et les États-Unis contre Moscou.
Les inquiétudes portent également sur l'Irak, alors que les États-Unis bombardent des positions de l'État islamique en Irak.
De manière plus générale, « le soutien aux obligations de bonne qualité provient d'une combinaison de banquiers centraux accommodants, de doutes sur la reprise économique et d'inquiétudes géopolitiques », résument les économistes chez Crédit agricole CIB.
La Banque centrale européenne (BCE) a d'ailleurs maintenu jeudi sa politique monétaire très accommodante, sans toutefois annoncer de nouvelles mesures pour contrer les risques géopolitiques et le marasme économique en zone euro.
Les derniers indicateurs sont peu encourageants pour les investisseurs, qui se posent des questions sur la santé de l'économie en zone euro, au moment où l'Italie est retombée en récession au deuxième trimestre et où l'Allemagne, moteur européen, commence à caler.
Selon des chiffres publiés hier, l'excédent commercial de l'Allemagne s'est réduit en juin, alors qu'en France, la production industrielle a faibli au deuxième trimestre.
Selon la Banque de France, la croissance dans le pays devrait être de 0,2 % pour le troisième trimestre.
Hors zone euro, le taux britannique à 10 ans a baissé à 2,460 % contre 2,482 %.
Aux États-Unis, le taux à 10 ans reculait à 2,386 % contre 2,411 % jeudi, tout comme celui à 30 ans à 3,209 %, contre 3,224 % la veille. Le taux à trois mois était stable à 0,02 %.
Économie - Dette
Les taux allemands et français au plus bas en raison de la géopolitique
OLJ / le 09 août 2014 à 00h00


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