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À La Une - Liban

Le retour "définitif" de Hariri, "début d'un grand changement" au Liban?

"La menace de terrorisme est sérieuse et tout laxisme mènera à la perte du Liban", met en garde le chef du Courant du Futur.

Saad Hariri présidant une réunion de l'alliance du 14 Mars, vendredi, à la Maison du Centre. Photo Dalati et Nohra.

Le chef du Courant du Futur et ancien Premier ministre, Saad Hariri, a entamé vendredi au pas de charge ses entretiens à Beyrouth, dès son retour au Liban après trois ans d'absence.

M. Hariri avait quitté le Liban, pour des raisons de sécurité en 2011, après la chute de son gouvernement d'union nationale. Il était depuis sans cesse en déplacement entre l'Arabie saoudite et la France, d'où il suivait les développements de la situation.

Le retour de l'ancien chef du gouvernement intervient alors que le pays connait une crise politique aigüe, notamment en raison de la vacance à la présidence de la République depuis le 25 mai. Le Liban est aussi le théâtre d'incidents sécuritaires graves. Samedi, des affrontements sanglants avaient éclaté entre l'armée libanaise et des jihadistes dans l'est du pays.

 

(Lire aussi: Ersal : les jihadistes exigent d'échanger les militaires contre les détenus islamistes)

 

Face à ceux qui au sein de la communauté sunnite accusent l'armée de parti pris en faveur du Hezbollah, qui combat la rébellion en Syrie aux côtés du troupes du régime, M. Hariri veut convaincre qu'il était prioritaire de défendre l'institution face à la menace extrémiste.

Dès son arrivée à Beyrouth, M. Hariri a rencontré le Premier ministre Tammam Salam au Grand Sérail, avant de se recueillir sur la tombe de son père assassiné en février 2005, l'ancien-Premier ministre Rafic Hariri.

 

"Que Dieu protège tout le monde"
Dans des déclarations à la presse peu après sa rencontre avec M. Salam, M. Hariri a affirmé que son retour avait pour but d'examiner les moyens de concrétiser le don saoudien d'un milliard de dollars aux forces de sécurité libanaises. "Mon retour au Liban est intervenu après l'aide saoudienne dont nous allons étudier les modalités d'application", a-t-il indiqué.

Dans ce cadre, l'ancien Premier ministre a participé à une réunion de tous les chefs des services de sécurité vendredi après-midi au Grand Sérail. Peu avant la réunion, M. Salam a reçu un appel de la part du roi d'Arabie qui l'a assuré de son soutien à la sécurité et à la stabilité du Liban. Selon un communiqué publié à l'issue de la réunion, Saad Hariri a détaillé la nature du don saoudien et a précisé qu'"il est responsable de la gestion de la somme en question pour l'usage auquel elle est destinée".

Interrogé sur les garanties relatives à sa sécurité, l'ancien chef du gouvernement a répondu : "Que Dieu protège tout le monde". Il a souligné par la suite devant ses visiteurs à la Maison du Centre qu'il n'avait reçu aucune garantie concernant sa sécurité et que son retour n'intervient pas dans le cadre d'un compromis lié à la présidentielle.

Le journaliste Ali Hamadé, membre du secrétariat général du 14 Mars, a de son côté affirmé à L'Orient-Le Jour que le retour de Saad Hariri est "définitif". Il sera basé à la Maison du Centre, a ajouté M. Hamadé. "Mon séjour au Liban sera long", a d'ailleurs tweeté M. Hariri.

"Le danger que représentent les évènements de Ersal a poussé M. Hariri à revenir pour gérer la situation", a déclaré à l'AFP Moustapha Allouche, un député membre du bloc parlementaire du Futur.
Selon lui, "une partie de la communauté sunnite a perdu la boussole (...) et a été poussée vers l'extrémisme comme réaction à l'extrémisme des autres", en référence à l'intervention du Hezbollah contre les rebelles syriens qui a provoqué l'ire des sunnites. "M. Hariri est revenu pour remettre les choses au clair. Oui, nous sommes pour la révolte (syrienne) et la chute des dictatures, mais nous sommes solidaires avec l'armée", a-t-il ajouté.

La rébellion en Syrie est devenue de plus en plus complexe avec la montée en puissance des jihadistes au détriment des rebelles modérés. "Le feu syrien s'est propagé au Liban, ce que le pays ne peut pas supporter (...) M. Hariri s'est rendu compte que notre pays, notre armée, nos habitants sont en danger", a indiqué le député Jamal Jarrah, également du Courant du Futur. "Il a pris le risque de revenir malgré les risques d'assassinat", a-t-il dit.

 

Le chef du Courant du Futur, Saad Hariri, arrivant au Grand sérail pour un entretien avec le Premier ministre Tammam Salam. Photo Nasser Trabulsi/an-Nahar.

 

"Tout laxisme mènera à la perte du Liban"
L'ancien Premier ministre s'est entretenu vendredi avec l'ambassadeur des Etats-Unis au Liban, David Hale, et de nombreux responsables libanais. Il a présidé en soirée une réunion de son courant et une autre plus élargie des forces du 14 Mars.

Il a déclaré lors de la réunion du 14 Mars que "le rôle du Courant du futur est de protéger la modération et prévenir l'expansion du terrorisme". "La menace de terrorisme est sérieuse et tout laxisme face à ce phénomène mènera à un conflit et à la fin du Liban", a poursuivi M. Hariri estimant que l'exode des chrétiens d'Irak est "un message pour nous".

"Beaucoup estiment que mon retour est lié à l'élection d'un président de la République, a en outre indiqué M. Hariri J'aurai souhaité que ce soit le cas et que mon premier déplacement soit vers le palais présidentiel ou vers le Parlement pour l'élection d'un chef de l'Etat". Il a dans ce contexte estimé que l'élection d'un président est "la responsabilité de tous et non seulement celle de Saad Hariri". Et de poursuivre : "Il est temps d'ouvrir la voie à un large consensus autour de l'élection d'un président et de favoriser la solidarité nationale face aux défis actuels".

Sur un autre plan, l'ancien Premier ministre a affirmé que "l'implication du Hezbollah en Syrie n'a causé que du tort au Liban, surtout à la communauté chiite qui a subi une série d'attentats visant la banlieue-sud de Beyrouth, le Sud et la Békaa, en représailles à l'intervention du parti chiite". Et M. Hariri de souligner : "Si le Hezbollah a commis des erreurs à l'égard du Liban, cela ne veut pas dire que nous lui répondons en commentant les mêmes erreurs et en portant atteinte au prestige de l'Etat".

Le président du Parlement, Nabih Berry, et le chef des Kataëb, Amine Gemayel, se sont entretenus au téléphone avec l'ancien Premier ministre pour le féliciter de son retour. De même que le patriarche maronite Béchara Raï, le commandant en chef de l'armée Jean Kahwagi, le directeur général des FSI Ibrahim Basbous, le chef du PSP Walid Joumblatt et les ministres des Affaires étrangères Gebran Bassil et des Affaires sociales Rachid Derbas.

Le leader des Forces libanaises (FL), Samir Geagea, a estimé qu'"un grand changement allait intervenir au Liban après le retour de Saad Hariri". Le ministre de la Santé, Waël Abou Faour, a émis quant à lui l'espoir que ce développement soit "positif pour l'élection présidentielle". Pour le député Georges Adwan, membre des FL, le retour de M. Hariri au Liban souligne "la gravité de la situation".

"Ce retour peut apparaître comme une tentative d'unifier la communauté sunnite autour des institutions libanaises, notamment l'armée", estime Lina Khatib, directrice de Centre Carnegie pour le Moyen-Orient.
"Il cherche également à retrouver un rôle central alors que le pays fait face à des échéances présidentielles et parlementaires", ajoute-t-elle.

 

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Le chef du Courant du Futur et ancien Premier ministre, Saad Hariri, a entamé vendredi au pas de charge ses entretiens à Beyrouth, dès son retour au Liban après trois ans d'absence.
M. Hariri avait quitté le Liban, pour des raisons de sécurité en 2011, après la chute de son gouvernement d'union nationale. Il était depuis sans cesse en déplacement entre l'Arabie saoudite et la France, d'où il suivait les développements de la situation.
Le retour de l'ancien chef du gouvernement intervient alors que le pays connait une crise politique aigüe, notamment en raison de la vacance à la présidence de la République depuis le 25 mai. Le Liban est aussi le théâtre d'incidents sécuritaires graves. Samedi, des affrontements sanglants avaient éclaté entre l'armée libanaise et des jihadistes dans l'est du pays.
 
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commentaires (11)

CHANGEMENT POSITIF... ON L'ESPÈRE !

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

17 h 34, le 10 août 2014

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Commentaires (11)

  • CHANGEMENT POSITIF... ON L'ESPÈRE !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    17 h 34, le 10 août 2014

  • Un patriote sur le terrain!

    CBG

    00 h 59, le 09 août 2014

  • Donnons la bienvenue au fugitif et ex PM! Tiens, il rentre dans son autre pays au moment où ce dernier est envahi et menacé par les daéchis (je viens de cogner le terme avec copyright!), créés par la "joint venture" de son riche pays saoudique et de ses protecteurs sio-cia pour les basses besognes... Est-ce donc du hasard dans le timing? Est-ce qu'il est venu pour rester ou pour récupérer quelques sous-vetements et détaler illico?

    Ali Farhat

    23 h 42, le 08 août 2014

  • Avec le retour de M. Hariri, on peut commencer a esperer que la situation s'ameliorera au Liban sur tous les plans:)Bon retour M. Hariri!

    Michele Aoun

    21 h 50, le 08 août 2014

  • WAIT AND SEE.

    Gebran Eid

    21 h 21, le 08 août 2014

  • Ernest Hemingway disait : « Le monde est un endroit magnifique pour lequel il vaut peine de se battre » de Ernest Hemingway Je dirais :« Le Liban est un endroit magnifique pour lequel il vaut peine de se battre » M. Hariri, ou M. X sortez-nous de ce bourbier ineffable ... avec la loi ou hors la loi... C'est le résultat qui compte Obligations de résultats sinon le Liban est fini

    FAKHOURI

    18 h 25, le 08 août 2014

  • Voilà ...après 3 ans d'absence ce chef de parti exilé pour raisons de sécurité , va pouvoir faire des propositions politiques réalistes... Par contre, sa volonté de concrétiser le don Saoudiens est hors la loi ..car ce n'est pas dans les prérogatives d'un chef de parti de traité des affaires qui concernent l'état vu que cette responsabilité ne peut que relever seulement de l'état...et de ses ministères seulement ,donc ce don ,même si privé ...doit être déposé à la banque centrale......

    M.V.

    13 h 10, le 08 août 2014

  • Et tous les Libanais Sains ; eux ; constateront comment grâce à ce retour du Président HARIRI, la situation de ce pays va de nouveau derechef se ré-épanouir malgré tous ces autres "Mauvais Œil" !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    11 h 38, le 08 août 2014

  • ET MAINTENANT, TOUTE APPRÉHENSION MISE DE CÔTÉ, UN TÊTE À TÊTE SAAD HARIRI/HASSAN NASRALLAH, ÉLARGI PAR LA SUITE, EST UNE NÉCESSITÉ DES PLUS URGENTES POUR SAUVER IN EXTREMIS LE PAYS !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    11 h 35, le 08 août 2014

  • Yâ Ïîîîch Lébnéééne, car Grand-Liban D'ABORD ! Et bravo au Président Sääd Rafîk HARIRI.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    11 h 33, le 08 août 2014

  • Bon retour à l' ancien Premier ministre Saad Hariri en espérant qu'il pourra donner du sang nouveau au pays et assurer le retour des soldats kidnappés.

    Sabbagha Antoine

    11 h 21, le 08 août 2014

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