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Moyen Orient et Monde - Ukraine

La Russie décrète une « interdiction totale » de la plupart des produits alimentaires d’Europe et des USA

Bruxelles se « réserve le droit de prendre des mesures » ; l'Otan met en garde Moscou contre toute intervention dans l'est du pays ; les combats gagnent le centre de Donetsk.

Au moment où les combats redoublent d'intensité, la crise ukrainienne connaît une nouvelle poussée de fièvre et la Russie a décrété hier un embargo d'un an sur les produits alimentaires européens et américains en réponse aux sanctions sans précédent qui la visent. Il s'agit d'une décision « clairement politique », a répliqué Bruxelles, qui se « réserve le droit de prendre des mesures ». Selon le ministre français de l'Agriculture, une réunion aura lieu la semaine prochaine à l'échelle européenne. Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a en outre menacé d'interdire le survol du territoire russe aux compagnies aériennes effectuant des liaisons entre l'Europe et l'Asie via la Sibérie, ce qui provoquerait des surcoûts en carburants.
De plus, en visite à Kiev, le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a affiché son soutien aux autorités ukrainiennes et appelé la Russie, dont l'appui aux séparatistes a gagné, selon lui, « en intensité et en sophistication », de ne pas intervenir sous le couvert du maintien de la paix dans l'est de l'Ukraine. « J'appelle la Russie à se retirer du bord du gouffre, à se retirer de la frontière. N'utilisez pas le maintien de la paix comme prétexte pour faire la guerre », a lancé M. Rasmussen au cours d'une conférence de presse.
L'Alliance atlantique s'est alarmée ces derniers jours de la présence militaire croissante de la Russie à la frontière ukrainienne, passée, selon elle, de 12 000 hommes mi-juillet à 20 000 hommes actuellement. Elle craint que Moscou, qui réclame des mesures d'urgence afin de venir en aide à la population civile dans l'est, n'intervienne pour des prétextes humanitaires. Plusieurs villes aux mains des rebelles et assiégées par les forces ukrainiennes, notamment Lougansk, connaissent une situation humanitaire de plus en plus délicate avec des difficultés de ravitaillement et des coupures d'eau et d'électricité. Selon l'Onu, les combats ont déjà fait plus de 1 300 morts en près de quatre mois et il y a près de 300 000 réfugiés.

Hôpital bombardé
« La liberté et l'avenir de l'Ukraine sont attaqués », a averti M. Rasmussen, assurant que l'Otan était prête à intensifier sa coopération avec Kiev (qui n'en est pas membre), en termes de planification et de réforme de son armée. Les autorités ukrainiennes avaient appelé ces derniers jours leurs alliés occidentaux à accroître leur soutien militaire. Elles craignent en effet une intervention russe au moment où elle espère reprendre aux rebelles leurs principaux bastions.
Sur le terrain, à Donetsk, la plus grande cité aux mains des séparatistes prorusses, d'intenses bombardements ont pour la première fois touché le centre-ville et la mairie a demandé à la population de rester à l'abri. Les autorités régionales ont affirmé qu'un obus était tombé sur un hôpital, faisant un mort et deux blessés. La mairie, de son côté, a fait état de tirs d'artillerie autour des locaux des services de sécurité ukrainiens, dont les séparatistes ont fait l'une de leurs principales bases. La même source a annoncé la mort de cinq civils : trois dans la nuit de mercredi à jeudi, puis deux hier après-midi. Ajoutant à la confusion, le « Premier ministre » des séparatistes de Donetsk, Alexandre Borodaï, citoyen russe, a annoncé sa démission, disant vouloir laisser la place à un Ukrainien de l'Est, Alexandre Zakhartchenko. « Selon moi, le pire est passé », assuré M. Borodaï, reconnaissant « une situation militaire très difficile ». « La situation est très difficile et très tendue. L'adversaire est fort. Mais je veux dire aujourd'hui que le moral des troupes n'est pas sapé », a insisté de son côté M. Zakhartchenko.

Avion de chasse abattu
Outre les combats à Donetsk, cinq civils ont été tués à Gorlivka, un autre bastion rebelle plus au nord.
L'armée ukrainienne ne cesse d'intensifier son offensive, entamée il y a près de quatre mois. Dans l'ensemble de l'Est, les forces ukrainiennes ont déploré hier sept tués et 19 blessés dans leurs rangs en 24 heures.
De plus, un avion de chasse ukrainien, qui survolait la zone rebelle, s'est écrasé après une explosion. Un témoin a dit avoir vu deux pilotes s'éjecter. Les faits se sont déroulés à une quarantaine de kilomètres à l'est de Donetsk, non loin du site où s'est écrasé l'appareil de Malaysia Airlines abattu le 17 juillet.
Kiev avait décidé plus tôt dans la journée de mettre fin au cessez-le-feu décrété sur le site de la chute de l'avion, après la suspension jusqu'à nouvel ordre des recherches des dépouilles des 298 personnes tuées.

(Source : AFP)

Au moment où les combats redoublent d'intensité, la crise ukrainienne connaît une nouvelle poussée de fièvre et la Russie a décrété hier un embargo d'un an sur les produits alimentaires européens et américains en réponse aux sanctions sans précédent qui la visent. Il s'agit d'une décision « clairement politique », a répliqué Bruxelles, qui se « réserve le droit de prendre des mesures ». Selon le ministre français de l'Agriculture, une réunion aura lieu la semaine prochaine à l'échelle européenne. Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a en outre menacé d'interdire le survol du territoire russe aux compagnies aériennes effectuant des liaisons entre l'Europe et l'Asie via la Sibérie, ce qui provoquerait des surcoûts en carburants.De plus, en visite à Kiev, le secrétaire général de l'Otan, Anders...
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