La banque d'affaires américaine Goldman Sachs a indiqué hier dans un document boursier que sa place de marché interne, qui compte parmi les « dark pools » les plus importantes de la planète, faisait l'objet d'une enquête de la part des autorités américaines.
L'investigation est encore à un stade préliminaire, indique la prestigieuse banque, qui dit collaborer avec les autorités sans toutefois révéler lesquelles.
Les « dark pools », ou places de courtage alternatif, sont des marchés opaques où les transactions s'effectuent de gré à gré. Elles jouent un rôle important dans les transactions financières car les intervenants y jouissent d'un bien plus grand anonymat que sur les places de marché classiques. Les grandes institutions financières en sont d'importantes utilisatrices.
Les autorités américaines, notamment le procureur de l'État de New York, Eric Schneiderman, reprochent déjà à un nombre de grandes banques – Barclays, Credit Suisse, UBS, Deutsche Bank – de donner des « avantages systématiques » aux traders de haute fréquence pour les attirer sur leur place de marché respective, au détriment des autres courtiers y intervenant.
Depuis le krach éclair de Wall Street en mai 2010, pour lequel il avait été mis en cause, le courtage de haute fréquence, qui permet à des robots d'échanger des actions instantanément, est sous haute surveillance des autorités, bien que cette pratique ne soit pas illégale.
En avril, des articles de presse écrivaient que Goldman Sachs envisageait de fermer « sa dark pool », connue sous le nom de Sigma X, affirme l'AFP.
L'établissement financier voulait déterminer si les profits générés par cette structure justifiaient son maintien, dans un contexte d'hostilité croissante de l'opinion envers ces places de marchés opaques.
Cette plate-forme a connu en 2011 des ennuis techniques qui ont contraint en mars la banque à proposer un dédommagement à ses utilisateurs.
Hier, Goldman Sachs a aussi révélé avoir réduit fin juin de 500 millions de dollars, à 3,2 milliards de dollars, l'argent mis de côté pour régler des éventuels litiges. Fin mars, Goldman Sachs avait en réserve 3,7 milliards de dollars pour faire face à des contentieux.
À Wall Street, le titre prenait 0,37 % à 170,37 dollars hier en milieu de journée.


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