Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Crise

En Ukraine, l’armée appelle les civils à fuir les zones rebelles

La Russie a lancé de nouvelles manœuvres militaires impliquant plus de 100 avions de combat près de la frontière ukrainienne.

Un petit garçon portant le casque d’un soldat ukrainien. Valentyn Ogirenko/Reuters

L'armée ukrainienne a appelé hier les civils à fuir les zones contrôlées par les séparatistes prorusses, dont le fief Donetsk se trouve soumis à un étau de plus en plus serré. « Nous appelons la population pacifique à quitter les zones occupées par les terroristes », qui « pillent la population locale, procèdent à des enlèvements, s'emparent de bâtiments et de véhicules privés », a déclaré un porte-parole militaire ukrainien, Andriï Lyssenko, devant la presse. À Donetsk, l'état-major ukrainien a demandé aux séparatistes de respecter des cessez-le-feu autour de certaines artères pour permettre le départ des civils. En effet, les combats s'intensifient ces derniers jours autour de la plus grande ville du bastion houiller du Donbass (un million d'habitants avant les hostilités). L'armée ukrainienne, qui affirme avoir repris plus de 600 localités en près de quatre mois d'offensive, a revendiqué hier une nouvelle avancée aux portes de Donetsk avec la prise de Lassynouvata, à une vingtaine de kilomètres au nord. « La situation empire chaque jour », soupire Olga, employée dans une agence de voyage, âgée de 32 ans. La jeune femme se promène avec son fils de deux ans sur le boulevard Pouchkine, artère arborée et lieu de promenade populaire avant les hostilités, quasi vide en ce matin d'été ensoleillé.
Sans travail depuis que son employeur a mis la clé sous la porte, elle vit chez des amis dans le centre-ville depuis trois semaines, après avoir fui sa maison située près de l'aéroport de Donetsk alors visé par de violents bombardements. « J'ai fui sous les balles avec mes enfants, se souvient-elle. C'était comme dans un film. » Son fils intervient pour dire qu'il a peur des « bang bang » de la guerre. Après plusieurs semaines de progression face aux séparatistes, les forces ukrainiennes resserrent leur étau sur leurs principaux bastions, et en premier lieu Donetsk. Leur objectif est de couper la ville des approvisionnements en provenance du reste du territoire insurgé, mais aussi de Russie. Le numéro deux de la République autoproclamée de Donetsk, Vladimir Antioufeev, l'a admis dimanche : « La ville est en état de siège. »

« Je n'ai nulle part où aller »
« C'est la merde », résume Oleg, privé de travail, qui fait un tour en vélo avec son fils Ivan : l'usine qui l'emploie a fermé faute de livraisons. Pour autant, pas question de partir : « J'habite ici depuis 50 ans, je n'ai nulle part où aller. » À la gare, où se dressent des statues de mineurs héroïques qui font la fierté de cette région houillère, les passagers font la queue pour acheter des billets. Lioubov raconte avoir fui en autocar la ville de Kirovské, à environ 50 kilomètres plus à l'est en territoire rebelle, et cherche désormais à rejoindre Dnipropetrovsk, plus à l'ouest, où vivent sa sœur et son fils, à cause des bombardements. « Nous avons tout pris et nous sommes partis, raconte cette femme aux yeux gris. Les cars continuent de circuler, il y a des conducteurs courageux. Ceux qui ont des voitures sont déjà partis. » Iouri Ivanovitch, les traits tirés, arrive quant à lui de Chakhtarsk, ville qui se trouve comme Kirovské dans une zone séparatiste particulièrement disputée et proche de l'endroit où l'avion malaisien s'est écrasé. « Notre maison a brûlé et celle de notre voisin aussi. La rue a été bombardée. Nous partons vers Moscou », explique-t-il.
De plus, selon la mairie, d'intenses combats avaient lieu hier après-midi à Mariïnka, dans l'immédiate périphérie sud-ouest de la ville. Kiev a toujours affirmé que sa stratégie était d'isoler les insurgés à Donetsk et à Lougansk afin de les couper de la frontière russe, mais le rapprochement de ses troupes fait craindre à la population une attaque, au risque de combats particulièrement meurtriers.

« Nous savons qu'il ne sera pas facile de les libérer »
Dans l'autre bastion séparatiste, Lougansk, la mairie, qui a mis en garde pendant le week-end contre une possible catastrophe humanitaire, s'est dit incapable de fournir un nouveau bilan car l'électricité et les communications téléphoniques sont coupées. De son côté, ministre ukrainien de la Défense, Valéri Gueleteï, a déclaré : « Donetsk et Lougansk sont des villes-clés occupées par les terroristes aujourd'hui, celles où se trouvent la plupart des terroristes et des armes, et nous savons qu'il ne sera pas facile de les libérer. »
De son côté, Moscou a déclaré hier que 438 soldats ukrainiens en opération dans l'Est s'étaient rendus et avaient été admis sur son territoire. À Kiev, M. Lyssenko n'a confirmé que partiellement, indiquant que 311 soldats avaient été contraints de se replier vers un poste-frontière russe à cause des combats. Ajoutant à la pression, la Russie a lancé de nouvelles manœuvres militaires impliquant plus de 100 avions de combat près de la frontière ukrainienne. L'Otan, qui a procédé à des manœuvres dans les pays voisins de la Russie ces derniers mois, a haussé le ton pendant le week-end contre ce qu'elle considère comme une « agression russe » en Ukraine, annonçant la préparation de « nouveaux plans de défense ».
(Source : AFP)

L'armée ukrainienne a appelé hier les civils à fuir les zones contrôlées par les séparatistes prorusses, dont le fief Donetsk se trouve soumis à un étau de plus en plus serré. « Nous appelons la population pacifique à quitter les zones occupées par les terroristes », qui « pillent la population locale, procèdent à des enlèvements, s'emparent de bâtiments et de véhicules privés », a déclaré un porte-parole militaire ukrainien, Andriï Lyssenko, devant la presse. À Donetsk, l'état-major ukrainien a demandé aux séparatistes de respecter des cessez-le-feu autour de certaines artères pour permettre le départ des civils. En effet, les combats s'intensifient ces derniers jours autour de la plus grande ville du bastion houiller du Donbass (un million d'habitants avant les hostilités). L'armée ukrainienne, qui...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut