De la fumée près de l’aéroport international de Tripoli après de violents combats. Mahmud Turkia/AFP
De violents combats faisaient rage hier autour de l'aéroport de Tripoli, dont des milices rivales se disputent le contrôle depuis une semaine.
« L'aéroport a été attaqué ce matin aux obus de mortier, aux roquettes et aux canons de char. C'est l'attaque la plus violente » depuis le début de l'offensive, a déclaré un responsable de la sécurité de l'aéroport, al-Jilani al-Dahech. Il a précisé qu'un avion libyen était en feu sur le tarmac. Des photos publiées sur les réseaux sociaux montraient un appareil de la Libyan Airlines ravagé par les flammes, tandis que des colonnes de fumée s'élevaient au-dessus de l'aéroport. De plus, la compagnie nationale a déploré sur sa page Facebook la perte d'un Bombardier CRJ900.
Les combats se sont étendus en fin de matinée à d'autres sites occupés par les Zentanis sur la route de l'aéroport où des explosions étaient entendues depuis le centre-ville. Ces affrontements s'inscrivent dans le cadre d'une lutte d'influence politique entre libéraux et islamistes, mais aussi régionale entre les villes rivales de Zenten et de Misrata. En effet, les Misratis ont affiché ouvertement jeudi leur soutien à l'opération baptisée « L'aube de la Libye » contre les Zentanis, envoyant des forces à Tripoli pour appuyer la milice originaire de la ville engagée dès dimanche dans les combats aux côtés des islamistes. Pour rappel, depuis le déclenchement des hostilités, des dizaines de roquettes ont été tirées sur l'aéroport, endommageant plusieurs installations ainsi que plus d'une dizaine d'avions libyens. Les combats de cette semaine ont suscité les inquiétudes de la communauté internationale et ont poussé l'Onu à évacuer sa mission en Libye.
L'UE « préoccupée »
De son côté, l'Union européenne (UE) a fait part de sa préoccupation après ces nouveaux affrontements dans lesquels cinq civils ont péri hier, selon un responsable local. Les victimes sont des habitants du quartier de Qasr Ben Ghachir, à proximité de l'aéroport, tués dans la chute des roquettes sur leurs maisons, a précisé Mohammad Abderrahman, à la télévision al-Nabaa. Dépassées par les événements, les autorités libyennes ont indiqué la semaine dernière qu'elles envisageaient de faire appel à des forces internationales pour rétablir la sécurité dans le pays miné par l'anarchie depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. S'adressant au Conseil de sécurité de l'Onu à New York, le ministre libyen des Affaires étrangères Mohammad Abdelaziz a ainsi demandé jeudi l'aide de l'Onu pour former les forces de sécurité libyennes, afin qu'elles puissent protéger les infrastructures essentielles, notamment les aéroports et installations pétrolières.
(Source : AFP)


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