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Moyen Orient et Monde - Grande-Bretagne / Remaniement

« Un massacre des modérés » par un Cameron « apeuré »...

Un 10 Downing Street plus jeune, plus féminin et surtout plus eurosceptique.

De gauche à droite, les nouveaux membres du cabinet de David Cameron : Elizabeth Truss, Nicky Morgan, Esther McVey, Philip Hammond, Stephen Crabb et Michael Fallon. Suzanne Plunkett/Reuters

Le Premier ministre David Cameron s'est livré hier à un profond remaniement de son gouvernement, rajeuni, féminisé et plus eurosceptique, comme l'atteste la promotion de l'ex-ministre de la Défense Philip Hammond aux Affaires étrangères.
M. Hammond, 58 ans, un homme d'apparence effacée, s'est illustré en début d'année en assurant qu'il n'hésiterait pas à préconiser la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne si les institutions bruxelloises refusaient de se réformer et de réformer leurs liens avec Londres. Le départ du ministre des Affaires étrangères William Hague, poids lourd du Parti conservateur dont il a assuré la présidence de 1997 à 2001, est le fait le plus marquant dans l'attente de la liste complète du nouveau cabinet. M. Hague restera quelques mois encore au gouvernement en tant que leader de la Chambre des communes (la Chambre basse du Parlement), afin de mener la campagne des législatives de mai 2015. Il a toutefois précisé qu'il ne briguerait pas un nouveau mandat de député afin de se consacrer désormais « à l'écriture ».
Le remaniement plus ample que prévu vise ainsi à mettre en ordre de bataille le gouvernement de coalition des conservateurs et libéraux démocrates, dix mois avant des élections générales qui s'annoncent particulièrement serrées. Le Parti travailliste d'opposition devance les conservateurs (avec respectivement 38 et 33 % des intentions de vote) dans un récent sondage YouGov. Mais surtout les conservateurs ont assisté à une érosion de leur électorat en faveur du UK Independence Party (Ukip). Le parti europhobe et anti-immigration est sorti vainqueur des récentes élections européennes et se glisse en troisième place dans les sondages, devant le Parti libéral-démocrate en déshérence. Son chef, le vice-Premier ministre Nick Clegg, n'en a pas moins été prolongé dans ses fonctions.

« Massacre des modérés »
Un porte-parole travailliste, Michael Dugher, a été prompt à évoquer « un massacre des modérés » par un Premier ministre « affaibli » et « apeuré face à son aile droite ». « La politique étrangère britannique va maintenant être dirigée par un homme qui a ouvertement évoqué notre sortie de l'Union européenne », a-t-il relevé. « Je crois qu'en Europe sera perçu le signal d'une hausse des enchères, dans un jeu encore plus tendu », a approuvé Mats Persson, directeur de l'institut londonien Open Europe.
Le départ de Kenneth Clarke, ministre sans portefeuille de 74 ans et baron de la politique à son zénith du temps de la dame de fer Margaret Thatcher, illustre le mieux la volonté de rajeunissement en faveur de députés qui ont souvent fait leur entrée à la Chambre des communes en 2010, après 13 ans de pouvoir travailliste. Connu pour son franc-parler, Kenneth Clarke a pour autre originalité d'être europhile. Au nombre des victimes de « la purge des quinquagénaires », selon l'expression du Daily Mail, figurent notamment Owen Paterson (Environnement), David Willets (Universités). Le départ de l'attorney général Dominic Grieve, plus haut magistrat du pays siégeant au cabinet, soulève encore des craintes dans les rangs europhiles. Il était hostile au rapatriement de dispositions juridiques telles que le mandat d'arrêt européen.
Au premier rang des femmes promues dans un cabinet où elles étaient sous-représentées, se trouve Nicky Morgan, 41 ans, nommée à l'Éducation, un poste qu'elle cumule avec ses anciennes fonctions de secrétaire d'État aux Femmes et à l'Égalité. Elizabeth Truss, la benjamine du cabinet à 38 ans, est propulsée secrétaire d'État à l'Environnement. Enfin, un autre choix crucial est tombé hier. Le leader conservateur à la Chambre des lords, Jonathan Hill, homme d'affaires francophone à l'euroscepticisme modéré, a été désigné volontaire à un poste dont il disait ne pas vouloir : il est le candidat de Londres à un poste de commissaire européen qui promet d'être particulièrement délicat dans les mois à venir.
(Source : AFP)

Le Premier ministre David Cameron s'est livré hier à un profond remaniement de son gouvernement, rajeuni, féminisé et plus eurosceptique, comme l'atteste la promotion de l'ex-ministre de la Défense Philip Hammond aux Affaires étrangères.M. Hammond, 58 ans, un homme d'apparence effacée, s'est illustré en début d'année en assurant qu'il n'hésiterait pas à préconiser la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne si les institutions bruxelloises refusaient de se réformer et de réformer leurs liens avec Londres. Le départ du ministre des Affaires étrangères William Hague, poids lourd du Parti conservateur dont il a assuré la présidence de 1997 à 2001, est le fait le plus marquant dans l'attente de la liste complète du nouveau cabinet. M. Hague restera quelques mois encore au gouvernement en tant que leader de la...
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