Des soldats israéliens se reposent, près de la frontière de Gaza, le 15 juillet 2014. AFP PHOTO / JACK GUEZ
Le cabinet de sécurité israélien a accepté mardi matin la proposition de trêve pour Gaza présentée par l'Egypte, a indiqué un porte-parole du Premier ministre Benjamin Netanyahu. "Le cabinet a décidé d'accepter l'initiative égyptienne pour un cessez-le-feu commençant à 09H00 locales (06H000 GMT)", a affirmé le porte-parole Ofir Gendelman sur son compte Twitter. Une offre rejetée, en l'état, par le Hamas.
La radio militaire israélienne a précisé que le feu vert du cabinet de sécurité, qui regroupe les principaux ministres, a été donné quelques minutes avant l'échéance. Elle n'a pas donné de détails sur la répartition du vote alors que le cabinet de sécurité était divisé sur la question d'une trêve "unilatérale" avec le Hamas.
En une semaine, les bombardements israéliens ont fait 189 morts et près de 1.300 blessés dans la bande de Gaza, selon des services de secours de l'enclave palestinienne. Ce bilan dépasse les 177 Palestiniens tués lors de la précédente opération israélienne de grande envergure menée contre Gaza en novembre 2012. Selon l'armée israélienne, plus de 800 roquettes ont atteint le territoire de l'Etat hébreu en une semaine. Elles ont fait quatre blessés graves. En 2012, six Israéliens avaient été tués.
Un ministre proche de Benjamin Netanyahu, cité par la radio, a jugé mardi que "le Hamas sortait affaibli de ce round de confrontation. Ses capacités à tirer et produire des roquettes ont été durement atteintes".
Auparavant, le Hamas avait rejeté tout cessez-le-feu qui n'inclurait pas un accord complet sur le conflit l'opposant à Israël. "Un cessez-le-feu sans parvenir à un accord est exclu. En temps de guerre, on ne cesse pas le feu pour ensuite négocier", a déclaré un porte-parole, Fawzi Barhoum, à Gaza.
Le Hamas exige l'arrêt des bombardements, la fin du blocus de gaza en place depuis 2006, l'ouverture du poste-frontalier de Rafah avec l'Egypte et la libération des prisonniers arrêtés de nouveau après avoir été relâchés dans le cadre d'un accord d'échange contre un soldat israélien en 2011.
Un peu plus tard, un autre haut dirigent du Hamas, Moussa Abou Marzouk, a déclaré, via Facebook, que le Hamas continuait à discuter en interne de la proposition égyptienne.
La branche armée du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, a elle écarté la proposition égyptienne, qualifiée de "reddition", et a menacé d'"intensifier" sa lutte contre Israël.

Un jeune palestiniens récupère ce qui peut l'être des décombres de sa maison, à Gaza, détruite par un raid israélien. REUTERS/Mohammed Salem
Raids avant la trêve
L'aviation israélienne a mené entre lundi minuit et l'entrée en vigueur de la trêve 25 nouveaux raids sur la bande de Gaza ayant fait deux morts parmi les civils palestiniens, une femme et un vieillard, selon des sources concordantes "Ces raids ont visé des objectifs terroristes", a affirmé mardi une porte-parole militaire israélienne. Selon elle, deux roquettes tirées de la bande de Gaza sont tombées dans le sud d'Israël, sans faire ni victime ni dégât.
Trois roquettes tirées d'Egypte ont par ailleurs fait quatre blessés parmi les habitants d'Eilat, dans le sud israélien, ont rapporté les services de sécurité de l'Etat hébreu. Ils disent soupçonner des mouvements islamistes du Sinaï hostiles aux efforts de paix du Caire.
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L'initiative égyptienne
Médiateur lors des précédentes crises entre Israël et le Hamas, Le Caire a proposé cette trêve alors que le secrétaire d'Etat américain John Kerry est attendu dans la journée en Egypte. L'initiative égyptienne prévoit un "arrêt total des hostilités aériennes, maritimes ou terrestres" et l'ouverture dans la foulée de négociations sur l'entrée des biens et des personnes dans l'enclave palestinienne sous blocus. L'Egypte propose également d'accueillir sous 48 heures après l'entrée en vigueur de la trêve deux délégations palestinienne et israélienne pour ouvrir ces discussions indirectes.
La Ligue arabe avait appelé dans la nuit de lundi à mardi Israéliens et Palestiniens à accepter cette proposition, saluée aussi par le président américain Barack Obama. "J'espère (que cette proposition) permettra de rétablir le calme", a déclaré M. Obama, qui a estimé qu'Israël avait le droit de se défendre contre des attaques "inexcusables" tout en décrivant les morts de civils palestiniens comme une "tragédie".
Son homologue palestinien Mahmoud Abbas s'est également félicité de l'initiative égyptienne et a appelé les parties à respecter le cessez-le-feu.
A Washington, la Maison Blanche a mis en garde contre une offensive terrestre "parce que cela mettrait en danger davantage de civils", tout en répétant qu'Israël avait le "droit" et la "responsabilité" de protéger ses citoyens.
'Trop de civils tués'
John Kerry s'est également dit à nouveau prêt dimanche à faciliter une cessation des hostilités, alors que le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier était lundi à Amman, avant une visite mardi à Jérusalem et à Ramallah, siège de l'Autorité palestinienne en Cisjordanie. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a, de son côté, estimé que "trop de civils palestiniens" avaient été tués et a redouté qu'une éventuelle offensive terrestre ne vienne alourdir ce bilan.
La Ligue arabe a, elle, exhorté la communauté internationale à protéger Gaza, faisant écho à une demande dimanche du président Mahmoud Abbas de "placer officiellement l'Etat de Palestine sous le régime de protection internationale de l'ONU".
Dramatique
Cette dernière spirale de violences actuelles a été enclenchée après l'enlèvement et le meurtre de trois étudiants israéliens près de Hébron en juin, attribués par Israël au Hamas, suivis de l'assassinat d'un jeune Palestinien brûlé vif à Jérusalem, pour lequel trois extrémistes juifs doivent être inculpés dans les prochains jours.
A Gaza, "tout indique, c'est dramatique, que les femmes et les enfants représentent une large part des victimes des frappes aériennes", a déploré à Gaza le patron de l'agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA), Pierre Krahenbuhl. "A l'heure actuelle, plus du quart des morts sont des enfants", a-t-il insisté. Selon l'UNWRA, quelque 17.000 personnes ont trouvé refuge dans les écoles qu'elle gère sur place. Mais l'accueil y est difficile. "Il y a très peu d'eau, de nourriture et les enfants n'ont rien à faire. On dort à même le sol", a raconté Rehab, une déplacée de 27 ans.
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L'agité affirme, et le Sage réfléchit ; lui !
15 h 35, le 15 juillet 2014