Les forces ukrainiennes ont pris lundi 14 juillet 2014 l'aéroport de la ville rebelle de Lougansk, dans l'est de l'Ukraine, après de violents combats. REUTERS/Gleb Garanich
Les forces ukrainiennes ont réussi lundi à débloquer l'aéroport de Lougansk, mais ont perdu un avion de transport, abattu par les rebelles prorusses, au moment où Moscou faisait monter la tension après un incident frontalier.
"L'état-major de l'opération antiterroriste a rapporté au président Petro Porochenko que les militaires ukrainiens étaient arrivés, après des combats, à l'aéroport de Lougansk", a annoncé la présidence dans la nuit de dimanche à lundi. Endommagé et fermé depuis plusieurs semaines, cet aéroport était contrôlé par les loyalistes, mais rendu quasiment inaccessible par la présence de séparatistes tout autour. Il apparaissait comme l'un des points importants des défenses des insurgés sur le chemin de Lougansk.
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Mais, quelques heures après ce succès, les rebelles annonçaient avoir abattu un avion de transport militaire au-dessus de la région de Lougansk. Après que l'avion eut été touché, trois parachutes ont été vus dans le ciel et une opération de ratissage a été déclenchée dans le secteur pour retrouver l'équipage, a annoncé le service de presse de la "République populaire de Lougansk" autoproclamée.
La présidence ukrainienne citant le ministre de la Défense a annoncé que les tirs qui ont abattu l'avion sont "vraisemblablement" venus de Russie. L'équipage de l'appareil a établi un contact avec l'état-major ukrainien, a ajouté la présidence dans un communiqué, confirmant indirectement des indications de source rebelle, selon lesquelles des parachutes ont été vus dans le ciel après la chute de l'avion AN-26.
"Compte tenu du fait que l'avion volait à une altitude de 6.500 mètres, il était impossible qu'il ait été touché par des tirs de missiles sol-air portables, ce qui signifie qu'il a été abattu par un missile d'un autre type, plus puissant, qui a été utilisé, vraisemblablement, à partir du territoire de la Fédération de Russie", est-il écrit dans le communiqué.
Ces informations ont été communiquées au président Petro Porochenko par son ministre de la Défense Valeriï Gueleteï pendant un entretien téléphonique. Une opération de recherche est actuellement en cours pour ramener l'équipage de l'appareil en territoire contrôlé par les forces ukrainiennes, ajoute le communiqué.
Sur la route allant de Donetsk à Lougansk, des journalistes de l'AFP ont vu des traces des intenses combats de la veille : un char détruit dans un champ, deux transports de troupes blindés incendiés et qui fumaient encore, mais dont il était impossible de connaître l'appartenance.
"Dangereuse escalade"
A Lougansk même, la circulation était très réduite après les affrontements qui ont commencé dimanche après-midi et se sont prolongés pendant une partie de la nuit, à l'ouest de la ville et dans la zone de l'aéroport, selon des témoignages d'habitants.
Des groupes de combattants parcouraient la ville à bord de voitures de couleur sombre ou de pick-ups, et, près d'un hôpital, des séparatistes étaient juchés sur un camion muni d'un canon antiaérien de gros calibre.
Est-ce que les combats de la veille étaient un véritable assaut pour prendre la ville ? "Je ne peux rien dire, secret militaire. Mais si c'était un assaut, il a échoué", a dit un combattant qui a refusé de donner son nom.
Des combats continuaient lundi matin, a affirmé le service de presse de la "République populaire de Lougansk", atteignant les villages de Metalist (au nord), d'Olexandrivka (à l'ouest), de Gueorguiivka et de Raskochna (sud-ouest), ainsi que l'aéroport (sud), ce qui reflète la manoeuvre d'encerclement effectuée par les forces gouvernementales.
(Pour mémoire : Les forces de Kiev se rapprochent de Donetsk, mal préparée à un assaut)
Pendant ce temps, la recherche d'une solution politique semblait au point mort. La rencontre du président russe Vladimir Poutine avec la chancelière allemande Angela Merkel à Rio, en marge de la finale du Mondial, n'a abouti qu'à la répétition de leur souhait de "discussions directes dès que possible" entre Kiev et les séparatistes pour parvenir à un cessez-le-feu bilatéral. La réalisation de ces souhaits se heurte depuis plusieurs jours à l'exigence de l'Ukraine de reprendre au préalable le contrôle de sa frontière avec la Russie, exigence que les rebelles et Moscou rejettent implicitement, mais fermement.
Le dialogue est devenu encore plus difficile dimanche après un incident frontalier entre l'Ukraine et la Russie. Accusant les forces de Kiev d'être à l'origine d'un tir d'obus qui a fait un mort du côté russe de la frontière, Moscou a évoqué une "escalade extrêmement dangereuse" et menacé l'Ukraine de "conséquences irréversibles".
"Séparatistes et leurs sponsors"
Les autorités ukrainiennes ont démenti tout rôle dans cet incident, assurant que "les militaires ukrainiens n'ont jamais tiré sur le territoire de l'État voisin". Il serait absurde, pour l'armée ukrainienne, de provoquer une éventuelle riposte des troupes russes, beaucoup plus puissantes, estime un expert, Alexeï Goloboutskiï, chef adjoint de l'Agence de modélisation de situations. "Pour l'Ukraine, un tel tir ne ferait qu'ajouter de nouveaux problèmes, avec des images de maisons détruites et de blessés (en Russie), dont elle n'a vraiment pas besoin", a-t-il dit à l'AFP.
"De tels incidents servent les séparatistes et leurs +sponsors+. Compte tenu du fait que la Russie fournit aux séparatistes des armements et contrôle une partie du territoire, il lui est facile de faire tourner les canons en direction du territoire russe. Puis, en accusant l'Ukraine, on obtient un bel effet de propagande", a estimé M. Goloboutskiï.
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"L'état-major de l'opération antiterroriste a rapporté au président Petro Porochenko que les militaires ukrainiens étaient arrivés, après des combats, à l'aéroport de Lougansk", a annoncé la présidence dans la nuit de dimanche à lundi. Endommagé et fermé depuis plusieurs semaines, cet aéroport était contrôlé par les loyalistes, mais rendu quasiment inaccessible par la présence de séparatistes tout autour. Il apparaissait comme l'un des points importants des défenses des insurgés sur le chemin de Lougansk.
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