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Moyen Orient et Monde - Nucléaire

Khamenei place la barre très haut : son pays aura besoin de 190 000 centrifugeuses

Fabius fait état pour la première fois de « différences d'approche » entre les Russes et les autres pays du groupe des 5+1.

Réagissant aux propos tenus par le guide suprême iranien, Ali Khamenei, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a estimé que « si on dit c'est 190 000 centrifugeuses ou rien, la discussion ne va pas aller bien loin ». Bertrand Langlois / AFP

Le guide suprême d'Iran Ali Khamenei, ultime décisionnaire sur le dossier nucléaire en négociation avec les grandes puissances, a affirmé que son pays aurait besoin à terme d'une capacité de 190 000 centrifugeuses de type ancien (IR-1), un nombre bien supérieur aux exigences des États-Unis.
Les centrifugeuses sont les appareils qui réalisent l'enrichissement d'uranium, l'un des principaux sujets de discorde entre l'Iran et le groupe 5+1 (États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne) qui négocient actuellement un accord à Vienne. L'ayatollah Khamenei, qui a adopté une attitude ferme sur ce dossier qui empoisonne depuis 10 ans les relations avec l'Occident, estime que le droit de l'Iran à l'énergie nucléaire est inaliénable après s'être dit en février sceptique sur l'issue des négociations.
« L'objectif » des États-Unis est que l'Iran « accepte une capacité de 10 000 SWU (Separative Work Unit, ou unité de travail de séparation), ce qui représente 10 000 centrifugeuses de type ancien (IR-1) que nous possédons déjà », a dit M. Khamenei. « Nos responsables disent que nous avons besoin de 190 000 SWU. Peut-être pas aujourd'hui, dans deux ans ou dans cinq ans, mais c'est un besoin incontestable et il doit être assuré », a-t-il ajouté devant les responsables du pays, selon son site Internet. Il a souligné que les grandes puissances avaient « commencé par proposer 500 ou 1 000 SWU » en espérant que l'Iran se contenterait finalement d'« une capacité de 10 000 SWU ». « Nous faisons confiance à l'équipe de négociateurs et sommes certains qu'ils ne permettront pas qu'on touche aux droits de la nation » en matière nucléaire, a encore dit l'ayatollah Khamenei.
« Nous assurons le leader et la nation que nous n'abandonnerons aucun des droits nucléaires », a rétorqué sur son compte twitter Abbas Araghchi, l'un des principaux négociateurs.
« Nous devons définir notre capacité d'enrichissement en terme de SWU et non en nombre de centrifugeuses », a déclaré de son côté Ali Akbar Salehi, le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, cité par l'agence Irna. Il a précisé que l'Iran développait actuellement une nouvelle génération de centrifugeuses 15 fois plus puissantes que les IR-1, avec une capacité de 24 SWU. « Ainsi, pour assurer le besoin en combustible de la centrale de Bouchehr et des réacteurs de Téhéran et d'Arak », soit 190 000 SWU, nous aurons besoin de moins de 10 000 centrifugeuses-nouvelle génération, a précisé M. Salehi. La Russie doit fournir le combustible de Bouchehr, qu'elle a construite, encore pendant huit ans, ce qui signifie que l'Iran n'aura pas besoin d'augmenter sa capacité d'enrichissement d'ici là. Si l'Iran construit de nouvelles centrales, ses besoins augmenteront mais il pourra acheter une partie de son combustible à d'autres pays, a-t-il ajouté. L'Iran négocie un nouvel accord avec Moscou pour la construction de quatre nouvelles centrales, mais veut avoir à terme 20 centrales nucléaires pour être moins dépendant du pétrole et du gaz.

« La discussion ne va pas aller bien loin »
Réagissant aux propos du guide suprême, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a estimé que « si on dit c'est 190 000 centrifugeuses ou rien, la discussion ne va pas aller bien loin ». « Nous sommes partisans d'un accord mais cet accord doit être un accord sérieux », a insisté le ministre, rappelant l'antienne de la communauté internationale concernant le programme iranien : « Le nucléaire civil oui, mais la bombe atomique, non. »
Le ministre a par ailleurs fait état hier pour la première fois de « différences d'approche » entre les Russes et d'autres pays au sein du groupe des 5+1, sans préciser la nature et la cause de ces « différences » au sein d'un groupe qui s'est toujours targué d'afficher un front uni vis-à-vis de Téhéran. M. Fabius a également souligné le "contraste" entre des proclamations optimistes « de la part de certains responsables iraniens "et" russes », et le fond des discussions en cours. « Aucune des questions principales n'est résolue », a-t-il dit en citant la question de l'enrichissement d'uranium, le nombre des centrifugeuses, le réacteur à eau lourde d'Arak, le site souterrain de Fordow, et le contrôle international sur la poursuite du programme nucléaire iranien.
Dans ce contexte, les ministres des Affaires étrangères des grandes puissances se rendront à Vienne « probablement vendredi, samedi et dimanche » pour tenter de faciliter un accord dans les difficiles négociations, a déclaré hier un diplomate iranien cité par l'agence officielle Irna. « Mais cela ne signifie pas qu'on ait abouti à un accord », a-t-il cependant souligné.

(Source : AFP)

Le guide suprême d'Iran Ali Khamenei, ultime décisionnaire sur le dossier nucléaire en négociation avec les grandes puissances, a affirmé que son pays aurait besoin à terme d'une capacité de 190 000 centrifugeuses de type ancien (IR-1), un nombre bien supérieur aux exigences des États-Unis.Les centrifugeuses sont les appareils qui réalisent l'enrichissement d'uranium, l'un des principaux sujets de discorde entre l'Iran et le groupe 5+1 (États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne) qui négocient actuellement un accord à Vienne. L'ayatollah Khamenei, qui a adopté une attitude ferme sur ce dossier qui empoisonne depuis 10 ans les relations avec l'Occident, estime que le droit de l'Iran à l'énergie nucléaire est inaliénable après s'être dit en février sceptique sur l'issue des...
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