Une Kényane devant sa maison détruite après les attaques du village à Hindi. Athman Sheikhuna/Reuters
Au moins 21 personnes ont été tuées au Kenya dans la nuit de samedi à dimanche lors de nouvelles attaques dans la région de la côte.
Les islamistes somaliens shebab, liés à el-Qaëda, ont revendiqué les raids dans cette région proche de l'archipel touristique de Lamu, mais la police a accusé un groupe séparatiste, le Conseil républicain de Mombasa (MRC), qui réclame l'indépendance de la côte. Selon la police, des hommes armés ont aussi mis le feu à plusieurs maisons et attaqué le poste de police de Gamba, libérant un suspect détenu depuis les attaques de juin. Un policier fait partie des victimes. Le vice-président William Ruto, qui s'est rendu sur les lieux, a promis que les assaillants seraient rattrapés « morts ou vivants ». « Les criminels sont ici à Lamu », a-t-il lancé, sommant les services de sécurité d'obtenir des résultats « dans les 48 heures ».
Toutes les personnes mortes à Hindi sont des hommes, excepté un adolescent, qui aurait été tué alors qu'il tentait de fuir. Les assaillants ont laissé un message en anglais et en swahili sur un tableau noir, disant sur un ton de défi : « Vous envahissez un territoire musulman et vous voulez rester en paix. » « Ils ont dit qu'ils attaquaient parce que les terres des musulmans étaient confisquées », a raconté une habitante, Elizabeth Opindo. Elle a dit que les assaillants ont incendié sa maison mais lui ont laissé la vie sauve en lui expliquant ne pas tuer les femmes. Selon elle, à Hindi, le commando comptait une dizaine d'hommes, parlant anglais, swahili et somali, des langues parmi les plus parlées du pays, première puissance économique d'Afrique de l'Est. Pour rappel, les islamistes avaient également revendiqué la plus sanglante des attaques de la mi-juin, qui avait fait dans la localité de Mpeketoni au moins 48 morts.
De plus, les troubles dans la région ont plombé le tourisme, déjà mal en point, à Lamu, joyau naturel et historique baigné par l'océan Indien et classé au patrimoine mondial de l'Unesco, et sur le littoral en général. La mort d'une touriste russe hier à Mombasa risque d'être le coup de grâce pour ce secteur économique de poids. En effet, elle s'est fait tirer dessus alors qu'elle visitait Fort Jesus, un fort portugais du XVIe siècle. Pour la police, elle a été victime de « voyous » qui voulaient lui voler son appareil photo.
(Source : AFP)


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