Des élèves d’une école catholique aux Philippines portant des masques représentant les visages des jeunes Nigérianes enlevées par Boko Haram. Erik De Castro/Reuters
Des hommes armés, suspectés d'appartenir au groupe islamiste Boko Haram, ont attaqué hier plusieurs églises dans le nord-est du Nigeria, où les habitants évoquent des « dizaines » de morts.
Les assaillants, circulant à moto, ont lancé des bombes pendant le déroulement de l'office du dimanche dans les églises de Kwada, Ngurojina, Karagau et Kautikari, des villages situés dans l'État de Borno, berceau de l'insurrection qui a fait des milliers de morts depuis cinq ans et ne cesse de gagner en intensité. Ils ont ensuite tiré sur les fidèles et poursuivi ceux qui tentaient de s'enfuir dans la brousse, ont affirmé des témoins. Ces villages se trouvent tous dans un rayon de dix kilomètres de la petite ville de Chibok, où plus de 200 lycéennes avaient été enlevées mi-avril par Boko Haram.
« Les assaillants sont arrivés aux églises avec des bombes et des armes à feu », a déclaré un habitant de Chibok, Timothy James.
Un responsable religieux chrétien de Chibok, Enoch Mark, a fourni une description similaire des faits, ajoutant que l'attaque était toujours en cours : « Actuellement, au moment où nous parlons, nous sommes attaqués. » « Nous ne pouvons pas dire combien il y a de cadavres, a expliqué M. Mark. On m'a dit que les assaillants avaient brûlé au moins trois églises jusqu'aux fondations. » Quant au responsable du district de Chibok, il continue de s'interroger amèrement : « Nous n'arrivons pas à comprendre que les terroristes puissent venir en plein jour pour tuer des gens » sans rencontrer de résistance de l'armée nigériane.
« Les militaires cachés dans la brousse »
Selon M. Mark, les militaires nigérians n'ont pas répondu aux appels de détresse de la population lorsque les tueries ont commencé. « Ils sont simplement partis et se sont cachés dans la brousse », a-t-il affirmé. Pour rappel, dans le cadre d'une opération militaire de longue haleine contre les islamistes, l'état d'urgence avait été déclaré en mai 2013 dans trois États du Nord, dont celui de Borno. Mais les attaques n'ont depuis cessé de s'intensifier et de s'étendre géographiquement, touchant régulièrement la capitale Abuja ainsi que Lagos, la capitale économique, et faisant fortement douter de la capacité de l'armée et du pouvoir politique à venir à bout de l'insurrection.
(Source : AFP)


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