Un jeune Palestinien se fait arrêter par l’armée israélienne à Hébron. Thomas Coex/AFP
Un adolescent palestinien a été tué et un jeune homme grièvement blessé hier en Cisjordanie par l'armée israélienne, dans l'opération pour retrouver les trois étudiants d'écoles religieuses juives enlevés.
L'adolescent de 14 ans, tué par balle à la poitrine à Doura, a été inhumé au milieu de drapeaux palestiniens. Un autre Palestinien de 20 ans, grièvement blessé à la tête lors de violents affrontements avec des soldats israéliens dans le camp de réfugiés de Qalandia, près de Jérusalem, se trouvait entre la vie et la mort, selon des sources médicales.
Par ailleurs, l'armée israélienne a annoncé avoir arrêté 25 nouveaux suspects faisant un total de 330 arrêtés, dont 240 membres du Hamas islamiste, accusé du rapt du 12 juin qui n'a cependant pas fait l'objet de revendication jugée crédible. Elle a également fouillé 1 150 bâtiments à travers la Cisjordanie occupée, sans indice de succès prochain. Selon un spécialiste des questions militaires du quotidien Israël Hayom, « Israël a pratiquement atteint la limite de ses capacités à attaquer l'infrastructure du Hamas (politique, économique, civile et bien sûr militaire) » et ses incursions se heurtent depuis deux jours à une résistance croissante. En effet, elle a fait état de « confrontations sporadiques », précisant qu'un de ses soldats avait été légèrement blessé par une grenade à Qalandia.
« Les dossiers du renseignement et les cibles préparées depuis des mois ont été épuisés dans cette vague d'arrestations », souligne le spécialiste, citant pour preuve le nombre déclinant de personnes arrêtées au fil des jours, sans que l'armée paraisse se rapprocher de l'objectif.
« Accusations sans preuve »
Recevant hier les familles des trois jeunes, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu leur a assuré de son côté que ces opérations avaient pour « principal objectif de retrouver les garçons » et que les effectifs des forces de sécurité déployées avaient été augmentés, selon un communiqué de ses services.
Le ministre palestinien des Affaires étrangères Riad al-Malki a pour sa part reproché à M. Netanyahu, qui se dit « absolument certain » de l'implication du Hamas, de lancer des « accusations sans preuve », dans une déclaration à Paris. « Si l'on venait à savoir que le Hamas est impliqué, bien sûr que le gouvernement de consensus palestinien serait menacé », a néanmoins estimé M. Malki, en référence à l'exécutif de personnalités indépendantes formé le 2 juin en vertu d'un accord de réconciliation entre l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) et le Hamas. « Israël veut nous entraîner dans la confrontation car il peut nous détruire militairement en 5 minutes », a-t-il ajouté, assurant que l'Autorité palestinienne ferait tout pour ne pas se retrouver acculée à cette « situation suicidaire. Si les Israéliens nous y poussent, la responsabilité en reviendra aux Israéliens. Mais je peux vous assurer que tant que le président Abou Mazen sera au pouvoir, il n'y aura pas de troisième intifada », a-t-il dit en utilisant le nom de guerre de Mahmoud Abbas.
Le ministre israélien de la Défense Moshe Yaalon a pour sa part assuré devant les forces engagées dans les recherches qu'Israël « n'avait aucune intention de semer le chaos ».
Deux commentateurs politiques du Yediot Aharonot, le principal quotidien israélien, ont de leur côté taxé d'ingratitude M. Netanyahu, pour ne pas donner crédit à M. Abbas de sa ferme condamnation de l'enlèvement ni de la coopération de ses services de sécurité. « La contribution des services de sécurité palestiniens à la collecte de renseignements a été très significative », affirme l'éditorialiste vedette du journal, sans autre précision en raison d'un black-out médiatique, s'étonnant que « le Premier ministre israélien ait répondu en condamnant l'Autorité palestinienne ».
Les autorités israéliennes ont également limité l'accès de l'esplanade des Mosquées, dans la Vieille Ville de Jérusalem-Est occupée et annexée, en raison de heurts qui ont éclaté aux abords du site avant la prière du vendredi.
(Sources : agences)


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